07 janvier 2009 - 07 janvier 2010




30/09/09 nuit

ce qu'elle voit











au soir quand je sors du périph à ce rond-point deuxième fois en 24h que je la vois cette fois-ci en robe de chambre mais toujours les cabas aussi ses habits de chiffons paraît égarée me regarde longuement sourire écarlate je prends peur elle entravée dans ce non-lieu à fixer nos têtes d'arrêtés au feu rouge impossible la communication vraiment impossible mais son sourire écarlate son regard d'attendre au sens giratoire comme point de recul en la ville ou butée avec aussi ces barrières de chantier ces pipelines désenfouis ou à réenfouir quand tout le monde rentre elle attend qu'est-ce qu'elle attend je repars l'intime conviction qu'elle me suit de tous ses yeux des yeux sans remède des yeux nul part.

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30/09/09 nuit

29/09/09










il bute. ils sont déjà plusieurs à buter. derrière. depuis quand? on ne peut pas laisser faire. pas comme ça. il dit qu'il n'a pas le temps. on ne peut pas l'entendre. il faut faire vite. on attend, derrière, que je sache. ils poussent. de près on ne les entend pas. silence. on dirait un coup dans les poumons. il ne s'agit pas d'ouvrir sa porte à n'importe qui. le premier venu se fait mal voir. même s'il n'a rien à voir là-dedans. c'est trop tard de dire ça. on va entrer. on va lui faire voir.

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29/09/09

28/09/09 nuit

lundi











de repos. dans la ville. forte luminosité. on transfert les patients vers le nouvel hôpital. mais les travaux ont pris du retard. encore aux fondations. ils vont devoir à nouveau patienter, et tous les abris sont déjà pris. chaleur matinale. impression d'un début d'été. je peux voir la façade de derrière. quand je rentre peser ma lettre, j'entends des sifflements et des cris répétés. probablement ces foreurs, pour communiquer. je ne veux pas savoir si c'est un asile, une prison. je le vois, maintenant, au sortir des services postaux, et il crie derrière la fenêtre à barreaux. et ce que je vois c'est sa tête qui balance comme un pendule derrière la fenêtre à barreaux. et il crie. de voix arrachée là où on ne sait pas l'entendre. bientôt on aura mis une autre façade, devant. une vieille dame parle à son chien, le tire à elle comme s'il était responsable de toute cette lenteur qu'elle inflige, lui qui a une collerette de convalescence, la vision restreinte, l'impossibilité de se lécher. une autre vieille dame sort de chez elle. elle a un doigt posé sur chaque oreille. elle marche sur la route, en sens inverse de la route. vu d'autres choses étranges, on me dira banales, mais quand c'est dans le temps condensé d'une marche d'un quart d'heure, on commence à se poser des questions. tout est visible. oui, à deux minutes près il ne criait plus et je n'aurais pas mis mes pas dans ceux de ces deux vieilles dames. et le reste non plus, comme ce gosse dont on voyait bien la courbe du petit jet, le ventre rond comme d'un chérubin, qui aurait fait un parfait modèle pour fontaine municipale. mais ce qui revient, ce soir, de retour par le périph après m'être fait doublé un grand nombre de fois (je ne conduis pourtant pas si lentement que ça), c'est la tête et ce mouvement de possédé, et ce cri en pleine face de la ville.

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28/09/09 nuit

27/09/09










bien que je sache que selon la place que j'occuperai dans le train je ne pencherai pas pour les mêmes activités, qu'elle soit proche de la fenêtre et alors ce sera soit regarder ce qu'il y a au dehors, soit m'embarquer dans les lignes qu'enferme un livre, soit je serai debout adossé à une paroi ou tenant une barre verticale et ce seront les visages et panoplies des autres usagers-voyageurs, les reflets tournoyant sur leurs corps parfaitement immobiles, soit encore un livre que je tiendrai à deux mains comme si c'était lui qui me maintenait d'aplomb, la plupart du temps pour ne pas dire tout le temps ces derniers temps, je ne fais que dormir, assis ou debout, ou encore écrire, je n'ai pas d'autres moments de libre pour cette dernière activité, profitant des accidents d'exploitation et autres imprévus pour prolonger l'exercice, je ne touche pas au sac bourré de livres que je trimballe sur le dos à longueur de journée sans même l'ouvrir au soir, je ne regarde pas non plus le paysage, encore trop peu réveillé pour m'émouvoir d'une chose quelconque, mais déjà suffisamment réveillé pour tenter par tous les moyens de donner suite aux images qui m'ont tenu en éveil, ou plutôt en sommeil une partie de la nuit avant de se cristalliser tout à l'heure à mon premier réveil, comme s'il n'y avait qu'elles pour dire qui nous sommes au fond, images ou blancheurs que je refuse souvent, qu'il m'arrive de suivre à la lettre comme - la vérité - jusqu'à éloigner tout le mécanisme du monde qui se met gentiment en marche autour, dans la pâleur quotidienne, la répétition des jours comme il y a la disparition des couleurs quand on regarde des habits valser par le hublot d'une machine à laver, ceci a seule fin de sauvegarder le plus longtemps possible la petite bougie allumée au creux des mains, qui la protègent tout en devenant oranges et diaphanes, avant qu'elle s'éteigne à son tour, la petite bougie, et qu'il m'apparaisse que ceci, après tout, n'était qu'un rêve, qu'il était d'emblée superflu de porter à l'écriture.

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27/09/09

26/09/09

fuite en avant et fugitifs












de permanence ce samedi avec pas plus d'une poignée de lecteurs. je descends dans les magasins du -1 par les escaliers paniques et couloirs avec allumage automatique via les détecteurs de corps qui s'y promènent. seul donc à passer d'un couloir allumé l'autre jusqu'aux caveaux, c'est comme ça qu'on nomme les lieux. on photographie un bureau A, et très vite ce sont tous les bureaux qu'il nous faut recenser, bureau B, bureau C, bureau D, et d'autres. on photographie les boîtes, car il y en a à peu près autant que de livres. le temps, quand on photographie, tour à tour s'accélère ou s'immobilise, change de vitesse comme on change de place, j'en perds en tout cas toutes notions. j'entends le bruit des pas extérieurs, sans pouvoir dire si c'est rue de Richelieu, rue Colbert, rue Vivienne ou pour fermer le quadrilatère rue des Petits Champs. j'entends le moindre des bruits paniques de ce bâtiment déserté, Bibliothèque Nationale de France site Richelieu, Paris-Centre. ce qui est sûr, les livres sont là, en rangs serrés comme l'armée d'un vieux pharaon ensablé, et quand je remonte les colimaçons il me prend de fuir ces livres, et je pourrais aussi bien sortir trébucher n'importe comment au pied des passants d'une des quatre rues comme d'un soupirail un homme sombre et fatigué, ou comme dans la scène finale de Vertigo où les conséquences sont plus funèbres pour la vraie fausse Carllota Valdes, moi poussé au dehors comme si j'avais profané un lieu ou un dieu. en soirée rendez-vous à gare du Nord, devant le magasin de cravates. une amie me prête un appareil numérique pour une commande de vues d'architecture. on me demande de me rendre sur un lieu parisien x prendre des images d'un édifice x selon quatre points de vue en journée, le soir et la nuit. prise en main à la table d'un mange-vite-s'asseoir-bien-attendre-train, photographier les passants sur fond de verrière, vérifier les bases, bouton-manivelle des ISO, balance des blancs et cetera. à gare du Nord un peu plus d'un an que je n'ai pas fait de ronde. ici rien a changé, absolument, atmosphère, infrastructures et annexes, mobilité des voyageurs, occupations des niveaux et passages de l'un à l'uatre, annonces gare, luminosité des sols, horloges successives, palmiers en pot géant, accueil et bureau de change, files pour l'international, files pour trains au départ immédiat, escalator et sas Eurostar, section Thalys et leurs trains rouges, jusqu'aux photomatons et autres photocopieurs à pièces. tout comme rue de Maubeuge il y a ces mêmes annonces pour le travail intérimaire en BTP. aussi dans ce quartier impression de remuer un passé pas si lointain. souvenir d'une sale entreprise non loin dont j'évite scrupuleusement de fréquenter la rue, pour finir rue de Dunkerque dans un de ces bistrots en couloir d'autobus, c'est pas moi qui le dit, c'est Léon-Paul Fargue. retour à gare du Nord. donc pas de changement dis-je, encore que, impression d'une surveillance accrue, vu des cordées de policiers à chaque angle, ça débordait de partout un peu comme dans le poème des Sept vieillards, mais ici c'étaient eux, les vieillards à poux, qu'on tenait méchamment. au retour-ville le train bondé. c'est pas fini. au sortir de la rame serai témoin d'une agression. quatre contre un. ils fuient et c'est toute une bande après un dernier poing sur le malheureux titubant. notre impuissance juste à côté.

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26/09/09

25/09/09

ritournelle périph nuit











21h47 à Porte de Gentilly 12 mn pour Porte de Bagnolet. l'inscription sur le périph : priorité à l'accès. 21h52 à Porte d'Ivry 7 mn pour Porte de Bagnolet. effusion lumineuse dans le ciel quelque chose poussiéreux. 21h59 à Porte de Vincennes 2 mn pour Porte de Bagnolet. je fais particulièrement attention, vu que je conduis mon propre corps de convalescent.

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25/09/09

24/09/09

Un homme qui dort











levé dans la nuit - le buste à la verticale avec les yeux ouverts - et cette première pensée pour l'heure - dédoublée dans un temps qui ne se mesure pas - dédoublée dis-je par cette autre pensée - l'impression ou l'évidence ou mieux l'incise que je sais très exactement quelle heure il est - et aussi que c'est là une chose qui m'est arrivée à de nombreuses reprises par le passé - aujourd'hui la seconde fois que je me réveillerai ce sera dans le train de retour - quelques secondes avant ma desserte usuelle.

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24/09/09

"Un homme qui dort, tient en cercle autour de lui le fil des heures, l'ordre des années et des mondes. Il les consulte d'instinct en s'éveillant et y lit en une seconde le point de la terre qu'il occupe, le temps qui s'est écoulé jusqu'à son réveil ; mais leurs rangs peuvent se mêler, se rompre." Du côté de chez Swann, Marcel Proust

23/09/09










extrémités visuelles desséchées. comme la pierre. dans le désert avoir lu un livre sur les pierres blanches des églises. le sable souffle sur la tête qui roule comme l'invisible roule. partout le sel. encore le regard. de plus en plus desséché. dessus la caverne ensablée. dans l'ombre aussi la nuit. amplitude sur ce désert. corps alentours effrités. loin. la chambre des terres cuites. un chardon. s'effrite la tête. reste le regard en coude. et de pommette angulaire. souffle dedans. regard qui s'ouvre ininterrompu où le vent. souffle. le sel qui mord. le sable. tout interchangeable. étalage de poussière sur le corps de crabe qui s'en va. pas de terme. lui ensablé désensablé. le regard. haillons sur la tête qui mord au sable. intouchable déplace d'autant ce qui se voit. de la vue arrachée. la première chose que je lui vois ce n'est pas sa barbe longue et jaune. non les yeux. ce sont ses lèvres.

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23/09/09

22/09/09

vie compacte











le même, dans le RER, tenant la barre verticale, pas moins de cinq mains dessus, la même que dans ces vieux manèges à chevaux sur piston, en bruit parasite les écouteurs sursaturés d'une minorité d'usagers-voyageurs, en direction de Paris, sas suffocant et buée, vu combien de crises d'hypoglycémie dans ces conditions du surnombre, vu un ingénieux rangement de carnets de note, ils étaient mis dans une boîte à sorbets elle-même glissée dans un sac de sport format boudin comme il est de mode aujourd'hui, blocage des portes et annonce qu'on ne pourra pas repartir, puis en un mouvement je me retrouve le dos collé à la vitre froide, elle lit un programme intensif pour la peau, il parle du match de foot, frappe de loin à la 25è seconde, elle a une clé de sol piquée à sa veste-gilet gris-argent, il a une monture large et carrée et perforée d'un motif serpent, à gare du Nord annonce, le signal d'alarme a été tiré, le train doit rester à quai, quelqu'un dit qu'il a tout vu, le type ne faisait que se maintenir à la poignée surélevée, pensant que c'était comme dans les bus et les tramways, à-jeun, commence à me sentir mal, on tient bon.

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22/09/09

21/09/09

H.S.











levé dans la nuit. un accès au ventre. plié en deux ça ne va pas mieux. je ne sais pas quelle position adopter. mon corps sue au-dessus des toilettes. je me couvre d'une serviette à portée de main. quelque chose veut sortir. je me sens maigre. sur la machine à laver un magazine avec des têtes et des corps hilares. je le repousse hors de la vue. ça temporise l'envie de vomir. j'entends quelqu'un entrer dans l'immeuble et monter les escaliers. un peu plus tard l'eau dans les conduits. je m'allonge sur le lino, la tête contre la baignoire. deux doses de Spasfon. combien je m'en veux de m'être endormi après ces tranches de charcuterie. je connais pourtant ma fragilité à digérer à plat. ensuite je m'essaye à une sorte d'auto-hypnose en me concentrant sur la planche à repasser qui tient contre le mur de face.

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21/09/09

20/09/09 nuit

Sentier des Guillaumes











sorti aux lumières adoucies du soir je dois faire fonctionner les rouages de mon argentique suédois, sur le chemin, des maisons-phénix, les premiers habitants emménagent leur fourbi par le garage, parfois aucun meuble mais le barbecue d'attaque sur l'herbe rase derrière les grillages verts comme on en fait pour délimiter les espaces-promenade, j'entends que des enfants jouent à la balle, pour bruit de fond c'est l'A3 fluide de véhicules captifs des murs pare-sons, en parallèle on peut dissocier les réacteurs des avions de ligne en partance de Roissy, aussi il y a trois silos d'appoint pour le béton à couler, on peut les trouver en dehors de la zone-hameau, aussi les bonnes odeurs résurgentes des hautes herbes où s'enfoncer en fin d'été début automne, des fleurs jaunes inconnues aux tiges de roseau pouvant atteindre les deux mètres, et devant moi sur ce chemin de terre blanche, une voiture calcinée au plus fort degré, les deux capots levés les roues désintégrées, à la place on peut voir des filaments métalliques, et une blancheur crue qui m'incite à lever l'appareil, déclencher plusieurs fois en tournant autour de l'objet devenu sujet, totem visuel, je n'avais pas l'intention de photographier ce type d'objet à connotations bruyantes, mais je peux aussi bien me dire que je n'avais pas d'intention du tout, si ce n'est me ménager une marche sans but dans un trou de ville, aérer la tête vide, en profiter pour voir comment le réel se modifie en ce moment où on n'en a pas l'accès, où ils en sont, eux, sur leur chantier-phénix avec leur base-vie et leur char-à-pelle, là je me sens bêtement heureux à voir passer un épervier, au-dessus de la tête vide, avec ma voiture en cendres j'arrive au bout des 12 vues, avant de m'apercevoir que les rouages de mon magasin ne suivent plus la mollette de rembobinage, rien à faire pour le moment, la difficulté à photographier le réel ne se pose techniquement plus, ça marche pas, dans une maison des chaises plastiques pour les sorties-jardin, une niche molletonnée pour le chien, un vélo d'appartement avec bras amovibles, c'est donc un rameur, ou encore un ski-de-fond-d'intérieur, et la baie vitrée qui renvoie l'image amoindrie des tours de la Cité du Londeau, Noisy-le-Sec, toujours présentes dans le paysage, je quitte les fétiches sans vie qui conditionnent ces intérieurs face à un réel autrement plus gros, allez, la ville est encore fleurie, vu devant la station Total, Rosny-sous-Bois, un rideau de roses trémières, pas besoin d'aller en Charentes, aussi ces bacs bien fournis en géranium séparant les deux voies de la nationale 302, ce que je note sur le plat du volant quand un camion de lait me double par la droite, retour avec allumage des réverbères à 19h59 sur le tableau de bord.

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20/09/09 nuit

19/09/09 nuit

Eux et la photographie











j'arrive en un lieu où j'ai tout à réorganiser, non seulement l'espace bouleversé par de nombreuses familles de passage et qui venaient de loin, je tire tout ça des cabas de nourriture qu'ils ont laissés et que je vois sur une photo de groupe ramassée au sol, mais aussi ce qu'il me remémore, je ne peux pas nier qu'il y a un peu d'enfance là-dedans, j'entends, ou je vois qu'un autre, autre part, commence ce même travail qui s'apparente davantage à un souvenir en marche, je rêve qu'à la nuit tombante j'écrirai depuis mon lieu, selon mon propre espace bouleversé, ce que l'autre voit dans l'instant, dans la chambre où il y a quelque chose du passé, incertain, et contrevenant.

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19/09/09 nuit

18/09/09

dans le métro. 23 stations de silence. journée écran. autrement plus opaque que la nuit avec ses traversées blanches à se méconnaître moins - bien qu'on s'ignore dans le même temps. aucune interface livre.


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18/09/09

17/09/09

réception


reçu à un dîner je m'absente pour déposer quelque chose dans la voiture - une serviette de bain qui est serrée autour de ma taille. j'en profite pour visiter les appartements de notre hôte. quand j'arrive - trois enfants autour de la petite traction avant. j'ouvre la porte arrière droite. je dépose l'objet. je me sens obligé de rester un peu avec les enfants - feindre d'être curieux comme à chaque fois que j'en rencontre - mais ils gardent distance - ont l'air de ne pas me voir. je tire les pieds qui dépassent de la porte arrière droite - pour celui-ci c'est bon. je m'aperçois que j'ai toujours l'objet entre les mains. je me ménage un périmètre de sécurité devant la porte avant droite. je l'ouvre en vitesse et en vitesse dépose l'objet. tout va bien - quand le plus grand des trois ouvre la porte arrière gauche. complications infernales. je dois faire le tour de la voiture tout en maîtrisant les deux autres - qui en profitent. quand je retrouve la voiture fermée je n'ai pas le temps de la verrouiller à clef - que ça recommence. j'en enlève un quand l'autre rapplique avec une autre porte. porte avant gauche. je demande qu'on vide ses poches - avec un ton menaçant sans plus. je fais la part entre les choses insignifiantes qui m'appartiennent - peigne - bouton - ticket bancaire - péage - carte d'hôtel - et les bouts de papier que je leur rends. ainsi de suite. quand j'arrive à faire barrage et les éloigner tous - verrouiller et revenir prendre ma place à la grande table.

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17/09/09

16/09/09

quatre notes avant la nuit











1 un livre qui s'écrit de soi - sur l'instant éphémère du rêver.

2 viendrait se greffer le temps - selon la lecture qu'on en a.

3 dans ces régions le temps ne serait plus qu'un lieu où fomenter un rêve - préparer un rêve - le livre un autre rêve - interminable par ramifications internes.

4 ainsi le temps - réduit en un lieu à nouveau réduit au temps selon les jeux de miroirs multiples (du rêver en présence).

plus rien. on dort. images intermittentes. levé. images disparues.

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16/09/09

15/09/09











temps, je l'ai dit, pas le temps, alors ce temps sauf de la marche en ville, même indifférent aux lieux lisses et réseaux sociaux afférents, la vie apprêtée, à consommer toute faite, aussi ces trajets en train qui mènent d'un emploi l'autre, trop courts et répétitifs pour qu'on en arrête quelque chose, seulement noter des abréviations de temps, rêve au temps quand on n'en a pas, rentré sous la pluie, fini les restes du frigo, et se taire avec la pluie dehors et le sonore des voitures dans les flaques d'eau, les ornières, prévoir non le rêve qui va passer ou pas, mais l'instant du réveil où il ressurgira ou pas.

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15/09/09

14/09/09 nuit

transversale Sud-Ouest/Nord-Est











trois heures de route non-stop dans les pattes. égaré, quand je devais rejoindre la vallée de Chevreuse et que sur l'A86 je vois poindre la sortie Bobigny et la sortie Bonneuil. ça colle pas. à 22h passé, encore dans les Yvelines, du côté de l'abbaye de Port-Royal. aussi passé nombre de villes étranges dans cette banlieue lointaine, villes sages qui se ressemblent où règne le même primat de Shopping Center comme seul relais social à bien trente kilomètres de la capitale. fatigue subite. arrêt dans une chaîne de restauration rapide et très fade. grande salle-réfectoire aux 3/4 vide, haute sous plafond, lumière de clinique, carafe d'eau chlorée, pris le plat chaud le moins cher qui n'enlèvera pas le mal de ventre qui me rogne depuis une bonne heure. après minuit sur le périph extérieur. quand je sors de l'A3 usuelle pour le dernier embranchement autoroutier avant l'entrée-ville, j'aperçois dans le sens Paris une voiture renversée sur son aile conducteur, une personne longeant la zinguière centrale de sécurité, d'autres véhicules à l'arrêt.

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14/09/09 nuit

13/09/09

ici résidence pour étudiants











entre le B&B Porte de la Villette et la tour Olympe - ici résidence pour étudiants.

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13/09/09

12/09/09

comme un glas vertical dans la nuit











dans la nuit un cri - elle est réveillée - dans la nuit un cri - je viens après - rien qu'un sonneur de cloche - une femme crie - je me désembue tout juste quand elle est déjà sur la rampe d'escalier à proposer de l'aide à la femme qui crie - une porte se referme - plus rien - notre voisine aura dépêché son mari - P. revient - nous parlons dans le noir de ce fait inquiétant qui vient d'au-dessus - ce qui est certain - une main occulte a bâillonné une femme qui tentait d'y réchapper - plus tard talons aiguilles descendant l'escalier - plus tard mêmes talons longeant le couloir à la main occulte derrière la porte - silence - elle sonne - au bout de la deuxième fois on lui ouvre - plus rien là-haut - elle me dit l'heure - quatre heure passé - toute la nuit avec ce cri gelé dans nos têtes - hurlant Au Secours performatif dans les conduits.

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12/09/09

11/09/09

dit l'auteur de la pièce











à nouveau ouvert l'objet noir - la boîte grise enfermant la boîte bleue enfermant le coffret enfermant le manuscrit MY 440 dit incommunicable - En attendant Godot - qui est un noyau hermétique dans les mains - moi qui suis continuellement malheureux de ne pas ouvrir un seul de mes livres - ceux-ci qui attendent dans la chambre sur les étagères sur les tables ou au pied du lit - je tombe sur un manuscrit de Jean Genet renfermant l'ensemble des Lettres à Roger Blin - écrits sur toutes sortes de papier - papier-hôtel de Münich - papier-hôtel de Genève - puis banderoles de notes regroupées - Les Paravents - je pourrais lire toutes ces violences couchées sur papier plume - comme je lis la fin - tout fout le camp - rentrée RER somme rituel réveil instinctif trente secondes avant l'arrivée en gare - chez moi pour un second somme - il était question de la journée mais quand je me réveille une troisième fois aujourd'hui il ne reste plus rien du rêve - c'est passé - encore tout habillé sur le lit - le sac-à-dos à mes pieds - le téléphone portable sorti de la poche droite de mon pantalon - dehors la lumière ne carillonnant plus - plus aucunes couleurs sur la vitre - ni les ombres lancéolées des feuilles de lierre jusqu'à mon lit - quand je me lève pour dîner les feuilles noires découpent une réserve de ciel bleu avec deux traînées d'avion couleur du couchant - oui - tout fout le camp.

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11/09/09

10/09/09










il y avait au fond du couloir quelques têtes mal éclairées. il ne faisait pas l'ombre d'un doute qu'elles ne faisaient pas attention à moi. sous chaque tête on pouvait compter le nombre d'abdomens cumulés. et elles avaient des oreilles blanches un peu plus grandes que la moyenne. j'en croisais encore d'autres me regardant avec ces oreilles de rhinolophe qui dépassaient dans le noir. ceci. quelqu'un maintenant. quelqu'un se sert de ces têtes-là pour m'écouter. ou épier le sonore que dégage le moindre de mes pas.

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10/09/09

09/09/09

T3 N13 T1 N18 T4 N16


besogne à monter descendre 3 des 4 tours vieillissantes de la Bnf, dans le lot des heures avoir vu quelques robes de Sarah Bernhardt dont un manteau en instance de restauration, doublure damassée fuchsia qui se désintègre, aussi avoir tenu un livre rare, Leaves of Grass dernière parution du vivant Walt Whitman qui y appose sa signature après cette précision testamentaire, un volume est pour sûr davantage une personne qu'un livre, en seconde de couverture le portrait du poète à l'âge de 35 ans, deux fois moins que celui qui signe, aussi ce matin arrivé sur les lieux il y avait ces deux agents d'entretien seuls dans une nacelle retenue par deux poulies et ventousée à même la paroi ils lavaient 4 vitres par 4 à raison de 26 vitres par largeur de façade, de vue aussi ce qu'on voit du 18è, mes tours Mercuriales, Bagnolet, la tour Hertzienne, Romainville, et déjà tout le territoire qu'on reconstruit lentement avant de s'y rendre en petit, à pied, au soir, je vois la circulation ininterrompue du périph, le Pont amont, les deux cheminées de l'incinérateur Syctom, le centre commercial de Porte de Bercy, plus loin l'au-dessus verdâtre des Bois de Vincennes, mais de là-haut je ne reconnais pas les vitesses qu'on affronte sur la route circulaire, plutôt une fixité du paysage comprenant des coulées de véhicules, fixité aussi ces cinq arches du pont National et plus près celles du pont de Tolbiac, et voir la nouvelle passerelle Beauvoir qui traverse la Seine sans s'y mouiller, finies nos heures de monter descendre les chariots de livres et autres volumes on se retrouvera à trois dans la salle de repos du 18è, trois fauteuils, une photocopieuse, une corbeille, et le ciel déjà plus jaune et plein de lourdeurs, se parler et laisser des silences entre les phrases chaotiques et pressées de dire, plus tard somme rituel dans le RER, avec réveil instinctif trente secondes avant la desserte, rentrée sous la pluie, dans la rue il y avait cette vieille dame qui tenait un sac de nourritures rapides et me souriait de ces sortes de sourire qui nous sont une énigme de plus au passage, plus tard je finirai par m'assoupir tout habillé, me réveiller la tête sonnée, la peau moite et le ciel encore descendu d'un cran, je lirai ensuite l'essai de formulation du jour d'Arnaud Maïsetti - ouvrant son carnet de nuit.

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09/09/09

08/09/09

ce qui passe au dehors et vient se fracasser dans le fond de l'œil. je pourrais dire épouser, ou encore parler d'un enregistrement. c'est fracasser qui vient en premier.



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08/09/09

07/09/09 nuit

pas le temps











pas le temps, voilà ce que je note, des complications à se retrouver soi dans ces êtres de substitution qu'on démultiplie suivant l'emploi compliqué de la vie en x temps de travail par contrats, pauses encore subordonnées à la tâche, affectations futures mais, agenda mental précaire à remanier, dans tout ça sautes de temps personnel aussi, part d'ombres à débrouiller un sens, très peu à sortir la tête de comment s'inclure dans une durée de deux mois voire plus.

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07/09/09 nuit

06/09/09 nuit

Beuzeville


matin sur la grève de Rénouville. déjeuner à Barfleur. l'après-midi sur la grève de Montfarville. baignade auprès des goélands et des sternes-à-pics. ciel de traîne. quand je le regarde, c'est la grande ville qui revient en filigrane, qui ne nous laisse pas en paix, seulement regarder et se dire je regarde des nuages, un ciel de traîne. bref, nous devons quitter le Val de Saire, une seconde et dernière fois cette année quitter La Manche. Montfarville St Vaast-La-Hougue (on prononce St Va). St Vaast-La-Hougue Quettehou. Quettehou Valognes. Valognes Caen et son périph sud de 19h23 à 19h33 sortie A13 jusqu'à Paris. une bonne heure d'embouteillage. retour massif de week-end plus nombreux travaux et rétrécissement des voies de cette fausse autoroute qui doit décidément n'être qu'une ancienne nationale privatisée. arrêt sur l'aire de Beuzeville. tous ces touristes en bermudas et hauts rétrécis qui se servent de l'aire de Beuzeville comme annexe de leur village-vacances. on placerait une fontaine type jardin du Luxembourg qu'ils seraient tous à faire trempette et étaler leur serviette sur l'herbe voire les tables de pic-nic. Porcheville de nuit, enfin plutôt ce nom de ville écrit au néon sur la centrale thermique EDF, et ces fils qui pendent au-dessus de la Seine comme les câbles d'un téléphérique, l'entrepôt de nuit faisant penser à un musée d'art contemporain construit à portée d'eau comme il y en a un lot sur chaque continent, par exemple celui de Strasbourg construit sur la rive de l'Ill, et non à une enceinte à brûler du fioul et turbiner de la vapeur pour propulser quelques 400 000 volts sur le réseau à allumer les foyers et les néons. sur le périph parisien, vu la lune, devant, la sphère légèrement rognée, et la lune en saccades sur les vitres des immeubles au-dessus des pares-son et derrière les platanes de bonne conscience, par exemple sur les Chambres IBIS, face au cimetière jouxtant le stade Charléty. il est 23h passé quand je vois se profiler ma bonne vieille A3 direction Noisy et compagnie. retour sans encombres sur route fluide mais encore bien chargée.

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06/09/09 nuit

05/09/09 nuit

des routes et des caps











D901 direction Tocqueville. au premier rond-point passé la pancarte Cherbourg, on prend la première à droite - Cité de la mer. on longe la très vieille rade artificielle, l'arsenal, le centre avec son bassin rempli et ses complications à circuler autour, vue sur les hauteurs stratégiques, puis la cathédrale, des hôtels-restaurants, à nouveau la rade. plus loin du côté d'Equeurdreville, et on peut bien dire Cherbourg-Equeurdreville comme on dit maintenant Cherbourg-Octeville, les villes sont des miroirs, on s'y perd, ville dans la ville, du reste je vois passer l'affiche d'une exposition intitulée Cover, de la photographe Lynne Cohen. nous voilà sur la Route des Caps. arrêt à Landemer. le panorama. promenade sur la servitude côtière qui reprend le chemin des douaniers. notre duo jusqu'à la pointe de Goury, son phare, son sémaphore. je scrute l'horizon et tout d'un coup je les vois, vérifie plusieurs fois dans le verre grossissant des jumelles, mais ce sont bien là des Fous de Bassan, vol plus ample que celui des goélands, moins juvénile que celui des sternes ou des mouettes, alignement scrupuleux l'un derrière l'autre. on en verra à de nombreuses reprises qui au large migrent en direction des îles Anglo-normandes. de là sur la baie d'Ecalgrain. baignade dans la anse. autour, les falaises accores. on va les gravir à notre rythme de citadins. notre équipée jusqu'au Nez de Jobourg. l'endroit est somptueux, plus embellie. on voit les oiseaux en nombre sur les affleurements granitiques. les cormorans en position crucifix sur leurs écueils. il paraît qu'ici on peut voir des Pétrels. à savoir, à cette pointe extrême on ne capte plus que le réseau anglais. le soleil et la mer. mais nous devons repartir et la route va nous offrir une déconvenue de taille. une déculottée. on ne peut pas passer dans le coin sans en entendre mots. COGEMA. La Hague. l'usine de traitement des déchets nucléaires. ici on enfouit, et ici on passe avec cette impression d'avoir remonter tous les âges de la création jusqu'à ça, l'avant-goût amer de son terme. on a choisi l'un des plus beaux sites naturels pour implanter ce pire monstre à la beauté repoussante et où tout peut arriver. autre symptôme, tout d'un coup des nœuds d'autoroute à foncer les uns sur les autres, comme au sortir de Paris, prenez n'importe quelle Porte. dans la nuit retour par la D901. Cherbourg une deuxième fois sans arrêt mais au centre vide, et ces feux de signalisation qui vibrent sur le noir de l'eau. Tourlaville en ligne droite. jusqu'à Tocqueville. les éclats blancs du phare de Gatteville. notre pigeonnier. au soir lu Jean Rolin et son Cherbourg-est/Cherbourg-ouest (plus photographie de Lewis Baltz en couverture). la phrase parcellaire suit un tracé précis, la voie ferrée Caen-Cherbourg, mais à la lecture cette magie d'entrer dans la ville par cercles concentriques. c'est un décor, on peut y aller, vérifier sur place avec la carte Blay-Foldex que mentionne l'écrivain, est-ce qu'il s'en sert pour son texte, est-ce qu'il a mis les pieds à Cherbourg, vu les toitures plates et conchiées des volatiles adeptes des zones portuaires, la réponse est évidente, tout se passe dans l'écriture, et ici on campe un conflit armé, dévastateur, fin de siècle, avec navires battant pavillon du Koweït, contingents mélangés des Nations unies, contrôle du fort du Roule par les milices de l'est (on retrouve nos hauteurs stratégiques, les milices de l'ouest montées quant à elles au parc de la Fauconnerie), et la ville brute, et les ruines d'immeubles éventrés, et la récurrence du centre commercial Continent, effondré sur lui-même.

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05/09/09 nuit

04/09/09

slikke et polder


promenade sur la dune, entre l'étang de Gattemare et la Manche. enracinés dans le sable grossier, la criste-marine, l'oyat, la roquette de mer, le pavot jaune, et le chou marin (rare, très protégé). du côté de l'étang on déniche une dizaine de canards aux couleurs jamais-vues-pour-eux, toison mordorée, bleu turquoise, ocre et mauve. sur la grève une colonie de gravelots. de là on descend dans les Marais du Cotentin et du Bessin, côté Utah Beach et Ste Marie-du-Mont. dans la réserve ornithologique du Grand Vey. longeant le polder. s'enfonçant dans la slikke. souvenir aussi de la sansouire camarguaise. on observera vanneaux huppés, bergeronnettes flavéoles, foulques et aigrettes garzette. en fin d'après-midi étape à Quinéville. de la baie vue sur les îles Saint Marcouf à droite, Tatihou à gauche. quelques bécasseaux à marée descendante. puis baignade mais avec trente centimètres d'eau morte, et bien marché deux cent mètres pour y accéder, je me retrouve à brasser les fonds comme un poisson taupe. retour nuit au pigeonnier. lu au soir Scène de Philippe Maurel, Louisettes et lavagnons de Denis Montebello.

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04/09/09

03/09/09

known but to god











A13. 4 péages. sur le périph Nord de Caen peu après midi sortie N13 direction Bayeux. on sortira peu après pour voyage en Amérique, Colleville-sur-mer, le cimetière géométrique, Omaha Beach, le lieu est si bien tenu que les jardiniers brûlent les mauvaises herbes au moyen d'un chalumeau portatif. photographié une tombe récurrente. Here rest in honored glory a comrade in arms known but to god. de là dans les gâts du coin, à la Maison du parc, passé l'estuaire de Carentan. promenade jusqu'au premier îlot d'observation. aux jumelles trois spatules, autant d'aigrettes garzette, deux hérons cendrés, un héron blanc (rare), des vanneaux huppés, des bécasseaux, des tadornes, une loutre. de là à Cosqueville et profite d'une accalmie pour la baignade du soir. retour dans la nuit, les éclats blancs du phare de Gatteville, jusqu'à notre pigeonnier de repos. au sortir de la voiture le ciel chargé d'étoiles, comme on ne le voit qu'une fois l'an, même la Voie Lactée par ici.

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03/09/09

02/09/09

embarquement


je suis dans un avion. je me réveille. par la fenêtre, la ville, et je comprends, l'avion roule, puisque les façades se déplacent, lentement de tout côté, ce que vu par les hublots. je ne connais pas cette ville, aussi je voyage seul et je ne sais qui m'a envoyé là ni si je suis attendu. j'intercepte une conversation. quelqu'un parle d'une voix basse et très alerte. d'ici deux à trois ans il sera encore sans un rond, tout à reconstituer, lui, je sais qu'il ne voyage pas pour son plaisir, il sait où il va. devant moi, un jeune homme à lunettes bien mises tourne la tête pour dire, regardez, la ville, probablement à ses parents qui se trouvent dans la travée centrale, mais je ne les verrai pas pour le confirmer. donc les façades se déplacent, mais c'est moi qui marche dans la ville maintenant. je rentre dans diverses boutiques, prêts-à-porter, drugstores, parfois mixtes de commerces où on peut acheter ses habits, son manger, sa presse quotidienne, quelques médicaments et aussi des bougies de voiture, avec tabourets surélevés et possibilité d'y passer l'après-midi sans consommer, comme dans ces maisons, ces grandes librairies qu'il y a dans les grandes villes, exemple New York, exemple Buenos Aires. moi je ne cherche pas à manger, ni refaire ma garde-robe, lire les actualités ou retaper ma voiture, je cherche une carte, une pancarte, une étiquette, un script quelconque où figurerait le nom de la ville dans laquelle je promène mon corps, malgré que je ne peux pas dire mon corps non plus, sans autre but que de savoir où je suis, après on verra. pas d'indices lisibles, nulle part. je pense, c'est une ville d'eau. comme je passais par là, un touriste demande où se trouve le tribunal. c'est visiblement une visite incontournable, si l'on vient ici il faut voir le tribunal, certains profitent de la longue escale pour y faire un saut. évidemment ce genre de détails n'aide pas quand on veut mettre la main sur le nom de ville. je continue. car il me faut le nom. il m'apparaît un nom quelque chose de persan, ceci est un leurre, je ne sais pas, ceci disparaît. je continue. sur la grande-rue, les trottoirs larges comme des jetées et plus. je ne peux pas déterminer si j'ai chaud ou froid. un ciel dénudé de nuages peut valoir pour les deux. impossible aussi de mettre la main sur mes habits. ici je ne me vois pas, d'autres disent se voir, moi je ne me vois pas. même si je levais le plus petit bras ou encore mon pied haut en avant, comme je l'ai vu faire par les gardes d'Athènes - Place de la Constitution - quand ils font leur relève à la Dupond et Dupont, et bien il n'y avait rien, que ces façades immenses et lisses qui renvoient un ciel bleu sans aspérités. la fin maintenant, tout parti plus rien, la fin comme ça du début, coupure qui ne résout aucune temporalité, même de situer cette coupure avant ou après, sans cesse on reconvertit, je ne reprends pas l'avion, je ne rencontre personne, aucun interlocuteur pour me situer, tout est fuyant, mais n'est-ce pas l'affaire des grandes villes, je ne sais pas où j'ai atterri et ce qu'on attend de quelqu'un qui marche, rentre dans des boutiques, en ressort et regarde le ciel dans les façades.

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02/09/09

01/09/09

parallaxe











arrêter le monde et non pas le temps - faire
repartir
le temps et non pas le monde.

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01/09/09