Retour au château
vieille recherche du monde avancé. quoi? aller vers ces plates-formes de la grande distribution qui alimentent nos hypermarchés et sont à l'heure actuelle bloquées par les agriculteurs, soit la veille des courses du samedi. la légende dit - Hier, des agriculteurs mécontents ont bloqué une centrale qui dessert le supermarché Leclerc, à Lisieux. temps, informations, lieu. je préfère l'image. un tracteur déversant un tombereau de foin devant le portail sécurisé d'un entrepôt géant un début de feu une montée en flammes et fumée onze personnes des palettes et des pneus. en quoi ça me regarde? je vais faire des provisions pour le week-end, et en attendant je photographie des sortes de tubercules exhumés d'un champ bosselé en long de la vieille voie de chemin de fer Paris-Est - Gournay.
je vais un peu vite. ça n'est pas si simple. ça a commencé avec une exposition. je m'en souviens, c'était le peintre De Chirico. j'avais noté cette phrase - Et qu'aimerais-je sinon l'énigme? il y avait des tableaux comme L'énigme de l'heure, été, automne 1911, Le temps fatal, 1914, ceux de 1913 où apparaît le train et l'horloge marquant systématiquement le début de l'après-midi, toute l'époque de Paris 1911-1915, toute ma peinture est un souvenir d'Italie, la série des bains et des cabines mystérieuses, son autoportrait nu et complètement anthropophage de 1945, un combat de gladiateurs dans une chambre, le reniement de Breton, à propos de l'autoportrait nu les propos de Max Ernst - une ruine qui fut un jour un génie - un gros corps faible, totalement asexué, les joues tombantes et la pâleur d'un homme déjà presque mort - il y a quelque chose de très convaincant dans ce portrait, comme si un peintre peignait son corps après la mort, La gare Montparnasse ou la mélancolie du départ, 1914, Le retour au château, 1969, Plan d'Italie au soleil éteint, 1971, Soleil sur chevalet, 1973.
ensuite j'ai pris un RER bondé. n'en pouvant plus de coller aux habits et visages moites de mes voisins, je suis descendu à la première desserte, Noisy-le-Sec. j'ai longé la ligne à pied, c'était l'avenue Jean Mermoz. au loin il y avait l'A3 courbée au-dessus d'immeubles de rapport noiséen, ses glissières bleu-clair miraculeusement taguées (où cela semble impossible il y a toujours des peintres de génie, acrobates de tout bord), quelques belles trognes d'arbres têtard, une propriété privée dite Le foyer noiséen Ste anonyme d'H.L.M. (je n'invente rien), la couleur d'un jaune sans chaleur du mot BRICORAMA, et puis cette impasse à s'engouffrer, Jean Mermoz ne longeant plus le chemin de fer je passais par une zone pavillonnaire, et au bout de cette impasse de la Cité du 1er mai, un terrain vague, à première vue sans objet à construire (un panneau dira - Aménagement des espaces publics ZAC des Carrouges). on est donc passé à Bondy et c'est dans cette friche où les premières tranchées annoncent les premières fondations pratiquées à pied d'œuvre du mur en béton armé de cette bonne vieille A3 venant de l'aéroport Charles de Gaulle et donc l'A1 pour suivre vers l'A86 et donc Créteil, par exemple, que je photographierai ces formes rondes ci-dessus mentionnées (en fait des agrumes pourris).
contournant la cité du Londeau, je traverse Rosny 2 où je me suis déjà vu refoulé alors que je photographiais sur le parking surélevé de cette centrale d'achat. motif. je photographiais le coucher de soleil couleur saumonée, il avait plu et je m'intéressais à l'asphalte mordoré. c'était il y a bien trois ans. je voyais une voiture de police passer en contre-bas, du côté de la desserte RER aménagée au seuil de la centrale, station Rosny Bois-Perrier. j'avais un trépied encombrant, facile à détecter. ils étaient deux. un petit rond et une blonde châtain sur le retrait. ils étaient montés par l'escalier en colimaçon. quand il parlait j'avais l'impression de voir sa petite tête chafouine qui sortait couleur blond-châtain de derrière son dos. il disait que ça n'allait pas. et de rendre de suite les pellicules. comme si c'était propriété publique. pour commencer la négociation je montrais ma carte d'étudiant des beaux-arts. on me laissait filer. mais j'aurais pu. la semaine dernière une ancienne étudiante des beaux-arts me racontait comment à la suite d'un vernissage elle rentrait en vélo avec son ami. il était 4 heures du matin. c'était Paris, quartier du Sentier. ils prennent une petite rue en sens interdit. ils les arrêtent. vous êtes en infraction. revenez en arrière pour prendre les grands axes. deux minutes plus tard ils reviennent avec les gyrophares. arrêt en force, sans parole et limite plaquage au sol comme dans les films d'action qu'ils imitent. ils avaient préféré continuer à pied les mains sur le guidon. vous n'avez pas fait ce que je vous avais dit de faire, reprendre depuis le début de la rue. ils parlent. de toute façon c'est moi la loi, j'ai l'insigne, et on est trois vous êtes deux. cellule de dégrisement. garde à vue et interrogatoire pour le compagnon un peu typé. elle écope d'une amende de 110 euros. on la laisse en plan sur le trottoir à 4 heures du matin et sans lui dire où ils l'embarquent. elle marche une heure. elle attend une heure à un poste de police. on ne lui dit rien. elle le voit dans la cellule. il a le droit à l'eau et les toilettes toutes les deux heures. elle demande de souffler elle aussi dans l'alco-test pour attester de son petit verre en trop pour conduire un vélo qui plus est en sens interdit et par ce biais avoir quelque chance d'être avec lui. ils refusent. ils ne lui diront pas qu'elle est passée le voir. elle rentre dormir un peu. à 9h elle appellera la police des polices pour déposer une main courante. ils annuleront l'amende qui savérera de toute façon mal datée. le lendemain ils attendent l'avis du procureur avant de le relâcher. normalement c'est 24 heures. ça nous ramène à 4h du matin. il sortira à 18h passé, avec convocation au tribunal.
donc à Rosny 2 passé devant la pizzeria Del Arte. cet hiver rencontré un ancien tenancier du XXè arrondissement qui me racontait ces fins de semaine au Del Arte. il offrait le couvert à toute l'équipe. c'était un rituel, se détendre ensemble avant de reprendre ensemble. puis un cimetière, et à côté on construit. chantier casque obligatoire. deux grues, des câbles tendus. et cette impression fugitive, je ne me l'explique toujours pas mais elle était arrivée d'un coup, on s'apprêtait à soulever le cimetière. ça s'appelle Villa d'Avron. c'est la ZAC Les Portes de Rosny. je crois l'avoir déjà dit, je ne connais pas de ville plus défigurée par les voies autoroutières et les immeubles avec vue sur centrales d'achat. ici on aurait peine à retrouver un centre-ville ou simplement un noyau de rues plus infrastructures où se promener. aujourd'hui c'est à l'hypermarché qu'on a des chances d'échanger. ou dans son jardin à barbecue, mais pas entre les deux. studio 5 pièces grand luxe avec vue sur - jardin paysager - peut-on lire. vue sur le paquebot Domus dédié à la décoration d'intérieur. avoue y avoir acheté des boîtes de rangement. vue sur les tours Londeau. avoue y être passé en voiture puis à pied. vue sur l'A86. avoue m'y être perdu un soir où je cherchais désespérément ma sortie usuelle. vue sur une station essence. avoue y avoir fait un plein ce même soir où j'usais mon carburant à retrouver ma sortie.
ensuite vu un barbier hindou rue du président Kennedy, Rosny. la ville réalise les travaux de rénovation urbaine du quartier Jean Mermoz. l'opération porte sur - la réhabilitation de 286 logements c'est la phase 1 - la construction de 169 logements c'est la phase 1 et 2 - la démolition de 141 logements c'est la phase 2 - l'intégration des commerces c'est la phase 1 - la création d'une salle de sport c'est la phase 1 et 2 - la création d'un espace vie plus espaces publics c'est la phase 2 - la requalification des espaces extérieures c'est la phase 1. comment ça marche en vision directe? on bourre de laine isolante. on tuile avec du plaquo-plâtre, du carrelage vitrifié et tous les nouveaux matériaux couleur faux-bois-vernis. pour finir un coup de blanc mise-au-propre. il y a une tour. au pied de ladite, un coiffeur dont je n'ai pas osé photographier la devanture car il était en pleine opération de dégradé à deux ciseaux en une main, et surtout je me voyais en plusieurs fois dans ses miroirs. en décrochement de cette tour, il y a un ascenseur enchâssé lui-même dans un bloc-béton. une fois qu'on a sélectionné son étage, on monte. quand on pousse les battants on rejoint l'immeuble par une passerelle. il y a sept passerelles, mais j'ai compté quinze étages. ces descriptions manquent beaucoup face au réel et de l'obscure me vient à mesure que je ressens ces manques quelque chose se joue de ma vue. je me rappelle un grincement plus échos, une stridence tenace. les ouvriers continuaient sur leurs échafaudages. impossible de savoir d'où ça provenait. majorité de fenêtres murées au parpaing. si on redore des façades entièrement désertées, on voit déjà quelques têtes revenir derrière leurs hublots de cuisine.
je continue ma route. je suis à pied depuis trois heures. depuis la gare de Noisy-le-Sec. via le chemin de fer à ma gauche je peux refaire l'itinéraire. je connais les dénivelés, les barrières et les arbres. je connais le champ de 16000 m2 à photographier des petites formes rondes en buttée du mur épais qui porte l'A3. soit la ZAC des Carrouges où on va implanter tout un parc d'activités pour PME et PMI. nombre de tags. je les réécris régulièrement. il y a OUER. KUNG. 132. ZADIM. RETOR. ADN. JAM. CCK. TRANE. HARA. SINGE. SEAT. ARNAK. MIC. FLASH. UBAT. BAGAR. SENO. POSTER. GRIZ. PLONE. NARKO. LINZ. APEL. SHOZ. STASE. AZER. CIA. PIES. AMOR. des trouées urbaines à la pelle. la cité du Londeau. la station de lavage Eléphant bleu ouverte 24h/24 pour nettoyer sa voiture tout terrain. les bretelles indémontables menant à Rosny 2 et Del Arte. le cimetière et les grues à soulever le cimetière. le coiffeur sur l'avenue Kennedy. la tour et l'autre coiffeur à se voir en plusieurs fois dans les miroirs. les rénovations-façades de Rosny. la suite jusqu'à Villemonble et à Villemonble ceci que je réécris devant les panneaux de l'agent immobilier qui sortira de son bureau pour me demander si j'ai besoin d'aide. non merci je regarde en attendant le prochain train prévu pour 19h55 en gare du Raincy/Villemonble.
prox rer, meulière, rdc : entrée cuisine équipée ouvert sur véranda et terrasse, wc, 4 chambres, salles de bains, wc, s/sol, chauffage gaz, parfait état, terrain : 414 m2.
Basoche, maison moderne : entrée, cuisine équipée, séjour double, terrasse, wc, 1er étage : 3 chambres, salles de bain, wc, au-dessus 1 pièce sous comble, s/sol, garage 2 voitures, jardin : très agréable.
propriété de caractère comprenant : 12 pièces, 7 chambres, 2 salles de bain, 1 salle d'eau, 4 wc, s/sol total, dépendance aménagée de 50 m2, 2 garages, terrain : 893 m2.
prox rer, dans immeuble bourgeois : avec ascenseur, appartement 5 pièces, entrée, cuisine aménagée, séjour double avec cheminée, 3 chambres, salle de bain, salle d'eau, wc, 1 cave : beaucoup de cachet.
maison rez-de-chaussée : entrée, cuisine équipée ouvert sur séjour salon donnant sur terrasse et jardin, wc, 1er étage : 3 chambres, s/sol total : salle de bains, buanderie, garage, atelier, cave.
prox rer, dans résidence récente de standing : bel appartement 4 pièces, entrée cuisine équipée, séjour double, 2 chambres, salle de bain, wc, 1 parking s/sol, 1 cave, jardin privatif : parfait état.
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résidentiel, maison : rez de jardin, garage, buanderie, chaufferie, cave, rez de chaussée surélevé, entrée, cuisine, séjour salon, 1 chambre, salle de bain, wc, bureau, 1er étage : 2 chambres, terrain : 300 m2.
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Plateau, villa : entrée, cuisine équipée séjour double avec accès au jardin et piscine chauffée, 2 chambres, salle de bain, wc, 1er étage : 2 vastes chambres, division possible, salle d'eau, wc, s/sol, garage 2 voitures.
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villa contemporaine sur 924 m2 de terrain, rez de jardin : entrée, 1 chambre, salle d'eau, wc, buanderie, cave, chaufferie, dressing, mezzanine, cuisine équipée donnant sur terrasse et jardin, 2 chambres, salle de bain, wc.
Eglise, maison : rez de chaussée : entrée, cuisine aménagée, séjour, salle d'eau, wc, 1er étage : 2 chambres, au-dessus : 1 chambre, salle d'eau, wc, s/sol total, terrain : 236 m2.
prox A3, maison en parfait état comprenant au rez de jardin : entrée, cuisine d'été, garage 2 voitures, 1er étage : cuisine équipée, séjour, 2 chambres, salle de bain, wc, 2è étage : 3 chambres, 1 bureau, wc.
Epoque, maison de plain-pied : entrée, cuisine, séjour double 2 chambres, salle de bain, wc, garage, terrain : 298 m2.
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12/06/09 nuit