07 janvier 2009 - 07 janvier 2010




01/08/09

on tient très peu de temps, on ne fait que relâcher et l'un dans l'autre on recule. le courant n'aide pas. il m'est arrivé de croire que j'avançais, que je tenais bon les cordes nouées à fleur d'eau, mais de tourner la tête et le rivage m'indiquait une absence de mouvement.


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01/08/09

31/07/09

le ventre











sur la route circulaire lire éviter le Centre de Paris - penser Ventre de Paris.

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31/07/09

30/07/09

deus ex machina


à la caisse du Market Place je surprends leur tablette électronique - en fait il y a un texte qui défile en continu - sur leur tablette électronique - on peut régler la vitesse mais il faut lire en priorité - le texte s'effaçant lorsqu'un client pose des articles sur le tapis roulant - j'en parle tout en jonglant entre la CB et les provisions à ensacher - elle me dit que les textes sont intéressants mais pas suffisamment renouvelés - mais c'est le début - elle me dit que c'est une bonne initiative - pour une fois - ce qu'ils ont fait là c'est quelque chose d'utile - fallait voir ce qu'il proposait avant - c'est pas comparable - ça s'était fait un matin - un petit homme rond la cravate serrée était venu présenter son projet avant l'ouverture au public - c'était lire - ce qu'ils lisent certains en parlent même entre eux à la sortie - elle ne le fait pas mais elle sait que des collègues profitent de la pause top-chrono pour reprendre un passage ou deux - elle me dit que le boulot maintenant c'est différent - la monotonie ça on ne l'enlèvera pas - elle ne sait pas comment ça s'est fait - que le petit homme rond la cravate serrée ils ont pris son projet même son prototype qui incorpore l'écran digital - mais c'est mieux comme ça - pas plus à expliquer - on le ressent rien qu'entre nous - elle me dit - et de reprendre les trois tickets de caisse qu'elle me tend.

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30/07/09

29/07/09

façade











rendez-vous à gérer, prendre note de ce qu'on va dire, dans mon cas toujours maladroitement, pour faire bonne figure rien à faire je m'éloigne de mon sujet, et sur le papier des heures-durant pour ne rien aligner qui tienne un cap à l'oral, parfois on prépare la manière de saluer, prévoir ce que dira l'autre, comment suivre, on répète devant le miroir que l'on présentera malgré qu'on en ait - comme une façade d'eau gelée.

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29/07/09

28/07/09

soirée à l'étude, à extraire les livres, qui sont de toutes sortes, une fois la lumière bien éteinte on se revoit lire, et on désire l'écrire, ce que le récit lu avait cristallisé à l'instant, l'heure du soir comme propice au recueillement, et cette décharge qui tient les yeux ouverts dans le noir.


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28/07/09

27/07/09

Chambres permutables - 2











on l'a dit, un livre n'est plus une multiplication ahurie de pages, mais une page est une multiplication de livres.

l'incipit est un temps d'ouverture, mais on peut lire un livre comme une succession d'ouvertures jusqu'à son épuisement qui est question d'ouverture.

dans ces chambres les portes fonctionnent comme des temps d'ouverture. un homme, ou une panoplie d'objets variés, tiennent en équilibre derrière les portes. c'est toujours le même homme et la même panoplie, diffère le moment d'ouverture, ou ce qu'on appelle l'approche.

lorsqu'on ouvre une porte, il est préférable de s'assurer la fermeture hermétique des portes annexes. il s'agit de se concentrer sur une chose à la fois.

achetez deux livres identiques jusqu'au titre, le nom de l'auteur, l'édition et le contenu. ouvrez-les à la même page, on est d'accord vous obtenez un miroir. maintenant prenez la page du livre A et lisez, faites un tour, prenez la page du livre B et voyez, le miroir a disparu n'est-ce-pas.

plus exactement vous êtes devenu le miroir.

on peut s'obstiner à être un miroir, suffit d'ouvrir successivement la même porte qui est le même livre successivement. suffit de demeurer derrière la porte qu'on ne va cesser d'ouvrir.

nous savons ce qu'est un appel d'air. nous oublions qu'il nous vient des livres. l'appel d'air ou son image traverse tous les livres édités à compte d'auteur ou signés dans les couloirs d'une maison d'édition. oublions ce fait.

mais elle menace, l'image, lorsque deux portes sont ouvertes à la fois. l'homme risque alors de se voir, les objets variés faire face à leur panoplie. ces quelques instants sont dangereux, je veux dire pour tous.

l'homme pourrait surprendre le miroir d'objets qu'il y a à ses pieds et s'apercevoir qu'il est lui-même une projection, le double d'un autre dont il n'est que l'image, encore l'image, une ombre, mais cet autre va claquer la porte avant de connaître sa destruction par son autre.

tout rentre dans l'ordre, et se referme, l'homme attend derrière chaque porte, le même, la panoplie d'objets variés est plusieurs fois la même.

on garde les doubles dans leurs cages.

dans ces chambres et pour résumer ou se ménager une pause bien méritée dans ces couloirs à manquer d'air, un même homme ne peut pas devenir un miroir et se voir au dedans, seulement ce qu'il voit, par exemple un livre.

si maintenant on lui oppose un miroir, les doubles sortant de leurs cages, il va finir par comprendre qu'il n'est jamais le même, qu'un autre le précède perpétuellement, qu'il a des successeurs, et que les panoplies d'objets variés connaissent le même sort.

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27/07/09

26/07/09 nuit

fleurs rouges











écrire le feu, la nuit du petit d'homme, le réveil dans la nuit du petit d'homme, la course qui s'annonce et les arbres touchés noirs par les roues petites et incandescentes, multiples dans la nuit aux fleurs rouges, une des traductions indigènes pour dire et éviter les flammes, maintenant le renversement des tables à l'intérieur du foyer et le brulis des grandes chaumes hivernales, écrire la nuit, écrire la chaux éteinte qui provient des coraux cuits dans le four à chaux vive, écrire les pelages bruns, les sillons d'écailles, les oiseaux sépia le jour et bleu la nuit, écrire ce qui n'existe pas, la forme de ce qui a toujours été, écrire.

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26/07/09 nuit

25/07/09 nuit

construction nuit











s'être retrouvé sur la D934, la A104, la A4, avoir lu les directions Lagny-sur-Marne Lyon Paris Reims Melun Marne-La-Vallée, avoir raccroché le périph intérieur à Quai d'Ivry, plus tard sortir à Bagnolet, et tout au long de mes deux heures de courses étalées sur sept heures de temps avoir vu nombre de travaux, on profite que la ville se vide, cette étrangeté de voir des véhicules sécuritaires rouler dans son sens sur les files opposées, à Romainville le chantier du tunnel pare-sons avance bien, les projecteurs surpuissants m'aveuglent totalement au passage, j'accède laborieusement à ma sortie usuelle, les yeux fatigués des lumières blanches et des lumières tout court, en ville encore des travaux, compacteurs et sacs de graviers à l'appui, nouvelles couches d'enrobés, nombre de déviations, signalétiques en jaune pour le temporaire, engins à terrasser, grues hautes avec bras d'acier les maintenant à l'ouvrage, pour finir feux de signalisation alternés sur une deux voies, quand j'arrive il est 1h passée.

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25/07/09 nuit

24/07/09

La Tour des Nombres











j'arrive enfin. rendez-vous pris à la T2 dite tour des Lois. j'aurais préféré être reçu en T3 dite tour des Nombres, la première qui nous arrive quand on sort de la 14, passé les cinémas MK2. lorsque je monte sur l'esplanade, les 4 in-octavos de référence me semblent plus ramassés que depuis mon périph extérieur. on aurait descendu quelques étages? cela n'est pas fait pour me choquer, je sais que toute pyramide offre la vision limitée de ses possibilités à commencer par le creusement qu'elle opère sous le sable, ce qu'on devine quand on se rend à Gyzeh, ce qui est un peu plus appréciable au Louvre où la structure en verre s'enfonce jusqu'aux vestiges médiévaux du Louvre quand il était un Château du XIIè siècle. l'employée de chez SECURITAS m'offre un badge nominatif pour la journée, ajoutant que je dois garder en évidence mon nom imprimé. niveau 4. pris l'ascenseur avec deux magasinières et leur chariot à livres faisant penser à ces containers où on entasse les valises des voyageurs avion. bref on longe un couloir, on s'arrête devant le nom étiqueté de la personne qui vous l'a communiqué par téléphone, son nom, la porte est ouverte et on attend d'être sollicité à faire un pas en déclinant son nom comme un matricule, comme une habilitation à entrer, s'asseoir, parlementer, on prend en considération une fois pour toutes le prochain emploi du temps qui nous mènera jusqu'à début novembre, le lieu d'affectation où se rendre, on signe. des questions? juste des formalités que je fais répéter. mais pour soi et en secret se demander de manière informelle, Qui suis-je?, maintenant, devant la personne qu'on ne reverra plus, ici j'ouvrirais volontiers une trappe à consigner l'ensemble de mes emplois précaires courts ou longs et trouver un sens à ce qui s'écrira alors, ou juste pour voir ce qui s'écrira. je n'ai plus de questions, je fais une remarque sur la cantine, C'est bien, à La Poste de Clichy on n'avait pas. mystère et solitude quand elle me répond sur le mode affirmatif un peu plus qu'interrogatif, Vous êtes quand-même subventionné... je ravale ma solitude en répondant, Oui oui, sans trop savoir ce qu'on m'a demandé et pour en finir. on me présente une personne à contacter, mon interlocutrice personnelle, en cas de pépins j'ai maintenant son nom écrit sur une enveloppe. amabilités de rigueur. l'ascenseur. pour l'esplanade appuyer sur PL. l'employée de chez SECURITAS me demande le badge. le temps de le chercher dans mon sac et elle me redemande mon nom, l'efface en direct sur son ordinateur. remerciements et salutations. dehors on peut surprendre quelques photographes errants, à toute heure j'imagine, venus des 4 coins du monde, de mon côté je suis bien allé voir la Bibliothèque d'Alexandrie, et j'apprendrai par le Centre Culturel Français que la troupe de Valère Novarina m'aura précédé dans cette visite guidée où on nous montre avec fierté la machine à imprimer un livre en un quart d'heure, ça ressemble à une développeuse couleur RA4 si on est déjà entré dans un laboratoire photographique, à un pilon à rotation rapide si on va du côté des machines à recycler, on insère un fichier dans une fente, la machine travaille avec les bruits d'une lessiveuse mais sans se balancer, quinze minutes plus tard il en sort un livre impeccablement broché, et la visite continue après ce tour de force et sûrement la seule pacotille de tout mon voyage en Égypte, mais je m'écarte. la pinède centrale, excavée comme un mini Central Park entre les 4 in-octavos de référence, inaccessible depuis le pont de bois et ses garde-fous où on se trouve. je relirai au soir la description définitive de la BNF par Pierre Michon dans Corps du roi, mais c'est pour ce soir. d'ici là je peux rêver faire un plan détaillé du site, où viendraient se greffer les déplacements successifs qu'on y pratique et rencontre. réinventant les signalétiques. procédant à toutes sortes de travaux d'aménagement à rendre plus lisible cette esplanade traversée des 4 vents. reprenant le cahier des charges avec cette question liminaire, Comment lit-on autrement un livre en entrant et sortant dans de tels décors de buffet froid. commandant à tous les MAM et Guggenheim quelques marcheurs de Giacometti à planter penchés ça et là. gardant ce nom, la tour des Nombre, pour ce qu'elle symbolise pas mal notre lecture de Jorge Luis Borges, comme un archétype indépassable avec quoi compter, rêver, se perdre, ou encore le nombre de jours que je vais devoir passer sous les clauses du contrat signé plus haut, nombre qui existe, bien qu'enterré à ma connaissance dans un des soupiraux de l'avenir. pendant ce nombre de jours est-ce que j'aurai toute ma tête? non. mais il faut bien composer avec toutes sortes de temps y compris le temps resserré, nos étroitesses, quand on est débordé. Les Portes du Ciel? je vais rarement voir les expositions temporaires des musées permanents. on m'a parlé de cette exposition des Grands Projets du Grand Paris, sise sur l'esplanade du Trocadéro. c'est aussi sur mon emploi du temps. mais pour Les Portes du Ciel, je m'en veux infiniment. on se dit qu'on a le temps d'y faire un saut à inspecter les moindres recoins, puis la date expire mais avec prolongation exceptionnelle, puis c'est au tour de la prolongation d'expirer. il me reste cette indication, Portes du Ciel, et le loisir de revoir les Akkadiens permanents du Louvre, ou encore l'image rêvée de Dante, prendre le diverticule à droite de la Samothrace quand on monte l'escalier, aile Denon, après les Botticelli. le Ciel? on le photographie à répétition, reflété au travers des pans amovibles, couleur jaune, des 4 in-octavos. aussi on peut entrevoir le reflet d'une tour, de deux tours, même des tours d'habitation privilégiées quoique soumises à l'attraction du patio aux 4 vents, tours qui sont alignées sur deux côtés facilement mémorables si on oublie le côté Seine et le côté Chemins de fer en provenance d'Ivry-sur-Seine. on rejoint les souterrains de la ligne automatique dite Météor, la ligne parlante quoi qu'il arrive, la robotique ou métronique avec quoi frayer ainsi qu'il est arrivé à l'astronaute Bowman, seul dans son Odyssée de l'Espace à corps perdu, seul en présence de l'ordinateur pervers HAL, et seul face à la parole désintégrée de HAl qui voit sa mémoire se vider et finit par le dire à Bowman, mais ici la parole souterraine ne semble pas démordre et se répète ad libitum, Gare Saint-Lazare, Gare Saint-Lazare, et c'est folie cette répétition programmée quand on recherche une diversité d'actions et que même notre immobilité se joue dans un cadre de temps mouvant à connaître de fortes inquiétudes et de petites accalmies, même le un varie, ne saurait souffrir de se montrer le même en tout point tout moment, il est, je crois l'avoir avancer prétentieusement au 07/06/09, divisible en d'infinis reflets indivisibles, mais on s'écarte encore. dans le métro on vend ceintures faux cuir et éventails chinois. dans le RER de retour zone, une mère photographie amoureusement sa fille de deux ans et des poussières, qui a au demeurant une assez bonne diction pour son âge. je crois que lorsque ça a été mon tour d'avoir cet âge, j'étais muet, et cela devait durer démesurément, jusqu'à inquiéter mon entourage. pour finir je crains que l'on doit beaucoup à ses débuts.

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24/07/09

23/07/09

lire internet











lecture en avalanche 3 2 1 (internet oblige) de cette singulière Histoire de gares, Trois gares, écrite par Philippe Maurel, voir La vie dangereuse.

souvenirs à soi des gares arpentées cette année. Strasbourg (le revêtement de verre et d'acier protégeant la façade en pierres, à voir avec ces pendules molles en reflets nocturnes disséminés un peu partout avec pour fond de ville les néons des hôtels à proximité), La Rochelle (réfection récente de la verrière, belle pièce montée), ou encore l'intérieur modernisé de Paris Est avec ces boutiques de garde-robes-toutes-marques-à-disposition (occupation des étages et normes d'hygiène comme calquées sur la rénovée Paris Nord, Lyon, Montparnasse, même Saint-Lazare, pour les pratiquer un peu - gares permutables).

le passage obligé par la rue d'Alsace, entre Nord et Est, après avoir traversé la rue Lafayette, l'escalier (imposant et relativement raide) pour aller d'Est à Nord, quand on vient de la ligne 4 pour rejoindre le RER E direction Noisy.

le renversement pratiqué dans le texte et ce que ça appelle comme modifications prospectives, avec - à l'est de la gare.

la suite, entre 3 et 2, entre 2 et 1.

revenir au dialogue qui noue le début.

avoir pensé à quantité de choses dans le temps de lecture, même avortées dans la formulation sourde que se propose le lecteur en sur-impression du récit, cartographie qui bouscule l'imaginaire, on annonce trois gares et on déplie petit à petit l'univers, les points de présence se multiplient, pas vraiment de digressions, un bloc un, intransitif, à nous de le déplier à nouveau, lisant cela, pensant cela, notre texte, notre endroit s'en trouve augmenté, on peut commencer pour soi une traduction sic et créative, je veux dire ménardienne.

avoir pensé à cette hypothétique Gare Centrale d'Aubervilliers en connexion direct avec le port du Havre, comme il est dit dans un des grands projets du Grand Paris. plus tard, projet validé ou non, j'imagine que non, en faire une Histoire détaillée des passages nouvellement creusés, des monuments témoins, des arts et métiers, ponts et chaussées, déplacements à s'y rendre depuis un point B après un point A, dialogues de passagers en provenance, ceux à destination, poutrelles aux couleurs changeantes selon l'axe de vision...

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23/07/09

22/07/09

Chambre du Maître du Livre de Raison











on le voyait au matin au chant des Loplops sortir les deux livres. il ouvrait le premier, en miroir commençait à retranscrire dans l'autre. son écriture était minuscule, aussi minuscule que les épines qui s'insèrent dans la chair et qu'on peut retirer en échange d'un moindre mal. il se penchait tout-à-fait sur son ouvrage. la table était en bois massif. pour commodité une cheminée. une fenêtre pour seule lumière.

certains jours je m'approchais plus que de raison, il ne cillait guère, continuait en silence. les épines formaient l'image d'un crâne retourné, là où l'atlas, la première vertèbre du rachis, est censé entrer. d'autres fois c'était un lion assoupi, vu par-dessus son scapulaire en cuir d'artisan, sur les feuillets obliques du lutrin. on s'éloignait, sortant du champs de lumière, les épines se rétablissaient fines et verticales formant des lignes et des lignes. je les voyais mieux lorsqu'il allait réchauffer son encre dans une crevasse pratiquée au-dessus de l'âtre. la fenêtre était toute en culs-de-bouteille verts et roux rendant le dehors opaque translucide. un autre jour j'observerai que mon éloignement systématique de la table, lent et mesuré, effaçait le silence bourdonnant à mes tempes. un autre jour, il n'en était rien.

tout commence à l'aube. les objets situés hors-champs sommeillent dans un clair obscur ainsi que le visage d'une dame repérée la nuit face aux feux follets d'un lac. il y a toutes sortes de coffres et c'est l'heure où on peut les manipuler sans qu'ils fassent défaut à la prise, avec toutes les précautions d'usage que chaque élève doit suivre selon son rang d'admission. ensuite, il nous incombe de préparer les encres, prendre son repas de cuisine froide, et se taire à jamais.

tout le temps que j'ai connu mes entrées dans cette cellule de patience, j'ai vu les mêmes choses, lentes et mesurées, sans nuances ou bien elles m'ont été cachées, lignes identiques, monstres d'épines contractant les deux mêmes formes quotidiennement réveillées et couchées sur le papier, soit un crâne, soit un lion, suivies de leurs disparitions d'au-dessus l'épaule, enfin ces deux livres installés en miroir, toujours ouverts sur la raie médiane, comme si le vieux fou d'encre ne sortait jamais de ces blancheurs à buriner noires le centre - où l'avant et l'après contiendrait toujours le même nombre de pages.

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22/07/09

21/07/09 nuit

L.A. au Terminal 2


à Porte d'Ivry à 23h09 j'ai 6 minutes pour arriver à Porte de Bagnolet. c'est ce qui se passe. les cordes de Scelsi font trembler les baffles. la ville est pleine d'objets lumineux. et on a ce ciel, noir, à épuiser les échos. sous quoi on roule nos scaphandres mobiles... je vois un boxe de cheval attaché à une berline. on voit le crin luisant du derrière. pas plus. je repense aux autoroutes d'Alexandrie, plutôt à l'autoroute qui joint Le Caire à Alexandrie. tout d'abord ces tombereaux d'oignons. puis ces vaches qu'on véhicule debout et sans garde-corps. elles tombent régulièrement. on les ramasse. celles qui morflent trop sont repoussées sur le bas-côté. de là ce sont les autoroutes de L.A. qui me reviennent. j'avais 11 ans. je peux le certifier puisque c'était lors des émeutes raciales de 1992. on avait dû écourter les vacances avec les relatives installées du côté de Long Beach, c'est en banlieue et du reste ça marque, ces îlots où chacun a sa petite piscine de détente après ses 70 heures de travail hebdomadaire, quand on voit comment on s'y prend chez nous, 17 ans après, avec ces maisons phénix qui naissent un peu partout dans le paysage, par exemple voir le Hameau de Diane, à Noisy-le-Sec. je revois cette image télévisuelle ressassée en continu sur toutes les chaînes, et dieu sait s'il y en avait des chaînes, là-bas, peut-être tellement que sur tout le pays on pouvait se retrouver une poignée à regarder le même programme, mais je m'écarte. un camion américain, de couleur rouge, un vrai Freightliner, à l'arrêt au milieu de quatre voies désertées. un bitume gris-blanc à sec. on est en pleine journée. c'est l'été. la vidéo est tournée depuis un hélicoptère. on voit un homme jeter le conducteur sur le bitume gris-blanc à sec. personne alentours il cogne et on voit le sang, le rouge sur le bitume gris-blanc à sec. l'image ne s'arrête pas. c'est avec elle que j'ai dû dormir, effrayé de cette ville en tensions extrêmes où on enregistrera plus de 3000 départs de feu en moins d'une semaine, dans le silence d'une ou deux nuits où les sirènes retentissaient de trop, et dieu sait comme elles sont puissantes là-bas. quand j'y pense, à cette escapade L.A., il y a la nuit noire, le feu qui menace, les commerces barricadés, et la crainte unanime, le silence engouffré dans chaque foyer de cette hyper-ville toute plate et si longuement plate que je ne vois pas d'immeubles à la verticale comme cela marque d'emblée à N.Y., ville verticale à obstruer le ciel comme le dit quelque part dans ses battues de bourlingueur à deux roues, Jacques Réda, mais encore la nuit noire, les remparts de silence, et cet aéroport où on se sentait davantage en sécurité mais peut-être uniquement parce qu'on se mettait dans ce temps d'attente d'un avion de renfort et que ce dernier soit nôtre enfin. je crois me souvenir que mon père était parti avant tout le monde rendre la berline louée chez AVIS. on l'avait rejoint en taxi qui nous avait déposé au Terminal des départs Paris. ce qui calmait ma torpeur d'alors, et je crois même que je l'utilisais pour moi, ce mot débarqué à tâtons de mes 11 ans, torpeur, c'était le monde affairé dans ce Terminal, la foule qui faisait écran devant l'image de ce camionneur à terre le sang sortant de la tête imprégnant le jeans et la chaussée désertée à l'exception de ce camion rouge sang, immense, américain, avec pare-chocs avant digne d'un chasse-neige, deux cheminées levées de part et d'autre du museau comme les défenses qui font la fierté ou du moins la réputation du phacochère, et dans mon imaginaire d'alors ces klaxons à poire faisant penser à ces avertisseurs polyphoniques qui servent surtout à siffler une Vamp sortie d'un Tex Avery. ma torpeur, que je retrouvais chaque nuit? si on démolit le conducteur monté dans un tel colosse, pourquoi on ne détruirait pas notre petit attelage touristique? on a peu de chances d'y réchapper sains et saufs, d'atteindre la bulle protectrice de l'aéroport international. à n'importe quel moment l'image, cette sécheresse de coups portés, cette mort à vif, peut se reproduire.

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21/07/09 nuit

20/07/09

inventaire vide 1380











dans la chambre.

soit 2 sacs plastiques de pellicules non développées.

17 Kodak Tri-X 400 iso format 135 donnent 612 vues 24x36 mm.
8 Kodak Tmax 400 iso format 135 donnent 288 vues 24x36 mm.
22 Kodak Tri-X 320 iso format 120 donnent 264 vues 6x6 cm.
3 Kodak Tmax 400 iso format 120 donnent 36 vues 6x6 cm.
total 1200 vues N&B.

15 Kodak Portra 400 iso format 120 soit 180 vues 6x6 cm.
total 180 vues couleur.

pour l'instant c'est dans l'armoire, avec les affaires pliées sur deux étagères.

côté numérique j'ai besoin d'à peine 2 jours pour combler 10% de ce nombre rond. mais ai pris l'habitude du différé qu'exige l'empreinte argentique. on voit bien une fois. on enregistre ou pas. puis on oublie. puis on se souvient. 888 vides disent 888 fois le vide. le nombre pourrait être plus élevé, la question reste, comment contenir ce vide, le circonscrire d'objets ou prothèses à le supporter, ce vide, à circonscrire de livres qui contiennent des mots et des phrases, de petits cylindres opaques qui contiennent des vues noires donnant ce nombre à 4 chiffres que l'on peut maintenant faire disparaître en pensée, vider, soit ce 1380.

puis on revient en pensée, sur ces mêmes objets, ces vues développées maintenant manipulables à merci, et on réduit tout le surnuméraire, on dépèce, on élague, on dissèque (que de métiers!), on s'arrête à temps, on s'approche le point d'incandescence, aux environs de 3%.

puis c'est le temps d'une autre fournée d'objets, d'épreuves à porter le vide, oublier et se souvenir, préparer un après.

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20/07/09

19/07/09

Bel-Est











rdv au Bel-Est limite A3 entrée périph Sud - prendre l'accès sous les Mercuriales.

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19/07/09

18/07/09 nuit

continuant insoluble


retour de nuit. la pluie sur le pays. jeux d'eau sur le pare-brise, tombe bien, j'écoute les accords en miroir et les labyrinthes harmoniques de Claude Debussy. pendant que les Noms de la ville resurgissent plein devant. très vite le néon SAMSUNG, son bleu cobalt étalé sur la route circulaire. la dernière fois que j'ai consigné ce nom et cette couleur, c'était au 09/02/2009. déjà, ou hélas, ou enfin, je suis loin de ces métriques qui vrillent et chaloupent en queues de poisson. se relire n'est que longue désolation, rien de moins, quand on se retrouve inégal, piégé par ses propres ingénuités, et alors cette envie de disséquer et disséquer encore et encore. pense bien que tous mes petits poissons ont dû tourner, comme disent les pêcheurs de maigre, et leurs couleurs mal virer, l'œil blanc dans le filet. reste la prégnance visuelle annulant l'intervalle temporel. elle, semble-t-il, persiste, continuant insoluble, avec quoi on travaille.

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18/07/09 nuit

17/07/09

le rêve











à la fin nous le visitions de moins en moins. on m'a dit qu'il vivait ces jours derniers comme on respire en dormant, ou comme on ne se voit pas respirer, en rêvant. pour lui, le temps, ou l'amoncellement des jours, était redevenu invariable. lorsque la mort intervint, je suppose qu'il en fit un rêve, et que ce dernier était déjà très ancien.

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17/07/09

16/07/09

treuils grand vent











là-bas - on les appelle des treuils grand vent.


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16/07/09

15/07/09

insomnie. 5h12 à la montre. dehors bruit sourd et on pense à une tondeuse. je me concentre pour monter une phrase dont je ne sais encore rien. dans l'espoir d'en garder quelques bribes à mon prochain réveil, je me la répète comme elle commence.

des mots je peux en prendre des milliers, en fait autant de mots qu'il y a de marches descendant la pyramide, de façons qu'on a de descendre la pyramide qui ne s'arrête pas au niveau du sol.

dans une première version, c'est beaucoup dire, j'ai voulu avancer que l'espace mental ou pythagoricien n'est peuplé que de pyramides, que pour aller d'un point A à un point B il nous faut à chaque fois passer par une infinité de mots. toute structure en est définie.

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15/07/09

14/07/09

Le lavement des pierres











qui peut nous dire où se trouve le corps de l'icône, si même il se trouve dans ce cercueil tout plaqué or qu'on roule sur les autoroutes fermées de L.A.? j'arrête la partie feuilleton du Staples Center (ces légendes qui parasitent le corps de l'icône me tirant de l'ignorance pour m'y replonger à nouveau) et m'en vais, au combien plus âprement, refaire la route, la dernière, qui ramène le corps de mon grand-père au vieux bourg de son enfance.

j'avais 14 ans, il y a 14 ans, c'était un matin de mai 1995, au sortir de la chambre froide mon père m'avait mis à la place du mort, le réel étant monté à l'arrière, puis il m'avait dit, maintenant tu regardes bien, c'est un chemin qu'il empruntait souvent. j'ai senti qu'il y avait un poids sur ce que je regardais de tous mes yeux, sans bien comprendre et en comprenant tout.

c'était hier. ce qui s'est passé depuis n'a peut-être pas grande importance, engage très peu en regard de ce réel doublé tel qu'il nous retient maintenant. c'est ce qu'on se dit, les yeux mouillés le cerveau sec, sur la route, la dernière.

quand j'y vais, là-bas, il fait invariablement le même temps, un beau temps couronné de cumulus.

je passe quelques bourgs où figurent encore les traces de réclames à fresque, ou encore le Nom du garagiste locale, les Artisanats locaux, les Produits régionaux et d'autres.

puis ça se ressert, on prend les routes étroites à faire lever les perdrix, on a bonheur à demander son chemin quitte à se le faire répéter un kilomètre plus loin par un autre tracteur, on voit de grandes chaumes, la rase campagne continue jusqu'au lieu-dit mais le nom du fief natal doit rester secret.

comme les rosiers tenaient bon, j'ai fait boire le granite, le temps de photographier les tombes puis le vieux bourg et je retrouverai le même quartz, le même mica et le même feldpath de la tombe aux Noms incrustés à l'or fin.

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14/07/09

13/07/09

Écrire apophantique











j'écris ces lignes mais je pense à la route circulaire et à son étoilement repoussé - comme une roue qui grandit et s'effiloche - des Portes aux lointains, et je pense que je ne sais plus allé nulle part.

c'est pourtant au lieu-même que quelque chose se montre, et se voit.

je voudrais que les débris des paysages rencontrés - condensent à eux-seuls la pierre d'angle d'un texte où les fluidités incontrôlées - et le côté hirsute de l'aventure - coulent en un cercle fermé et néanmoins ouvert...

chaque point démultipliant les vues embardées sur l'extérieur, cernant les chemins éclos dans les ombres - celles et ceux qui mènent à l'intérieur.

écrire plus simplement, plus lentement.

recueillir - plus dévotement, n'est pas une mince affaire. la dernière fois que j'ai dit quelque chose de ce genre à Pierre Bergounioux, qui me filait tous les pires prospectus qu'on trouve à la sortie des écoles et métros alors qu'on cherche soi dans Dante, Kipling, Bergounioux et d'autres (Borges dit quelque part dans un texte sur Kafka que l'auteur, l'écrivain lecteur, crée ses précurseurs), je me suis vu rire au nez, quoi, c'est maintenant que tu découvres ça, mais, je vous prie, avec la manière de parler dont il a le secret bien gardé, lui qui au détour d'une phrase vous lâche apophantique comme un enfant dit papa, ou maman.

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13/07/09

12/07/09

c'est une ville. divers noms lui sont assignés d'office suivant les saisons. l'automne est ma saison. je revois toujours quelques arbres et une rivière, ou est-ce plutôt une route longeant un canal où sont des peupliers. lorsque diverses images s'ordonnent dans ma mémoire je coupe court, il me faut sortir, reprendre le dialogue sous des nuages très réels où ma vue va s'essouffler d'elle-même. voici comment il décrivait la ville. c'était un rêve et le moment où il en sortait délibérément, si jamais cela se peut. c'était une ville. divers noms lui étaient assignés d'office selon les saisons. il dit que l'automne était sa saison. il y avait quelques arbres, toujours une rivière ou était-ce un canal. il ajouta ne voir que des peupliers sous des nuages. c'est ici un rêve, aussi maigre que les autres de couture, et vient le moment où je vais devoir en sortir délibérément, si jamais cela peut se faire.

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12/07/09

11/07/09

00.1











00.1 - mais je sais qu'il existe quelque part un 00.0.


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11/07/09

10/07/09

Recherche mots-clefs











à mi-chemin de notre parcours, alors qu'on ne peut rien arguer de l'amont, ni de l'aval, de mémoire et dans le désordre, qui n'est peut-être qu'une période mi-ombre où les mouvements contradictoires, les ressemblances et les divergences déposées comme des sujets flottants ne voyant que leurs œillères, s'annulent dans un ordre plus long qui la comprend, quelques mots parcourant ce ruiniforme, peut-être sans retour.

mort - rondelle - paroi - citerne - jaune-postal - guède - brin - combustible - Sarah - Segor - Lot - Borges - Kodama - ombre - séminaire - chien - cistercien - phacochère - vert - route - vue - zinguière - chêne - Floréal - Clichy - géographie - cartographie - merle - Arvo Pärt - Art Tatum - os - hameau - domaine - rêve - transmigration - Suarez - Juarez - lémures - water - weird - buildings - vermeil - torque - chopper - Nora - Pannonica - blanc - blancheur - blandice - image - bibliothèque - nuit - virolée - rayon - noir - gris-blanc - circulaire - moulin - camion-toupie - minot - minoterie - sapin - cèdre - robinier - Etap - Ibis - ciment - pont - Ivry - Cosne - Neuvy - Saint-Laurent - acheminent - New Jersey - Hudson - colonie - tentacule - New York - Syctom - Kyriad - Calcia - Mercuriales - Saturn - Pullman - Riestelhueber - code - Hammurabi - Rahmy - Simon - guerre - reportrice - Ménard - Babylone - Alexandrie - rhinolophe - forum - ivoire - ébène - haruspice - INRAP - ZI - 93 - livre - chambres - permutables - relais - Limbourg - graff - microcosmes - plinthe - main - péroné - tibia - fin - faisceau - phare - loupiote - mer - atlas - contrariétés - remonter - descendre - rouler - type - paysage - Crimée - cathéter - isolé - blouse - blues - Veolia - il - je - lémures - tu - Samsung - Carlotta - tango - colonne - sensation - noir - soir - toque - estonien - philippin - T.V. - pré - camion - avion - tigre - appareil - moteur - étoilé - Amsterdam - avenue - porte - phénix - blanc-cassé - Romainville - Zherfuss - Noisy - Pantin - Londeau - La Rochelle - La Pallice - Hommes-Chiens - vouivre - escarboucle - platane - mouvement - périph - espace - psychologique - retour - homme - orange - insomnie - champs - rêve - œil - vitré - nuit - tomber - Orion - Nil - Ville - morna - maître - cheveux - holocène - échelle - rave - promontoire - Saint-Florent-le-Vieil - métope - rivière - eau - pied-bot - Les Flanades - Dakota - Bergounioux - parlant - du - boeuf - Douglas - Swift - Luzarches - Pierrefite - Seine - Ivry - Issy - pierre - Viterbo - Maria - Arnak - vide - 1909 - Bonneuil - Bangkok - Toyo field - Leica - Loplops - Strasbourg - Horloge - astronomique - nuit - neige - camion - Ourcq - insomnie - rêve - à-jeun - distances - pluie - sapinaies - mouvements - Alina - loterie - Uqbar.

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10/07/09

09/07/09

les malignités de son rêve l'ont rattrapé si bien qu'un de ses bras en tomba. et maintenant il l'atteste comme sa gloire, son passage sur terre, ou la réalité.





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09/07/09

08/07/09

La loterie du Staples Center


hier, alors qu'on roule le corps de l'icône sur les autoroutes fermées de L.A., arrêté la voiture au bord d'une départementale, bornes signalées jaunes, écrit quelques lignes sur Michael Jackson l'icône, avant de m'apercevoir que l'entreprise m'était interdite, trop d'instantanées à la seconde qui sont du passé à revendre quand ces bornes, elles, ne bougent pas, d'ailleurs il n'y a qu'à relire le début de l'Aleph et ce qui s'affiche sur la place de la Constitution au jour-même de la mort de Beatriz Viterbo, alors que tournait le lament - Für Lennart Meri in Memorian - que le second président estonien élu après la chute de l'Union Soviétique, Lennart Meri, a commandé au compositeur Arvo Pärt à dessein de ses propres funérailles, la pareille étant impensable en France, nos politiques n'entendant rien, et vrai, alors que les essuie-glaces chassaient un peu d'eau accumulée sur le pare-brise, je voulais noter quelque chose, quelque chose de ces légendes véhiculées, c'était davantage les strings du lament qui résonnaient, 1 ce préjugé trop largement partagé qu'il voulait devenir blanc, le noir mime Marceau, alors que c'était manière d'effacer en creux le vitiligo qui le rongeait, 2 ce Grand Macabre du Staples Center de Los Angeles pour lequel on a décerné 11000 places gratuites à 11000 tirés au sort, certains élus arborant fièrement leur pass depuis leur break tôt arrivés sur place, d'autres monnayant leur entrée à prix d'or via Ebay, 3 l'étrange d'avoir regardé Thriller deux jours avant l'annonce, alors que la dernière fois ça remonte à la fin des années quatre-vingt, l'expérience cinématographique ayant traumatisée mes petits yeux, les morts se levant raides comme des stèles, le sang noir lentement expulsé de la bouche jaune et le type en cuir rouge qui va faire danser tout ça, 4 peut-être cette vidéo de prisonniers philippins reprenant en bataillons serrés les pas de Thriller, dans la cour du pénitencier, 5 mais j'avais déjà renoncé à ces lignes et le crachin était passé par nombre d'embellies, la recrue des suicides enregistrés après le décès rendu public, 6 ces mots qui sont les dernières paroles adressées à la nurse, Aide-moi, j'ai une partie de mon corps qui est froide et l'autre partie qui est chaude, 7 en coda ad lib, les 56 baleines qui se seraient échouées sur les côtes mexicaines à la mort de Charlie Mingus, 56 ans, autre légende, Good bye pork pie hat.

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08/07/09

07/07/09

Musée


hier, noté dans le Carnet secret la page 57 du tome II des Œuvres Complètes de Jorge Luis Borges, emprunté à la Bibliothèque Jules Verne, Pantin Quatre-Chemins. ici je reproduis, ce que j'hésite encore à faire d'un morceau brûlant de Kafka traversant les banlieues, bien que je sache devoir m'y résoudre tôt ou tard.


MUSÉE

DE LA RIGUEUR DE LA SCIENCE

... Dans cet Empire, l'Art de la Cartographie parvint à une telle Perfection que la Carte d'une seule Province occupait toute une Ville et la Carte de l'Empire toute une Province. Avec le temps, ces Cartes Démesurées ne donnèrent plus satisfaction et les Collèges de Cartographes levèrent une Carte de l'Empire, qui avait le Format de l'Empire et qui coïncidait point par point avec lui. Moins portées sur l'Étude de la Cartographie, les Générations Suivantes comprirent que cette Carte Dilatée était Inutile et, non sans Impiété, elles l'abandonnèrent à l'Inclémence du Soleil et des Hivers. Dans les Déserts de l'Ouest, subsistent des Ruines en lambeaux de la Carte, habitées par des Animaux et des Mendiants. Dans tout le Pays, il n'y a plus d'autres reliquats des Disciplines Géographiques.

SUAREZ MIRANDA, Viajes de Varones Prudentes,
liv. IV, chap. XLV, Lérida, 1658

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07/07/09

06/07/09

Playtime











Playtime - sometimes.

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06/07/09

05/07/09

l'autonomie est des plus courtes, on a une entrée pour un quart d'heure renouvelable, on vous donne un numéro à 8 chiffres, ensuite c'est à vous de choisir la chambre, certains s'y verrouillent une demi-journée, on doit les sortir de là 5 minutes avant la fermeture, c'est la règle, au lendemain il faut lire plus vite pour arriver plus loin, la lecture se monnaye par jetons, ainsi que dans ces cabines téléplanète, ces taxiphone qu'on trouve à chaque sortie de métro, ou ces stations de nettoyage-voiture, ces clubs de golf où on glisse un coin dans une fente métallique, on voit son panier rempli d'un lot de 35 balles alvéolées, jaunes, bonnes pour le practice, ou ces distributeurs de sucres rapides que l'on rencontre sur les quais, dans les gares, les aéroports, les meetings d'aviation, les expositions universelles, les salons grand public, les halls d'hôtel, les résidences étudiants, les festivals, les cours d'école, les diverticules de la régie autonome des transports parisiens, les centres commerciaux, les passages, les galeries marchandes, les entreprises sur plusieurs étages, les coursives de paquebot, les foires itinérantes, les parcs de loisir, les centres de thalassothérapie, les centres sportifs, les bases vie, les centres d'appel, les maisons des jeunes, les centres culturels, les postes de police, les maisons d'arrêt, les couloirs d'hôpital, les salles de congrès, les séminaires, ou encore ces églises vénitiennes où 1 euro permet d'éclairer les fresques du Tintoret pour 5 minutes, ou le Mont des Oliviers quand on est dans la cathédrale Notre Dame de Strasbourg, ou l'Horloge astronomique pour 2 euros, entrée Est, être présent à 12H30 pour les 4 âges de la vie, la série des quatre automates faisant le tour de l'horloge, ou ces pompes à air dans les stations-service, ces parcmètres 1 euro pour 50 minutes, 10 centimes pour 6 minutes, ces laveries automatiques, 3.60 euros les 7 kg, prévoir un livre mais parfois la connexion wifi en option, ou encore ces photomatons 4 euros les 4 photos d'identité, l'appareil n'acceptant que les pièces de 2, bien placer sa tête, surtout les oreilles droites, les paperasses administratives refusant les têtes à une oreille, dans le liseré ovale de l'écran, enclencher le compte-à-rebours de 5 secondes, dans ces chambres il y a aussi un décompte, la présence d'un sablier digital, on ne voit que lui, ainsi on est averti peu de temps avant la fin, suffisamment pour recharger, la combinaison des 8 chiffres se modifiant sous vos yeux, tous les quarts d'heure si on a choisi de rester, quand on sort de là les lampes s'éteignent, un faisceau rouge clignotant au-dessus de la porte, là où il y a le numéro de la chambre, prévient l'agent d'accueil qui occupe le centre panoptique, sur un tabouret de plusieurs mètres de hauteur, ils sont d'ailleurs plusieurs, placés en quinconce, à contrôler l'affluence sur des tablettes électroniques dont la simplicité d'utilisation, la mise en main rudimentaire, ferait pâlir d'envie le premier des minoséistes, mais ceci va pour une autre histoire.

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05/07/09

04/07/09

carré noir











dans la ville - toujours un carré noir.

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04/07/09

03/07/09

quelques graffitis, ligne E du RER, direction Paris Gare de l'Est.

MIRO - ARNAK - TIZ - 93 - SEZY - ARGAL - TSIR - KRAM - ZETI - BENK - PYRE - DEXA - FORE - COCO - SENO - REGAE - STEPO - BOX - FIFI - AON - RIZOTE


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03/07/09

02/07/09

opus











à Porte d'Italie vu cet opus - mais c'est depuis l'enfance.

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02/07/09