j'arrive enfin. rendez-vous pris à la T2 dite tour des Lois. j'aurais préféré être reçu en T3 dite tour des Nombres, la première qui nous arrive quand on sort de la 14, passé les cinémas MK2. lorsque je monte sur l'esplanade, les 4 in-octavos de référence me semblent plus ramassés que depuis mon périph extérieur. on aurait descendu quelques étages? cela n'est pas fait pour me choquer, je sais que toute pyramide offre la vision limitée de ses possibilités à commencer par le creusement qu'elle opère sous le sable, ce qu'on devine quand on se rend à Gyzeh, ce qui est un peu plus appréciable au Louvre où la structure en verre s'enfonce jusqu'aux vestiges médiévaux du Louvre quand il était un Château du XIIè siècle. l'employée de chez SECURITAS m'offre un badge nominatif pour la journée, ajoutant que je dois garder en évidence mon nom imprimé. niveau 4. pris l'ascenseur avec deux magasinières et leur chariot à livres faisant penser à ces containers où on entasse les valises des voyageurs avion. bref on longe un couloir, on s'arrête devant le nom étiqueté de la personne qui vous l'a communiqué par téléphone, son nom, la porte est ouverte et on attend d'être sollicité à faire un pas en déclinant son nom comme un matricule, comme une habilitation à entrer, s'asseoir, parlementer, on prend en considération une fois pour toutes le prochain emploi du temps qui nous mènera jusqu'à début novembre, le lieu d'affectation où se rendre, on signe. des questions? juste des formalités que je fais répéter. mais pour soi et en secret se demander de manière informelle, Qui suis-je?, maintenant, devant la personne qu'on ne reverra plus, ici j'ouvrirais volontiers une trappe à consigner l'ensemble de mes emplois précaires courts ou longs et trouver un sens à ce qui s'écrira alors, ou juste pour voir ce qui s'écrira. je n'ai plus de questions, je fais une remarque sur la cantine, C'est bien, à La Poste de Clichy on n'avait pas. mystère et solitude quand elle me répond sur le mode affirmatif un peu plus qu'interrogatif, Vous êtes quand-même subventionné... je ravale ma solitude en répondant, Oui oui, sans trop savoir ce qu'on m'a demandé et pour en finir. on me présente une personne à contacter, mon interlocutrice personnelle, en cas de pépins j'ai maintenant son nom écrit sur une enveloppe. amabilités de rigueur. l'ascenseur. pour l'esplanade appuyer sur PL. l'employée de chez SECURITAS me demande le badge. le temps de le chercher dans mon sac et elle me redemande mon nom, l'efface en direct sur son ordinateur. remerciements et salutations. dehors on peut surprendre quelques photographes errants, à toute heure j'imagine, venus des 4 coins du monde, de mon côté je suis bien allé voir la Bibliothèque d'Alexandrie, et j'apprendrai par le Centre Culturel Français que la troupe de Valère Novarina m'aura précédé dans cette visite guidée où on nous montre avec fierté
la machine à imprimer un livre en un quart d'heure, ça ressemble à une développeuse couleur RA4 si on est déjà entré dans un laboratoire photographique, à un pilon à rotation rapide si on va du côté des machines à recycler, on insère un fichier dans une fente, la machine travaille avec les bruits d'une lessiveuse mais sans se balancer, quinze minutes plus tard il en sort un livre impeccablement broché, et la visite continue après ce tour de force et sûrement la seule pacotille de tout mon voyage en Égypte, mais je m'écarte. la pinède centrale, excavée comme un mini Central Park entre les 4 in-octavos de référence, inaccessible depuis le pont de bois et ses garde-fous où on se trouve. je relirai au soir la description définitive de la BNF par Pierre Michon dans
Corps du roi, mais c'est pour ce soir. d'ici là je peux rêver faire un plan détaillé du site, où viendraient se greffer les déplacements successifs qu'on y pratique et rencontre. réinventant les signalétiques. procédant à toutes sortes de travaux d'aménagement à rendre plus lisible cette esplanade traversée des 4 vents. reprenant le cahier des charges avec cette question liminaire, Comment lit-on autrement un livre en entrant et sortant dans de tels décors de buffet froid. commandant à tous les MAM et Guggenheim quelques marcheurs de Giacometti à planter penchés ça et là. gardant ce nom, la tour des Nombre, pour ce qu'elle symbolise pas mal notre lecture de Jorge Luis Borges, comme un archétype indépassable avec quoi compter, rêver, se perdre, ou encore le nombre de jours que je vais devoir passer sous les clauses du contrat signé plus haut, nombre qui existe, bien qu'enterré à ma connaissance dans un des soupiraux de l'avenir. pendant ce nombre de jours est-ce que j'aurai toute ma tête? non. mais il faut bien composer avec toutes sortes de temps y compris le temps resserré, nos étroitesses, quand on est débordé. Les Portes du Ciel? je vais rarement voir les expositions temporaires des musées permanents. on m'a parlé de cette exposition des Grands Projets du Grand Paris, sise sur l'esplanade du Trocadéro. c'est aussi sur mon emploi du temps. mais pour Les Portes du Ciel, je m'en veux infiniment. on se dit qu'on a le temps d'y faire un saut à inspecter les moindres recoins, puis la date expire mais avec prolongation exceptionnelle, puis c'est au tour de la prolongation d'expirer. il me reste cette indication, Portes du Ciel, et le loisir de revoir les Akkadiens permanents du Louvre, ou encore l'image rêvée de Dante, prendre le diverticule à droite de la Samothrace quand on monte l'escalier, aile Denon, après les Botticelli. le Ciel? on le
photographie à répétition, reflété au travers des pans amovibles, couleur jaune, des 4 in-octavos. aussi on peut entrevoir le reflet d'une tour, de deux tours, même des tours d'habitation privilégiées quoique soumises à l'attraction du patio aux 4 vents, tours qui sont alignées sur deux côtés facilement mémorables si on oublie le côté Seine et le côté Chemins de fer en provenance d'Ivry-sur-Seine. on rejoint les souterrains de la ligne automatique dite Météor, la ligne parlante quoi qu'il arrive, la robotique ou métronique avec quoi frayer ainsi qu'il est arrivé à l'astronaute Bowman, seul dans son Odyssée de l'Espace à corps perdu, seul en présence de l'ordinateur pervers HAL, et seul face à la parole désintégrée de HAl qui voit sa mémoire se vider et finit par le dire à Bowman, mais ici la parole souterraine ne semble pas démordre et se répète ad libitum,
Gare Saint-Lazare,
Gare Saint-Lazare, et c'est folie cette répétition programmée quand on recherche une diversité d'actions et que même notre immobilité se joue dans un cadre de temps mouvant à connaître de fortes inquiétudes et de petites accalmies, même le un varie, ne saurait souffrir de se montrer le même en tout point tout moment, il est, je crois l'avoir avancer prétentieusement au 07/06/09, divisible en d'infinis reflets indivisibles, mais on s'écarte encore. dans le métro on vend ceintures faux cuir et éventails chinois. dans le RER de retour zone, une mère photographie amoureusement sa fille de deux ans et des poussières, qui a au demeurant une assez bonne diction pour son âge. je crois que lorsque ça a été mon tour d'avoir cet âge, j'étais muet, et cela devait durer démesurément, jusqu'à inquiéter mon entourage. pour finir je crains que l'on doit beaucoup à ses débuts.