07 janvier 2009 - 07 janvier 2010




01/07/09

Chambres permutables - 1











chambres permutables, au nombre de trois.

on peut voyager, c'est sur très peu de détails, à peine sentis par vous lorsque vous ferez votre rentrée, que se fera le choix de la chambre de retour.

on y a mis de quoi dormir, lire, il y a donc trois bureaux et autant de lits.

les trois bureaux n'ont pas mêmes hauteurs, les tabourets sont bien coupés aux trois hauteurs mais on a souvent permuté ces objets.

les livres aussi.

les lits, longtemps qu'on ne se sert plus que d'un seul, on peut donc vivre le jour dans une des trois chambres, il y aura toujours retour à ce même lit d'usage.

va de soi, le lieu du sommeil dépendant de cet unique lit d'usage, on dort toujours dans la même chambre.

chambres permutables, aux trois couleurs, celles des murs, le sol est invariant, blanc uni.

le temps du sommeil, avant de retrouver sa couleur, sa chambre, sa vie dans le désordre.

ranger sa chambre, s'accorder sur ce qu'il y aura à portée immédiate de main, penser aux urgences de la main, à ce que le temps d'éveil doit restituer le temps de lire.

les deux autres lits peuvent servir à la lecture, plus immuable, c'est notre rapport qui mue.

les tables et reposoirs servent aux livres disposés en rangs serrés, dans les trois bibliothèques, chacune étant munie de trois étagères, puisqu'il y a aussi une bibliothèque par chambre, quand ceux-ci sont manipulés dans l'urgence, sortis avant un hypothétique rangement.

pour aller contre l'idée reçue des livres de chevet, on a créé un grand nombre de chevets supplémentaires, il y en a trois par chambre, ce qui accroît le nombre des livres de chevet et rend l'idée obsolète.

il n'est pas utile de posséder un inventaire exhaustif de tous les livres présents dans les trois chambres réunies, suffit de savoir qu'ils circulent sur un sol invariant.

les chambres ne sont qu'une, les chambres ne sont qu'un même livre, bien qu'on ne sache le dire autrement, qu'importe le livre désigné en dernier, les chambres convoquées, suffit d'observer l'ampliation des données en un lieu unique.

on n'a jamais réussi à fragmenter une lecture dans trois pièces, trois couleurs différentes, ou plutôt on l'a dit, c'est notre rapport qui mue, et les trois couleurs pourraient se succéder à l'extérieur qu'on n'y verrait rien.

un livre en revanche peut à lui seul posséder plusieurs chambres, elles sont permutables à souhait dans le temps de lecture.

les livres, dont on sait le nombre fini, ouvrent un nombre infini de chambres.

la disposition de chaque livre, entre autres sur les neuf tables de chevet, oublions ces histoires de couleurs, peut déterminer une lecture particulière, offerte à une heure inédite, ce qui pourra influer sur les chambres rencontrées au sein des précieuses lectures.

par exemple un même livre lu du fond d'un lit, la tête appuyée contre un mur, ou courbé sur un bureau, la tête maintenue par les paumes, ouvrira des chambres similaires mais où certains objets différeront dans leur emplacement respectif.

on s'apercevra par exemple qu'un même tabouret sera située plus proche de la porte de sortie dans un livre lu à plat-dos sur un lit que dans un livre lu en position verticale, jusqu'à ce que l'inverse advienne dans un autre livre mais ce sera aussi un autre tabouret.

les endormis ont pris ce pli, dormir dans plusieurs chambres, la nuit, mais on a dit qu'il n'y a qu'une seule chambre où il est d'usage de dormir, ce sont donc des éveillés qui permutent leurs lectures.

c'est sur très peu de détails, à peine sentis par vous quand vous vous en irez d'une chambre pour une autre, que se fera le choix.

c'est sur très peu de détails, à peine sentis par vous quand vous vous en irez pour voyager au dehors des trois chambres, que se fera le choix du départ, la direction.

parfois seulement un livre au départ.

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01/07/09

30/06/09 nuit

corps-double


peindre ou mieux encore - esquisser - la ville - le soir - l'exhalaison qui a une fin - en un souffle esquisser l'exhalaison d'après - dans le temps d'élocution sa disparition - la soufflerie du train à l'arrêt - la décoloration des arbres des façades - j'allais - depuis la gare la ville terminus une première fois détruite - dans l'inconcevable - la sécheresse - tout a été reconstruit en un soir - tout a été détruit en une nuit - on s'est retrouvé à l'aube trompeuse - double - vibratile - ciliaire - réversible - plein d'outils sans pouvoir se confier - le passeur voulait que je commence - qu'il y eût une parole de prononcée - un début pour renvoyer la pareille - en vain - comme ça on s'est ménagé plusieurs refus à commencer - et puis tout s'est dédoublé - ainsi cet interlocuteur dont j'étais une face inachevée - encombré de sa bosse dont je sentais les mouvements et jusqu'aux moindres plis de ses paupières - sa bouche aux lèvres nerveuses - sa langue bifide quand elle raclait abondamment le palet supérieur - même ses habitudes salaces - mais de l'aube en porte-à-faux je remontai à la nuit puis à la veille de la catastrophe - au moment de commencer - appuyé contre le seul refend - jusqu'à une plus ancienne nuit où il faut que quelque chose ait eu lieu - très vite se dédoublant.

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30/06/09 nuit
chambres IBIS











de ces chambres IBIS dire la vue sur le stade Charléty - et le cimetière.


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29/06/09

28/06/09

il y a différents noms de lieu écrits sur la carte. ça dure très peu de temps, suffisamment pour que je lise Pro, et au-delà d'une frontière, Contra, soit Pro et contra, évocation d'un des livres composant Les Frères Karamazov. mais ce rapprochement - est-il déjà induit quand l'image, brève, passe en rêve?

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28/06/09

27/06/09

Sarcelles ville m'est quasi inconnue. je me souviens de quelques incursions depuis une zone pavillonnaire à Arnouville-lès-Gonesse. on suit une sente bordée d'aubépines, non loin la rivière dite - le petit Rosne -, on passe quelques bovins, des plantations avec cabanon attenant, on salue celui qui vient travailler la terre, on prend une dernière passerelle et voilà des jardins ouvriers où on vous offre des courges trop larges pour la boîte à gants. je dois présenter mes excuses pour mon bad english, mais E. est vraiment weird. on prend une voiture louée par internet. ça marche qu'on vous communique l'adresse d'un garage et une heure à laquelle vous y rendre. la voiture est là au numéro précisé. on l'ouvre en présentant une carte magnétique sur le pare-brise, là où sont les vignettes. à l'intérieur on trouve une autre carte, pour actionner la barrière de sortie. à Porte de Clignancourt, on embraye sur l'A1, on passe le stade de France, on prend la sortie Pierrefite, on continue sur la N1 en direction du Château d'Écouen. la N1, où 2011 verra l'arrivée du tram orange, ça fait sept ans qu'elle la prend, c'est même la seule excursion qu'elle pratique quand cette hollandaise vient de Münich à Paris, six mois par an, et sept ans qu'elle voit ce même pied-bot à ce feu qui signe la fin de Saint-Denis pour le début de Pierrefite, ces mêmes deux pied-bots au carrefour où Pierrefite devient Sarcelles. de Sarcelles elle peut situer les nombreux Cèdres du Liban. je lis sur un panneau - Les Flanades -. elle me montrera ce centre commercial, non loin de la synagogue. lu aussi - Les Joncherolles -, côté Pierrefite, et - Luzarches -, qui est un très vieux bourg. sur un parking, domaine public, en avant du stade Nelson Mandela. des lignes de pylônes. un terrain de foot où on peut voir deux golfeurs et un ramasseur de balle. je les entends arriver, les contemple au rythme soutenu d'un toutes les deux minutes. maintenant elle déplie sa chambre Toyo field 8x10 inch. sous un robinier. il y a un chapiteau tout blanc servant pour des réceptions. une base-vie avec barreaux blancs aux fenêtres. elle fait ses réglages, déplaçant le trépied pour retrouver le même cadre que sur la photocopie qu'elle me demande de tenir à côté. il vient ramasser la balle alvéolée. il a un T-shirt sur lequel on peut lire - repose en paix -. il me demande qu'est-ce qu'elle fabrique sous le drap noir. je lui explique qu'on fait des photos pour le compte de la Ville. on est en repérage. une camionnette avec écrit dessus - Elégance -. il place sa porte arrière au niveau d'une butte de terre. il enfourne à la pelle. les flics ne tardent pas. je devrai redire ma phrase. le camion repart. E. me demande d'installer une chaise devant la base-vie. ils sortent de la caravane, deux bidons chacun. il desserre l'arrivée d'eau à l'aide d'une pince. elle s'occupe de remplir les bidons. ils sont là, bien visibles toutes les deux minutes. on est à 250 secondes pour une ouverture 11. mais elle attend quelques nuages, une lumière plus diffuse. certains ont déjà leur train d'atterrissage de sorti. la camionnette Elégance de nouveau. ça a dû bien se passer. il enfourne again, mais c'est un autre type dans la même camionnette. elle me demande si c'est bien là le domaine public, si j'ai vu passer un camion dans lequel il y a son mari, elle lui apporte à manger pendant qu'il récupère un peu de bois. ils doivent frapper avec un fer moyenne portance. la balle se retrouve entre le robinier et l'arrivée d'eau. je les retrouve, intactes, filant au-dessus, deux loupiotes clignotantes aux intradros. dans un même couloir aérien. du Sud-Est traversant les feuillages de l'acacia au Nord-Ouest entamant la descente, mais on le devine plus qu'autre chose. la trajectoire coupant en angles aigus la ligne de poteaux télégraphiques qui alimente le stade N.M. ils quittent le fairway du terrain de foot, suivis du caddy. elle repasse et nous souhaite une bonne fin de journée. E. me montre un autre parking domaine public. on commande quelques ailes de poulet dans une roulotte située en bord de route, munie de deux trois bouteilles butane 13kg. pour 10 euros on peut voir son bag se remplir d'une bonne vingtaine de wings. plus garnitures huileuses, le sac est doublé. je me promets de revenir en ces territoires, céder quelques après-midis à la marche seule, traverser ces champs de pylônes, faire mes propres repérages, par exemple poursuivre ce coude de la N1 entre la fin de Saint-Denis, un bout de Pierrefite et ce parking sarcellois où on se réunit pour manger avant la reprise de chantier, jouer aux cartes jusqu'à la tombée, s'hydrater pour les prochains kilomètres, parking en contrebas duquel il y a un grand parc et l'écriteau - respectez les plantations -. il faut repartir. la voiture doit être rendue pour 19H, à sa place numéro 108.

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27/06/09

26/06/09

total











total le monde interdisant l'ouverture d'un livre - où lire dans le retranchement.

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26/06/09

25/06/09

Bergounioux parlant du bœuf











c'est au numéro 13 de la rue des Beaux-arts. ça s'appelle L'hôtel et c'est à deux pas de l'École des Beaux-arts. ici est passé Oscar Wilde, comme le dit Borges dans son Atlas (chambre 16, si on va sur le site de réservation). et on lit une autre plaque - ici vécut Jorge Luis Borges lors de ses fréquents séjours à Paris de 1977 à 1984 -. c'est Pierre Bergounioux qui me l'a révélé une première fois au détour d'une de ses phrases dont il a le secret.

on entre, on découvre au sol un marbre étoilé noir, ce même qu'on voit sur une photographie, la plus belle, probablement prise par Maria Kodama, attestant de la présence de l'écrivain sur ces lieux, et parce qu'on le lit, on y reconnaît l'Aleph ou son image restreinte à une pierre et une rotonde. au-dessus, l'escalier tournant s'envole en cercles chacun ajourés de petites fenêtres avec vues sur marbre étoilé noir, et l'Aleph se perd dans l'ovale du ciel. je n'ai pas compté le nombre d'étages et je ne peux donc pas affirmer s'il y a 9 étages ainsi qu'il y a - 9 Essais sur Dante - de Jorge Luis Borges, mais qu'importe ces chiffres puisque dès le deuxième tout semble indéfiniment s'allonger dans le semblable et le presque similaire, seulement on monte. tout en haut, on peut enfin toquer à la soixante-deuxième chambre (mais toute chambre peut aussi bien et sans restriction être la première, la sixième, la douzième ... que la soixante-deuxième chambre). je fais quelques images - des moulures - des bois peints - toute cette architecture dit-on de style Directoire - des chandeliers aux bougies électriques comme ersatz de ce temps des cires - un aspirateur - une employée non réticente à la démarche - des draps en boule et un plateau d'argent avec petit-déjeuner fraîchement consommé déposé sur le seuil d'une chambre la porte entrebâillée (ici on refait la chambre) - de grands miroirs à l'encadrement surchargé d'entrelacs et renvoyant la fausse lumière un peu inquiétante de ces mêmes bougies sur fond de tapisseries bordeaux ou vert sombre - des guéridons aux pieds torsadés comme autant de modèles réduits de cette Babel intérieure (on l'a, notre Bibliothèque de Babel) - le tapis comme une peau de tigre déroulée à l'infini - l'Aleph depuis le déambulatoire de chaque palier - l'Aleph de plus en plus éloigné et l'Aleph que je photographierai une dernière fois au niveau zéro, sous le ciel blanc de la rotonde, avant que tout ne rejoigne le principe d'incertitude.

maintenant je suis dehors, sous le bucrâne, là où le menu suggestif est affiché sans les prix, et je revois Bergounioux dessiner un A à l'envers, à la craie sur le tableau de l'Amphithéâtre des loges de l'École, Bergounioux parlant du bœuf, et, j'en suis sûr, de la Raison graphique.

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25/06/09
(la photographie de Borges à L'hôtel a en fait été prise par Pepe Fernandez, en 1978, Maria attendant dans le vestibule)

24/06/09

du périph la Seine coule bien sous le Pont d'Issy, quand on voit venir la tour aux parois sans prises à l'escalade, surmontée du sigle TF1, et que plus distante il y a la Tour aux Figures, de Jean Dubuffet, l'ouvrage aux couleurs signalétiques de la ville, sur l'île Saint-Germain, Issy-les-Moulineaux, là où un maire indémontable a voulu faire construire un musée d'art contemporain à l'emplacement des actuelles prairies de fauche avant de se rétracter devant l'impopularité de la mesure, mais ceci est une autre histoire. du périph la Seine ne coule pas sous le Pont d'Ivry, ou alors je n'y ai jamais pris garde, mais bien plus je vois cette ZA dit du Port d'Ivry, avec ces mangeoires à béton nommées Ciments Calcia ou Cimentex et qui seules m'assurent de la présence des péniches à quai, les deux colonnes réfrigérantes de Syctom, des entrepôts de cinéma grande consommation, l'hôtel Kyriad plusieurs fois photographié en vain, les quatre livres debout, à la française, couleur jaune soupe comme la mer bouillante qui assaille une épave du côté de l'île de ré, ainsi que le rapporte Maupassant dans - L'épave -, soit la BNF, enfin et s'il me faut clore ce tour, peut-être que je vois tout d'abord le centre commercial Bercy 2, à la cuirasse blindée gris-ardoise, faisant penser à un cloporte quand il se met en boule sous la menace, ou mieux encore, à un tatou recroquevillé sur lui-même.

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24/06/09

23/06/09

Douglas DC-3 au dessus de Bonneuil-en-France











penser aux avions. la première chose qui me vient c'est l'avant-dernière fois où j'ai mis les pieds dans un avion de ligne. c'était en avril 2008. j'allais voir Alexandrie. l'avion se pose au Caire, le chauffeur de taxi m'attend en dehors des grilles du parking public, nous voilà parti pour trois heures de route parfaitement droite, fenêtres ouvertes avec cette première odeur de désert légèrement refroidi par la nuit, désert dont je ne verrai rien alors qu'il est bien là, de part et d'autre de la voiture, non, les seules choses que je verrai seront les hautes cimaises publicitaires du périphérique cairote, puis les réverbères des rues sablonneuses d'Alexandrie, Alexandrie où j'apprendrai à traverser entre les voitures et on appréhende vite la conduite locale qui n'a pas de lois préétablies si ce n'est la conduite instinctive tel que l'a définie Claude Lévi-Strauss, Alexandrie où j'apprendrai à photographier la ville en compagnie des étudiants des beaux-arts de là-bas, entre autres sur les chantiers navales du quartier d'Anfouchi on sillonnera entre les bateaux en bois et les copeaux déchus à même la plage de sable blanc, autour des ouvriers aux yeux profonds, de tous les âges, toujours souriant quant à la démarche, on les verra brûler une corde dans le sable, discuter à l'abri des coques poncées ou regarder la mer depuis une barque au rebut. à Anfouchi ce qu'on photographie ce sont des géométries et des visages. les étudiants avaient à tout prix voulu s'exercer à la photographie argentique. ils viendront avec des reflex graisseux aux posemètres inertes et une pellicule N&B chacun. au laboratoire de l'école je trouverai un fond de révélateur qui avait dû servir des centaines de fois. je le verserai dans un évier et on rigolera bien à la vue d'une blatte géante passant par-dessus bord. donc dans cet avion je vois une figure qui s'avance, lente et un peu courbe sur elle-même, les yeux déterminés dans un vide plus loin que la moquette où ils s'enfoncent. elle s'assoit deux rangs plus haut, dans les rangées centrales. je me dis : c'est Valère Novarina. je m'en persuade tout-à-fait en le voyant extraire les pages d'un vieil auteur au nom médiéval. on le retrouvera effectivement au Centre Culturel Français où il lira - Lumière du corps -, après une lecture en miroir français-arabe de - Pour Louis de Funès -. Valère Novarina, qui au sortir de la scène fait descendre à la perche trois chemisettes oranges d'un des nombreux étals de nuit, puis il en offre une à l'acteur Charles Gonzales, une autre à un ami traducteur de quelques-unes de ses œuvres en grec moderne. ensuite leur périple à trois se poursuivra jusqu'au monastère de Sainte-Catherine, dans le Sinaï.

la seconde chose, c'est - Les Aéroplanes à Brescia -, le texte de Kafka publié sous une forme abrégée dans le journal Bohemia du 29 septembre 1909, texte que l'on doit à la ruse de Max Brod, qui relança son ami sur les chemins de son écriture en lui commandant indirectement un article sur le meeting d'aviation de Brescia, ville du Nord-Ouest de l'Italie où ils sont en vacances avec Otto Brod, le frère de Max. la ruse : chacun écrirait ses impressions, sans se concerter au préalable de ce qu'on a vu de son côté personnel. cet été 1909, ils verront Blériot, qui venait de traverser la Manche. Ils n'auront de cœur que pour lui.

la troisième chose, c'est - Pylône -, qui reste le texte ancré dans ma mémoire comme la première incursion sur le sol faulknérien, pylône, où on ne se trimballe jamais avec plus de 2 dollars en poche, pylône, où Jiggs le mécano commence à reluquer une paire de bottes alors que ses tennis maculés d'huile trempent dans des flaques couleur d'écume et on est parti, je me souviens mal des protagonistes puisque les Snopes sont passés au-dessus, ou encore Charles Mallison dont on suivra l'effort de guerre, mais que je reprenne quelques pages au hasard et je retrouve la boucle, avec ces hommes tenaillés à leurs avions au jour le jour, la famille laissée à ras terre, la voix métallique du speaker qui revient sans arrêt depuis la rotonde comme pour ponctuer le récit de ses amplifications sonores, les courses à la diable, les points de non-retour de ces vies tendues, déchues, sans gloire, la mélancolie des fins de journée sans répit, surtout ces vitesses que le récit épaule et notre déroute de lecteur qui s'harnache avec ses faibles moyens dans son temps de lecture, bref la soudaineté du récit comme on ne l'avait jamais mise à plat.

on vient voir les carlingues sensationnelles dont on connaît un peu les noms, pour peu qu'on soit versé dans le journal télévisé, les informations. Mirage, Rafale, Tigre, Fenec, Fouga, Mirador, Awacs... et l'A380, le long courrier de 560 tonnes pouvant transporter plus de 800 passagers sur deux étages tout en volant à minima à 230 km/h, l'A380 qui, avec la fusée Ariane et le transporteur militaire Hercules, est la première chose qu'on voit sur le tarmac du salon du Bourget cru 2009, où on arrive depuis une navette de la RATP après avoir garé sa voiture pour 11 euros au parc des expositions de Villepinte, ayant auparavant pris l'autoroute A3 et la francilienne du nord-est. on voit l'A380, on parle avions de chasse et hautes technologies, on vend, sur une semaine les contrats abondent, 35 fusées Ariane vendues en 2007, le grand monde se déplace, et personne n'en parle mais tout le monde a en tête, même en creux et tout petit, la catastrophe du petit frère, l'A330, qui a sombré avec ses 228 passagers entre les côtes brésiliennes et les côtes africaines, il y a trois semaines de ça, en moins de quatre minutes où on pense à quoi, sous la pression incroyable, la bascule qui vous emporte maintenant, le cauchemar avéré réel, irréversible.

la veille, quand je prend l'A3, c'est un peu avant la sortie Sarcelles Gonesse que je les vois, huit à déverser les trois couleurs dans le ciel de traîne, monter et descendre en position losange, puis en T, laissant les fumigènes se dissoudre, le coton rouge et le coton bleu composant un coton mauve, les ailes aperçues à la verticale avant de se rabattre à l'horizontale en une synchronisation digne des ballerines aquatiques, et de nouveau la disparition de la patrouille au bas, ou plutôt du losange en chute libre, sous les bretelles autoroutières, la forme rejaillissant d'on ne sait où avant de se disloquer en un temps très court, la traînée violette se volatilisant à son tour. puis on rattrape la D370. tout autour, des champs jaunes, remplis de lapins de garenne. on est à Bonneuil-en-France, côté nord du Bourget. tout au long de cette départementale, des familles entières stationnant en file indienne sur les deux bas-côtés, les enfants montés sur les toits, le père gardien des jumelles, la mère restée à l'intérieur avec la revue, le père fumant sa pipe, bref un brin de vacances comme on n'en a plus, et la police fermant les yeux. mon père me parlera des champs de tulipes où il s'arrêtait entre 1955 et 1960. Le Bourget, c'était le grand aéroport international, duquel il prendra son premier zinc pour l'Angleterre. l'hélicoptère, c'était la grande nouveauté à voir absolument. il venait avec ses copains de neuf ou dix ans contempler les aéronefs depuis ces champs de tulipes, donc non loin de la D370 puisqu'il suffit de redescendre la N2 dite Route de Flandres, passer les entrepôts de grande consommation Garonor et s'arrêter un peu avant l'entrée de l'aéroport, pour apercevoir sur un talus des panneaux indiquant - champs de tulipes -. mais à l'époque, des champs à perte, et on y va en vélo depuis Livry-Gargan, ce qui n'est plus possible sans manquer de se faire renverser une dizaine de fois au bas mot. aujourd'hui, j'aperçois la grande ville frangée de hautes tours périphériques, comme la tour Olympe, Aubervilliers, visible à la gauche du fuselage blanc de l'Ariane. mais il est 15H57 et mon cœur bat, ce que je ne lui connaissais pas, à la vue d'un objet volant à basse altitude, brûlant l'air avec le bruit sec d'un chalumeau puissance 1000, le Mirage III entamant sa dernière boucle au-dessus de nos têtes avant de toucher la piste numéro 3 de l'aéroport. mais après avoir photographié le ciel en long et en large où parfois on reconnaissait une silhouette flanquée de deux ailes, je remarque que je me trouve sur un chantier interdit au public, et même mieux, un chantier d'archéologie préventive, probablement l'INRAP, et alors je ne décollerai plus mon regard de la terre dépecée à la pelle et au pinceau, poinçonnée de mystérieuses étiquettes, creusée ici et là en cercles et demi-cercles comme un flan à la petite cuillère.

le lendemain, je retrouve les avions de plus près, naviguant entre les stands de cette vitrine mondiale. il y a le Bréguet XIV, le char à foin de Saint-Exupéry, le biplan qui a servi au bombardement massif de la seconde bataille de la Marne, ici le modèle même qui a transporté l'officier allemand pour signer l'armistice, me dit son pilote actuel qui n'est plus tout jeune. sa structure est en duralumin et on peut voir le pot d'échappement fixé au-dessus du nez à hélices. il y a le Skyraider avec ses ailes repliées comme sur un porte-avion. il y a un triplan à la tôle ondulée rouge, nommé le Baron rouge, c'est l'avion de Belmondo, me dit son pilote retraité, et on admire les trois haubans. il y a la réplique (mais avec le moteur en étoile d'origine) du Blériot XI qui clôturera le programme de vol, à 17H31. on peut voir ses roues de vélo alors que le speaker officiel du salon prend la parole, toujours suivi de son traducteur américaine, les festivités vont bientôt commencer et il est temps de se déplacer vers les tribunes, les étendues d'herbe où mettre sa poussette, sa serviette de pic-nic, et attendre les aéronefs prendre de la hauteur dans le ciel de traîne et redescendre par vent de travers sur la piste dont on voit la ligne pointillée blanche sur un écran géant monté dans le flanc gauche d'un poids lourd, la voix rappelant que le premier salon de 1909 s'appelait - salon de la locomotion aérienne -, puis on entend la voix de Blériot lui-même, en 1929, remercier le maire de Douvres pour la construction d'un mémorial à l'emplacement où il réussit à poser son poulailler, la voix de Blériot laissant la place à la liesse de l'époque avant que le grain de ses années 20 disparaisse sous le ronron de l'aujourd'hui. c'est au tour de Catherine Monory d'effectuer des figures libres sur un adagio de Mozart, dans un minuscule monoplan, une vraie toupie. puis il y a le Mustang, encore un outil de guerre mais c'est la cadillac que tout aviateur rêve de piloter, et on l'entendra siffler avant de s'aligner sur les pointillés de la piste. une musique cérémoniale fait place à un silence pétrifiant d'après les roulements de tambour. tout le monde coupe son souffle. on cherche dans les airs. tout d'un coup un Awacs fend les hauts cumulus et vient présenter le radar monté sur le dos de sa plate-forme avant de rejoindre son poste de contrôle, là-haut. ensuite les huit charognards de la PAF envoient la poudre tricolore. sur l'écran géant passe un chasseur. puis le Super Constellation arbore fièrement son triple gouvernail de direction. encore un silence et l'A380 s'ébranle du sol, stabilise sa trajectoire, impose sa grande souplesse, presque comme le fera plus tard Renaud Ecalle à bord de son poids plume, durant son programme libre intégral de 4 mm chrono, Renaud Ecalle dont le speaker nous précise qu'il est devenu champion du monde de voltige il y a une semaine, à Turin, ou encore comme le Lockheed C-130 Hercules qui est ce gros transporteur militaire qui fait la gloire de la US Air Force depuis sa mise en circulation dans les années 50, ce géant gris décolle sur trente mètres, fait tout ce qui lui plaît au-dessus du Bourget, La Courneuve et Bonneuil, la voix précisant qu'il fait une - oreille -, selon le jargon aéronautique, avant de piquer cul par-dessus tête et s'immobiliser tout à fait sur à peine trente mètres. enfin on lâchera un Swift à 2000 mètres pour le laisser planer dans un programme de 4 mm où il aura le temps de renvoyer la lumière de notre côté, la musique sortant des baffles situées de part et d'autre des tribunes mais également intégrée dans le cockpit du planeur, et voici le Blériot XI, l'avion mythique depuis 1909, la cage à poules de 230 kg avec son moteur de 25 chevaux à tout péter, la libellule des libellules, le cerf-volant à moteur, le caddy dont les roues ne se replient pas comme dans les autres avions munis de train d'atterrissage rétractable, mais c'est pourtant là l'engin dont découle tout ce qu'on a vu cette après-midi, et la voix, qui est en fait un pilote chevronné, admirera l'habileté avec laquelle ce bel ouvrage se couchera en douceur sur l'herbe coupée ras, par fort vent de travers, manœuvrant en - roulis induit -. mais déjà les tribunes sont à moitié vides. on doit reprendre la voiture et les embouteillages de la N2, la A3, la A1 et la 104.

je mets à part deux avions. le B-17 G, la Forteresse Volante, le Shoo Shoo Baby de Glenn Miller, le bombardier lancé à la chaîne durant la seconde guerre mondiale et dont le tiers des envoyés, parmi lesquels il y a des gosses de dix-huit ou vingt ans (avant de s'élancer dans les airs, certains n'ont jamais conduit quoi que ce soit, même une voiture) qui furent les protagonistes d'une mutation sans exemple ni précédent de la civilisation matérielle et morale et payèrent de leur vie ce privilège exorbitant comme nous le rappelle Pierre Bergounioux dans son grand livre de 70 pages, - B-17 G -, ce tiers n'est jamais revenu.

et puis le Dakota C-47, appelé plus couramment le DC-3. c'est l'avion californien par excellence, sorti des chaînes de fabrication de la firme Douglas, basée à Long Beach, produit au rythme de deux à l'heure peu avant le débarquement de Normandie, utilisé comme le moyen principal de la logistique rapide, et, nous dit-on, participant activement au Pont aérien de Berlin avant de redevenir le premier avion de ligne des États-Unis, donc du monde, d'ailleurs il en vole encore officiellement, enfin et de loin, pour moi qui me découvre une passion pour ces mécaniques de précision, le plus bel avion du monde.

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23/06/09

Les aéroplanes à Brescia, Kafka :

"
Nous passions devant les hangars qui, avec leurs rideaux tirés, font penser à des scènes fermés de comédiens ambulants. Sur les frontons on lit les noms des aviateurs dont les appareils sont cachés là, avec les insignes tricolores de leur pays natal. nous lisons Cobianchi, Cagno, Rougier, Curtiss, Moucher (qui est originaire du Trentin, mais qui porte les couleurs italiennes, auxquelles il fait plus confiance qu'aux nôtres), Anzani, club des aviateurs romains. Et Blériot? demandons-nous. Où est Blériot? Blériot, à qui nous n'avons pas cessé de penser depuis le début."

(...)

"D'un côté de la barrière de bois, de nombreuses personnes sont debout les unes à côté des autres. "Comme il est petit!" s'écrie un groupe français, presque comme un soupir, que se passe-t-il? nous nous frayons un chemin. Mais voilà sur le champ, tout près, un petit aéroplane avec sa vraie couleur jaune, tout près, que l'on prépare pour le vol. A cet instant nous découvrons aussi le hangar de Blériot et, à côté, celui de son élève Leblanc; ils sont construits en plein milieu du champ. Appuyé à l'une des deux ailes de l'appareil, voici Blériot, que nous reconnaissons immédiatement; il regarde attentivement, la tête bien plantée sur son cou, ses mécaniciens s'affairer autour du moteur.

C'est avec cette chose minuscule qu'il veut se lancer dans les airs? Sur l'eau, par exemple, c'est plus facile. on peut s'exercer d'abord sur des mares, puis sur des étangs, puis sur des fleuves et seulement beaucoup plus tard se lancer sur la mer; pour celui-là, il n'y a que la mer.

Voilà Blériot déjà assis sur son siège, il tient la main sur un levier, mais laisse encore faire les mécaniciens, comme des écoliers trop studieux. Il regarde lentement de notre côté, puis détourne ses regards de nous, les porte ailleurs, sans cependant les laisser jamais s'éloigner beaucoup de lui. Il va s'envoler, rien de plus naturel. c'est cette impression de naturel, unie au sentiment de l'extraordinaire attaché à sa personne et qu'on éprouve en même temps, qui lui donne cette tenue."

(...)

"Voici maintenant l'appareil avec lequel Blériot a survolé la Manche; personne ne l'a dit, tout le monde le sait. Un long moment d'attente, et Blériot est dans les airs, on voit le haut de son corps tout droit au-dessus des ailes, ses jambes pendent par en bas et font partie de la machine. Le soleil a décliné et illumine le vol plané des ailes à travers la verrière des tribunes. Tous les regards se portent vers lui avec ferveur, dans aucun coeur il n'y a place pour personne d'autre. il tourne un peu en rond et se montre maintenant presque à la verticale. Et, en tordant la tête, tout le monde regarde le monoplan qui fléchit, puis est repris en main par Blériot et monte même encore un peu. Que se passe-t-il? Là, au-dessus de nous, à vingt mètres au-dessus du sol, un homme est prisonnier dans une cage de bois et lutte contre un danger invisible, certes délibérément affronté. Mais nous, en bas, nous sommes là, inexistants, comme si on nous avait rejetés et nous regardons cet homme-là."

22/06/09










B-17 G

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22/06/09

21/06/09

reconnaissance


parfois, si je me base sur une semaine mais ce pourrait être un jour, quelques heures en un lieu, les manques innombrables comme ces contrées vacantes à l'esprit, ce vacant sillonnant dans les lobes de l'oubli, sillonnant en césure plus blanche dans ce qui se rassemble, multiples ressemblances du dehors où on doit fabriquer une ligne et la tenir, ne pas trahir, parfois je sens tout s'incurver, s'imposer opaque à la ligne effilée en mille points, mais c'est ce grand nombre dispersé, parfois, toujours, qui tient lieu d'ouvrage, et les absences obligées, même les distances, je dis contrées vacantes à l'esprit mais ce pourrait être contrées vacantes de l'esprit, si, comme on le croit, tout est consigné quelque part dans la ville.

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21/06/09

20/06/09










du rêve prémonitoire je n'ai jamais eu qu'une ou deux vérifications en acte, ça ne suffit pas pour faire une loi, de plus les faits avérés en retour réel, illusoires, tombaient dans un filet de probabilités-pour-tous ainsi que l'astrologie en déborde au quotidien. ce matin, je finis un rêve en faisant un plein d'essence dans une station à ciel ouvert. je me vois mettre des pièces dans un distributeur de carburant (il n'existe qu'un carburant). une femme d'une quarantaine d'années vient me demander de tenir un gobelet où trempe un fond de café, en attendant son tour à la borne. j'acquiesce par courtoisie puis lui montre un seau non loin où le poser, étant donné que j'ai les mains pleines de monnaies et après une première jauge de la machine il me faut rajouter trois euros pour un plein complet. je mets deux pièces de 50 centimes, une pièce de 1, une autre que je trouve dans la paume au milieu d'autres pièces cuivrées roses. dans la voiture, à avancer. quelques adolescents alentours, comme une colonie se dispersant en groupes de pique-nique sur l'ensemble de la base. pour rejoindre l'autoroute je dois repasser devant trois pompes. un grand maigre habillé en bleu clair tacheté au bas-ventre lance un mouchoir en flammes sur une traînée d'essence. ça prend. première voiture qui explose à droite. suivie d'une pompe, plus rapprochée. il reste une pompe et un mince couloir résiduel où je pense le sol bien sec. aucune certitude et la fin est une hésitation à elle seule. tout se referme en ce tourment. pourquoi ces images, pressées avant la levée? et la question contrebalancée par cette autre, pourquoi la levée semble commander à posteriori la sauvegarde de ces images? la première question revenant, pourquoi ces images, au bord de la levée?

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20/06/09

19/06/09 nuit

hommes en orange











retour nuit cette inscription - hommes en orange respectez leur vie.

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19/06/09 nuit

18/06/09

cupules











vue détourée - à la lisière de l'essuyage avoir pensé à des cupules.

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18/06/09

17/06/09

le territoire est vide - le vieillard un bâillon en bouche avançait plus loin je le retrouverai - ma piétaille continuant pour avancer et retenir les bras me sont couverts - me sont poussières - un bras au ralenti - dans un moment de renonciation - rien d'autre à désigner - jamais la lumière si forte - et inconnue - gauchie d'une couleur inconnue - trouée de ce noir inconnu aux morceaux choisis - j'entends les autres attablés autour de la colline mais le territoire annoncé vide - je cherche un endroit sur la butte où arrêter le bras et enfoncer tout mon bas - j'ai compté que je m'immobiliserai à partir des genoux - il revient mettre l'eau et former glaise - j'ai confiance - mais c'est le soir - hésitation quand je le vois remonter la grande dune - le voyant un peu plus tard - bien sûr que les mesures de ce monde me sont obscures et plus loin suffirait peut-être - quand je le revois pendre à la plus haute voile de notre nef - plus loin.

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17/06/09

16/06/09

dans l'obscurité les yeux fermés à plat-dos, essayant de monter la phrase.

quelques Hommes-Chiens montaient la paroi quant à eux - masques de profil - crocs en saillie - oreilles hautes du lycaon - un trou de respiration un trou d'œil-pâle sur le port de tête démesurée et de pierre tendre - à la pioche bec-de-courlis à chaque martellement un piaillement d'oiseau-nettoyeur retiré à l'édifice - mais ils sont à piler un tertre plus bas dit lit-aux-ossements - sur ce lit de pierres torrentielles où l'eau n'a plus cours et les Chiens à buste d'Hommes continuent dans leur désert aux parois ascendantes - certains ont des têtes d'aurochs en guise de grelots attachés à la ceinture.

ensuite, les voiles blancs de Morphée ont pris le dessus. je me suis éveillé à un palier de rêves inférieurs où des illusions s'annulaient en se chevauchant deux par deux comme un fil trop court à l'ouvrage. c'était le matin.

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16/06/09

15/06/09

coulées











coulées avant ma sortie usuelle - A3 direction Noisy.

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15/06/09

(autre coulées)

14/06/09

voiture vide











n'avançait plus - on avait retrouvé la voiture vide.

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14/06/09

13/06/09

je devais rencontrer le bourreau. ceci est une passivité. il était aux petits soins de ses outils. il assemblait entre autres quelques fers. je n'avais pas toute ma tête mais je me souviendrai qu'il était proche. il n'avait d'ailleurs rien contre le fait que j'assistasse à ces menus préparatifs qui ne souffrent aucun retard. à plusieurs reprises il vint à me parler. ou plutôt je le voyais comme un homme ou un poisson qui s'obstine à vouloir vous parler du fin fond proche d'un miroir concave, bien qu'on lui ait enlever toute parole. je comprenais qu'il était un personnage inoffensif. aussi, me disais-je, toutes ces machineries n'ont pas plus de conséquences qu'un tourbillon perdu dans de l'eau. ses grimaces de conspirateur abandonné à lui-même ont été la dernière chose ridicule que je lus sur son masque - où deux trous figurent les yeux.

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13/06/09

12/06/09 nuit

Retour au château











vieille recherche du monde avancé. quoi? aller vers ces plates-formes de la grande distribution qui alimentent nos hypermarchés et sont à l'heure actuelle bloquées par les agriculteurs, soit la veille des courses du samedi. la légende dit - Hier, des agriculteurs mécontents ont bloqué une centrale qui dessert le supermarché Leclerc, à Lisieux. temps, informations, lieu. je préfère l'image. un tracteur déversant un tombereau de foin devant le portail sécurisé d'un entrepôt géant un début de feu une montée en flammes et fumée onze personnes des palettes et des pneus. en quoi ça me regarde? je vais faire des provisions pour le week-end, et en attendant je photographie des sortes de tubercules exhumés d'un champ bosselé en long de la vieille voie de chemin de fer Paris-Est - Gournay.

je vais un peu vite. ça n'est pas si simple. ça a commencé avec une exposition. je m'en souviens, c'était le peintre De Chirico. j'avais noté cette phrase - Et qu'aimerais-je sinon l'énigme? il y avait des tableaux comme L'énigme de l'heure, été, automne 1911, Le temps fatal, 1914, ceux de 1913 où apparaît le train et l'horloge marquant systématiquement le début de l'après-midi, toute l'époque de Paris 1911-1915, toute ma peinture est un souvenir d'Italie, la série des bains et des cabines mystérieuses, son autoportrait nu et complètement anthropophage de 1945, un combat de gladiateurs dans une chambre, le reniement de Breton, à propos de l'autoportrait nu les propos de Max Ernst - une ruine qui fut un jour un génie - un gros corps faible, totalement asexué, les joues tombantes et la pâleur d'un homme déjà presque mort - il y a quelque chose de très convaincant dans ce portrait, comme si un peintre peignait son corps après la mort, La gare Montparnasse ou la mélancolie du départ, 1914, Le retour au château, 1969, Plan d'Italie au soleil éteint, 1971, Soleil sur chevalet, 1973.

ensuite j'ai pris un RER bondé. n'en pouvant plus de coller aux habits et visages moites de mes voisins, je suis descendu à la première desserte, Noisy-le-Sec. j'ai longé la ligne à pied, c'était l'avenue Jean Mermoz. au loin il y avait l'A3 courbée au-dessus d'immeubles de rapport noiséen, ses glissières bleu-clair miraculeusement taguées (où cela semble impossible il y a toujours des peintres de génie, acrobates de tout bord), quelques belles trognes d'arbres têtard, une propriété privée dite Le foyer noiséen Ste anonyme d'H.L.M. (je n'invente rien), la couleur d'un jaune sans chaleur du mot BRICORAMA, et puis cette impasse à s'engouffrer, Jean Mermoz ne longeant plus le chemin de fer je passais par une zone pavillonnaire, et au bout de cette impasse de la Cité du 1er mai, un terrain vague, à première vue sans objet à construire (un panneau dira - Aménagement des espaces publics ZAC des Carrouges). on est donc passé à Bondy et c'est dans cette friche où les premières tranchées annoncent les premières fondations pratiquées à pied d'œuvre du mur en béton armé de cette bonne vieille A3 venant de l'aéroport Charles de Gaulle et donc l'A1 pour suivre vers l'A86 et donc Créteil, par exemple, que je photographierai ces formes rondes ci-dessus mentionnées (en fait des agrumes pourris).

contournant la cité du Londeau, je traverse Rosny 2 où je me suis déjà vu refoulé alors que je photographiais sur le parking surélevé de cette centrale d'achat. motif. je photographiais le coucher de soleil couleur saumonée, il avait plu et je m'intéressais à l'asphalte mordoré. c'était il y a bien trois ans. je voyais une voiture de police passer en contre-bas, du côté de la desserte RER aménagée au seuil de la centrale, station Rosny Bois-Perrier. j'avais un trépied encombrant, facile à détecter. ils étaient deux. un petit rond et une blonde châtain sur le retrait. ils étaient montés par l'escalier en colimaçon. quand il parlait j'avais l'impression de voir sa petite tête chafouine qui sortait couleur blond-châtain de derrière son dos. il disait que ça n'allait pas. et de rendre de suite les pellicules. comme si c'était propriété publique. pour commencer la négociation je montrais ma carte d'étudiant des beaux-arts. on me laissait filer. mais j'aurais pu. la semaine dernière une ancienne étudiante des beaux-arts me racontait comment à la suite d'un vernissage elle rentrait en vélo avec son ami. il était 4 heures du matin. c'était Paris, quartier du Sentier. ils prennent une petite rue en sens interdit. ils les arrêtent. vous êtes en infraction. revenez en arrière pour prendre les grands axes. deux minutes plus tard ils reviennent avec les gyrophares. arrêt en force, sans parole et limite plaquage au sol comme dans les films d'action qu'ils imitent. ils avaient préféré continuer à pied les mains sur le guidon. vous n'avez pas fait ce que je vous avais dit de faire, reprendre depuis le début de la rue. ils parlent. de toute façon c'est moi la loi, j'ai l'insigne, et on est trois vous êtes deux. cellule de dégrisement. garde à vue et interrogatoire pour le compagnon un peu typé. elle écope d'une amende de 110 euros. on la laisse en plan sur le trottoir à 4 heures du matin et sans lui dire où ils l'embarquent. elle marche une heure. elle attend une heure à un poste de police. on ne lui dit rien. elle le voit dans la cellule. il a le droit à l'eau et les toilettes toutes les deux heures. elle demande de souffler elle aussi dans l'alco-test pour attester de son petit verre en trop pour conduire un vélo qui plus est en sens interdit et par ce biais avoir quelque chance d'être avec lui. ils refusent. ils ne lui diront pas qu'elle est passée le voir. elle rentre dormir un peu. à 9h elle appellera la police des polices pour déposer une main courante. ils annuleront l'amende qui savérera de toute façon mal datée. le lendemain ils attendent l'avis du procureur avant de le relâcher. normalement c'est 24 heures. ça nous ramène à 4h du matin. il sortira à 18h passé, avec convocation au tribunal.

donc à Rosny 2 passé devant la pizzeria Del Arte. cet hiver rencontré un ancien tenancier du XXè arrondissement qui me racontait ces fins de semaine au Del Arte. il offrait le couvert à toute l'équipe. c'était un rituel, se détendre ensemble avant de reprendre ensemble. puis un cimetière, et à côté on construit. chantier casque obligatoire. deux grues, des câbles tendus. et cette impression fugitive, je ne me l'explique toujours pas mais elle était arrivée d'un coup, on s'apprêtait à soulever le cimetière. ça s'appelle Villa d'Avron. c'est la ZAC Les Portes de Rosny. je crois l'avoir déjà dit, je ne connais pas de ville plus défigurée par les voies autoroutières et les immeubles avec vue sur centrales d'achat. ici on aurait peine à retrouver un centre-ville ou simplement un noyau de rues plus infrastructures où se promener. aujourd'hui c'est à l'hypermarché qu'on a des chances d'échanger. ou dans son jardin à barbecue, mais pas entre les deux. studio 5 pièces grand luxe avec vue sur - jardin paysager - peut-on lire. vue sur le paquebot Domus dédié à la décoration d'intérieur. avoue y avoir acheté des boîtes de rangement. vue sur les tours Londeau. avoue y être passé en voiture puis à pied. vue sur l'A86. avoue m'y être perdu un soir où je cherchais désespérément ma sortie usuelle. vue sur une station essence. avoue y avoir fait un plein ce même soir où j'usais mon carburant à retrouver ma sortie.

ensuite vu un barbier hindou rue du président Kennedy, Rosny. la ville réalise les travaux de rénovation urbaine du quartier Jean Mermoz. l'opération porte sur - la réhabilitation de 286 logements c'est la phase 1 - la construction de 169 logements c'est la phase 1 et 2 - la démolition de 141 logements c'est la phase 2 - l'intégration des commerces c'est la phase 1 - la création d'une salle de sport c'est la phase 1 et 2 - la création d'un espace vie plus espaces publics c'est la phase 2 - la requalification des espaces extérieures c'est la phase 1. comment ça marche en vision directe? on bourre de laine isolante. on tuile avec du plaquo-plâtre, du carrelage vitrifié et tous les nouveaux matériaux couleur faux-bois-vernis. pour finir un coup de blanc mise-au-propre. il y a une tour. au pied de ladite, un coiffeur dont je n'ai pas osé photographier la devanture car il était en pleine opération de dégradé à deux ciseaux en une main, et surtout je me voyais en plusieurs fois dans ses miroirs. en décrochement de cette tour, il y a un ascenseur enchâssé lui-même dans un bloc-béton. une fois qu'on a sélectionné son étage, on monte. quand on pousse les battants on rejoint l'immeuble par une passerelle. il y a sept passerelles, mais j'ai compté quinze étages. ces descriptions manquent beaucoup face au réel et de l'obscure me vient à mesure que je ressens ces manques quelque chose se joue de ma vue. je me rappelle un grincement plus échos, une stridence tenace. les ouvriers continuaient sur leurs échafaudages. impossible de savoir d'où ça provenait. majorité de fenêtres murées au parpaing. si on redore des façades entièrement désertées, on voit déjà quelques têtes revenir derrière leurs hublots de cuisine.

je continue ma route. je suis à pied depuis trois heures. depuis la gare de Noisy-le-Sec. via le chemin de fer à ma gauche je peux refaire l'itinéraire. je connais les dénivelés, les barrières et les arbres. je connais le champ de 16000 m2 à photographier des petites formes rondes en buttée du mur épais qui porte l'A3. soit la ZAC des Carrouges où on va implanter tout un parc d'activités pour PME et PMI. nombre de tags. je les réécris régulièrement. il y a OUER. KUNG. 132. ZADIM. RETOR. ADN. JAM. CCK. TRANE. HARA. SINGE. SEAT. ARNAK. MIC. FLASH. UBAT. BAGAR. SENO. POSTER. GRIZ. PLONE. NARKO. LINZ. APEL. SHOZ. STASE. AZER. CIA. PIES. AMOR. des trouées urbaines à la pelle. la cité du Londeau. la station de lavage Eléphant bleu ouverte 24h/24 pour nettoyer sa voiture tout terrain. les bretelles indémontables menant à Rosny 2 et Del Arte. le cimetière et les grues à soulever le cimetière. le coiffeur sur l'avenue Kennedy. la tour et l'autre coiffeur à se voir en plusieurs fois dans les miroirs. les rénovations-façades de Rosny. la suite jusqu'à Villemonble et à Villemonble ceci que je réécris devant les panneaux de l'agent immobilier qui sortira de son bureau pour me demander si j'ai besoin d'aide. non merci je regarde en attendant le prochain train prévu pour 19h55 en gare du Raincy/Villemonble.

prox rer, meulière, rdc : entrée cuisine équipée ouvert sur véranda et terrasse, wc, 4 chambres, salles de bains, wc, s/sol, chauffage gaz, parfait état, terrain : 414 m2.

Basoche, maison moderne : entrée, cuisine équipée, séjour double, terrasse, wc, 1er étage : 3 chambres, salles de bain, wc, au-dessus 1 pièce sous comble, s/sol, garage 2 voitures, jardin : très agréable.

propriété de caractère comprenant : 12 pièces, 7 chambres, 2 salles de bain, 1 salle d'eau, 4 wc, s/sol total, dépendance aménagée de 50 m2, 2 garages, terrain : 893 m2.

prox rer, dans immeuble bourgeois : avec ascenseur, appartement 5 pièces, entrée, cuisine aménagée, séjour double avec cheminée, 3 chambres, salle de bain, salle d'eau, wc, 1 cave : beaucoup de cachet.

maison rez-de-chaussée : entrée, cuisine équipée ouvert sur séjour salon donnant sur terrasse et jardin, wc, 1er étage : 3 chambres, s/sol total : salle de bains, buanderie, garage, atelier, cave.

prox rer, dans résidence récente de standing : bel appartement 4 pièces, entrée cuisine équipée, séjour double, 2 chambres, salle de bain, wc, 1 parking s/sol, 1 cave, jardin privatif : parfait état.

maison de ville avec jardinet : entrée, séjour, cuisine équipée, salle d'eau, wc, buanderie, 2 chambres, s/sol total.

villa récente : séjour salon cuisine US équipé, suite parentale avec jacuzzi, wc, 1 bureau, salle d'eau, wc, mezzanine, s/sol total : cave, chaufferie garage, terrain : 696 m2.

résidentiel, maison : rez de jardin, garage, buanderie, chaufferie, cave, rez de chaussée surélevé, entrée, cuisine, séjour salon, 1 chambre, salle de bain, wc, bureau, 1er étage : 2 chambres, terrain : 300 m2.

résidentiel, maison contemporaine de plain pied : entrée, cuisine US équipée, vaste séjour avec cheminée, 4 chambres, 2 bureaux, salle de bain, salle d'eau, 3 wc, garage, terrain : 680 m2 : rare sur ce secteur.

maison comprenant : entrée, séjour triple, cuisine équipée, wc, 1er étage : 4 chambres, salle de bain, wc, comble aménageable, s/sol total, garage indépendant, terrain : 505 m2.

dans résidence arborée, prox tram-train : appartement 2 pièces, entrée, cuisine équipée, séjour donnant sur balcon, 1 chambre, salle de bain, wc, 1 cave : parfait état.

Plateau, villa : entrée, cuisine équipée séjour double avec accès au jardin et piscine chauffée, 2 chambres, salle de bain, wc, 1er étage : 2 vastes chambres, division possible, salle d'eau, wc, s/sol, garage 2 voitures.

Epoque, belle meulière : entrée, double salon séjour, cuisine équipée, salle de bain, wc, 1er étage, 3 chambres, 2è étage : possibilité 2 chambres, s/sol total, garage, terrain : 209 m2.

villa contemporaine sur 924 m2 de terrain, rez de jardin : entrée, 1 chambre, salle d'eau, wc, buanderie, cave, chaufferie, dressing, mezzanine, cuisine équipée donnant sur terrasse et jardin, 2 chambres, salle de bain, wc.

Eglise, maison : rez de chaussée : entrée, cuisine aménagée, séjour, salle d'eau, wc, 1er étage : 2 chambres, au-dessus : 1 chambre, salle d'eau, wc, s/sol total, terrain : 236 m2.

prox A3, maison en parfait état comprenant au rez de jardin : entrée, cuisine d'été, garage 2 voitures, 1er étage : cuisine équipée, séjour, 2 chambres, salle de bain, wc, 2è étage : 3 chambres, 1 bureau, wc.

Epoque, maison de plain-pied : entrée, cuisine, séjour double 2 chambres, salle de bain, wc, garage, terrain : 298 m2.

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12/06/09 nuit

11/06/09

un mot, auquel on découvre d'étranges façons. ses permutations répétées en d'autres mots. on n'a pas de preuves il est vrai, mais dans le miroir on a pu observer différentes images alors qu'on n'avait pas changé le sujet de place, ni l'emplacement de la chaise d'où on voit et surveille.

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11/06/09

10/06/09

un rêve. où je croise un être obscur. rapidement je reconnais autre chose. oui. c'est l'ami que je m'étais plus ou moins promis de visiter ces temps-ci. maintenant que c'est fait, je remarque un peu à mon insu, ce serait indélicat de ma part de le rappeler de si tôt. il y a toujours quelqu'un qui s'invite, pousse les portes des blancheurs qui vous empalent un membre ou deux au passage, plus souvent vous soufflent sur trois ou quatre distances de là. après la rencontre suit le moment où on se rappelle la personne. et de découvrir que ça n'est jamais qu'un même type décliné sous 1001 aspects (parfois je mettais du temps à m'apercevoir que c'était un proche). sans cette autre vie les nôtres seraient bien plates. il y aurait quelque chose d'à peu près nul comme la succession de nos jours, l'habitude qu'on en a. je dis que personne ne se rencontre plus profondément que dans les rêves et l'écart qu'ils instaurent. ceci étant dit dans l'attente d'une prochaine nuit - où il vit à part entière.

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10/06/09

09/06/09

entre Porte de Bagnolet et Ivry. je ne connais rien de la terrible ville de Juarez, Mexique, ni d'El Paso, - le passage - texan qui lui fait face avec infiniment moins de cartels de la drogue à s'entre-tuer au jour le jour. là-bas, Juarez, on se méfie des services d'ordre, la police des polices fait vache maigre des abus de pouvoir, les journalistes ont des gilets pare-balles, les militaires ont installé leur campement comme si c'était point de non-retour, les trafiquants ont leur pop-star itinérante, le gouvernement craint d'être infiltré et l'est peut-être à l'heure actuelle. le maire lui-même, sous garde rapprochée, rentre dormir à El Paso chaque soir. tout ce que je ne comprends qu'abstraitement depuis ma voiture tournante sur le périphérique intérieur de Paris. j'apprends ces paysages à ras terre et ces chaleurs mortelles de juin (j'apprendrai qu'on est à plus de mille mètres d'altitude). je ne vais pas étendre davantage mon ignorance, et j'aime avant tout ces vocables, Juarez, El Paso, où je suis à peu près sûr de ne jamais mettre les pieds. mais prenons l'eau. soit le désert de Chihuahua où on trouve ces deux villes, et si on oublie la frontière de plus en plus impraticable à ceux du Sud qui tentent un avenir au Nord, à quelques encablures de distance l'eau y est accessible à tous, El Paso, raréfiée voire introuvable, Juarez.

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09/06/09

08/06/09 nuit

monde











et c'est un monde - reprendre ces chantiers pas le choix.

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08/06/09 nuit

07/06/09

écrire à plat-dos - qui est une des positions idéales aux rêves - puis écrire peu - reprendre une marche fourmi face au monde qui ouvre des temps de tout type - seule fascination écrire encore moins pour rejoindre le divers - commencer à effacer ses propres rognures corruptibles face aux données de l'un - divisible en d'infinis reflets indivisibles.

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07/06/09

06/06/09

20h21 retour nuit











retour par fenêtre ouverte sur périph brassée de loupiotes - impression ville rouge.

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06/06/09

05/06/09 nuit

Du voyage en Uqbar et des occurrences du mot labyrinthe











soit ceci - écrit par Philippe Rahmy au 05/03/09 - ce qu'il y aurait à écrire se présente comme une succession de zones. le mouvement est donné du dehors - le livre comporte huit récits relativement courts - ce sera autant d'arrêts à pratiquer dans l'enceinte ville - nous pouvons nous retirer dans huit lieux aux géométries variables mais qui diffèrent aussi par le temps - et selon notre temps indéfini le schéma de base pourra être répété - s'il s'agit de revenir sur les lieux - croiser les énigmes entrevues une première fois - ou prolonger le questionnement vers d'autres étapes - ou fleuves - écrire nécessite peut-être un lieu clos - et encore - mais lire peut monopoliser les énergies renouvelables à l'air libre du double continuum ville-monde et livre-ville - c'est le jardin aux sentiers qui bifurquent.

luminosité et solitude.

un lieu défini par tout ce qu'on y fait - en temps réel comme on dit.

on réécrirait les huit lieux - ce serait la fidèle traduction du livre - le miroir qui permet de lire à l'endroit et dans le texte le reflet à l'envers du texte même dans le miroir.

à maintenir l'édifice de notre lecture la construction du livre-même en dépend.

ces jours-ci soleil au matin mêmes répliques nuageuses l'après-midi et fin retour couverture solaire - on plante un décor - ou sa météorologie - ou l'imbrication des deux en mythologie - ou les mythologies réciproques aux deux entités restantes.

phrases - des phrases en indication de parcours.

voyage en Uqbar - ligne 7 direction La Courneuve - 16h24.

16h45 sortie Quatre-Chemins côté Pantin - nous y voilà - à tourner les pages qui enferment les cosmogonies de Jorge Luis Borges.

retour en prolongement planète Tlön - où la succession temporelle prime sur l'espace - comme cette histoire de baignades dans le fleuve Divers.

remonté avenue Jean Jaurès nationale 2 vieille gallo-romaine direction Senlis - après l'église et avant le carrossier passé dans un square fermé de quatre tours - les tours Zherfuss - une musique ou distorsion de rythmes tapageurs lourds à faire tanguer la caisse aux vitres teintées non loin le continuum de l'ancienne route royale N2 les deux sœurs rentrent de la sortie des classes primaires la plus grande tient le cartable dans les érables des akènes vert-plus-clair ces petits hélicoptères de l'enfance un type avec un sac Champion on se salue une mère de famille dans l'autre sens même sac Champion les caïds voix fortes attroupement sur un banc à trois bancs de distance on se salue on fait groupe autour du banc je dois partir - depuis la cinquième tour je vois atterrir un moignon de pain dur à un mètre de mon ombre - on visait la tête je m'en vais.

17h35 via avenue Edouard Vaillant quitté les Quatre-Chemins vie des écoles quartier enfantin aussi par le pont menant à la mairie vu les Grands Moulins aux façades de verre couleur du canal non loin - un square devant la gare RER on construit façade encore bétonnée grise des silhouettes échappées des fenêtres je vois un ouvrier avec mise à niveaux rouge un mètre - l'homme qui se déplace modifie les formes qui l'entourent - est-ce-qu'on ne peut pas imaginer Funes ou la mémoire comme faisant partie intégrante ou sorti des logiques Tlön Funes étant un des habitants - les enfants au ballon il tire sur la grille de protection malmenée hauteur basse moins d'un mètre les parents à l'intérieur de l'espace jeux au sol en fibres synthétiques amortissantes sur les bancs non loin les poussettes parfois lèvent les yeux du journal rappellent à l'ordre le petit sortant du champs de vision moi repoussant la balle on vient lire à mes côtés et flux des travailleurs en majorité provenant du centre administratif peut-être des entreprises de la rue Delizy et ouvriers des Tubes Pouchard tous à leurs trains quai C direction Paris quai A la voie inverse terminus Chelles-Gournay ou Villiers-sur-Marne un petit en roller les autres lui demandant s'il peut sur l'herbe deux filles une chevelure frisée blond naturel une natte remarquablement noir brillant elles courent d'un bord à l'autre de l'étendue d'herbe où il tapait le grillage avant d'éloigner la balle et s'asseoir à côté de l'accompagnateur adossé au banc il y a le petit en roller c'est le même à chaque butée la chevelure dit un mot espagnol que je ne sais pas traduire l'autre chevelure suit ça se finit sans concertation la mère se lève à l'intérieur de l'espace jeux elle lève un bras dit le prénom.

18h49 sur le canal - au fil de l'Ourcq voyant bien tout ce que je ne sais pas photographier - acte manqué oublier son appareil - au demeurant assez belles trouées urbaines mais P. me dirait d'attendre la disparition prochaine du neuf en façade - Pierre Ménard, auteur du Quichotte j'ai quitté les enfants un fou sur sa mob-rallye sur un banc en fer l'assise basse le genou plus haut que le bassin et pli de laine il passe deux chiens dont je repère assez vite le propriétaire en vélo il passe deux vélos il passe une poussette il fume un arbre et un banc plus loin ne verrai pas le visage fripé sous le pare-soleil arrondi il revient gare la mob-rallye devant le chantier des trouées urbaines ils le rejoignent deux arbres et deux bancs et une passerelle plus loin des vélos se croisent mal il y a des gros mots dans l'air plus loin les gros mots veulent se justifier mais le père à la poussette ne dit rien qui tire sur la cigarette il passe un bout-chou monté sur roulettes l'accompagnateur la pousse depuis la descente-vélo de la passerelle elle prend vitesse il lâche le père à la cigarette tourne sur lui-même et regarde la fusée je regarde son dos ils se garent voiture sportive derrière la rambarde il sortent ils sont quatre l'un saute la rambarde à pieds joints un peu comme sur un cheval d'arçon les autres l'imitent l'un doit mal le faire ça chambre le père s'en va ils rigolent et il dit ça chambre grave il se forme un conciliabule incompréhensible puis l'un reprend la voiture conduite sportive on les retrouve plus loin avec le fou à la mob pétaradante et quelques canettes de bière grand volume puanteur assurée les ruines circulaires impression de croiser plusieurs fois le même type parfois à pied parfois sur deux roues entendant les métaux qu'on transforme en blooms ou autres dans l'entrepôt en briques rouges les Tubes Pouchard situé sur l'autre rive 19h41.

pensé à cette phrase - tout ce qui précède oublier - en faire une transcription à la Pierre Ménard - tordre la phrase qui dirait tout ce qui suit oublier mais bien sûr en gardant les cinq mots de l'original - avenue Jean Lolive face Église de Pantin prolongement suite sur la nationale 3 tombée des couleurs épanouies du soir ça commence à se voir un peu dans les arbres sur les façades et au-dessus.

chez le coiffeur - qui ferme à 20h - à côté de l'Europe Tabac - quasi face à la maison de quartier Les Limites - Pantin nord limite Bobigny passé le métro Raymond Quenaud je lis Bobigny sur Ourcq sur une affiche pour le 14 juin fête en ville continué lu un panneau Bobigny la folie rue de Paris c'est encore la N3 où passe le 147 je n'irai pas marcher comme à mon habitude dans la zone blanche qui fait face à la déchetterie Syctom aux masses de papiers cartons emballages couleur pré-recyclage vomies par les camions Veolia sous les éternelles lumières jaune-puant la zone définitivement rasée des ex-rassemblements provisoires de ceux qui vivent sous la tôle et les cartonnades de tout bord ce site donc étant sous surveillance 24h sur 24 j'ai repéré la twingo le type habillé de sombre et le chien muselé pour l'instant pas de chantier excepté qu'on y amène l'eau potable.

un arrêt de bus tagué - vieux modèle armature en acier peint qui fait penser à ces tristes cellules de mise en dégrisement qui sont au sein de nos services d'ordre public - Bobigny la folie avec senteur grillée du trafic routier laissant passé les bus à l'ouest le ciel de 20h44 j'indique à un passant que le précédent bus étant passé depuis une dizaine de minutes le prochain ne devrait pas tarder quand il arrive justement ce ciel a la couleur rose des gencives de léopards à 20h58 devant la câblerie Daumesnil puis la loterie à Babylone.

une ZI avec relents industriels - en fait la Z.A de l'Ourcq - marchant en parallèle d'une ligne de peupliers rappelant la présence du canal non loin au 45 il y a marqué veuillez vous présenter au 49 - mais au 43 on renvoyait déjà à l'entrepôt 47.

une ribambelle de petits - mais suis passé de Bobigny en Bondy puis sous l'A86 - avant le prochain Pont de Bondy où tient en suspension l'autoroute A3 qui fait la jonction avec l'A1 en amont sortie Aulnay-sous-Bois avec l'A86 en aval direction le Pont de Nogent et Créteil ou encore la même A3 menant à Bagnolet et l'entrée périphérique du Nord-Est - pas moins de six plus un chien à deux couleurs poils courts comme certains chats elles marchent ils se coulent sur le peu d'herbe devant l'entrepôt Decathlon elles continuent au pas lent elles dépassent mon banc la marmaille les dépasse qui reprend un peu d'herbe à se rouler dessus comme le chien à la queue levée elles ramassent les jouets et bouts de tissus qu'ils laissent traîner derrière ils prennent à droite sous le pont de l'autoroute suspendue A86 j'avance je le vois remontant son bras du fond d'une poubelle je le suis puisque c'est mon chemin il s'arrête et je pense il pisse contre le béton et non il ouvre une grille c'est chez lui sous le pont à 21h22 assis sur le banc où je verrai passer la marmaille et les deux mères aux cheveux longs moi en A fixe eux en B mouvant autour de A vers le pont C un autre type s'approche dangereusement de mon livre ouvert ses mains ont une couleur marneuse il a veillé la pierre l'a transportée a manié les fontes tourné les vannes agrippé les treuils manipulé les tonneaux les cribleurs les godets déposé la pioche malaxé le mortier remué les gravats dirigé le béton frais sorti de la goulotte du camion-toupie.

y-a-t-il un lieu propice à chacun des huit textes qui tournent en permanence ainsi que le désigne le chiffre 8 - les mots labyrinthe 1001 nuits infini revenant régulièrement dans ces cosmogonies JLB - la bibliothèque de Babel 21h45 passé le pont de l'A3 début de pénombre via les nuages infusés bleu-perdu maintenant gyrophare bleu-sonore d'une voiture de police conduite sportive sur l'avenue de Rosny soit la ville de Bondy phares blancs des voitures qui commencent à éclairer le sol en néon vert-pomme HOTEL surplombe le pont d'Aulnay soit la ville du même nom passé devant les multiples halles aux chaussures les concessionnaires les vendeurs de grosses voitures les grossistes ou entrepôts ramassés du confort domestique moderne proposition de crédit pour achat futon et autre intérieur design les parkings sont vidés à 21h55 les réverbères s'allument blanc à jaune-orangé maintenant vue astrale sur des néons publicitaires de SALONS CENTER clignote rouge SAL CENTER il y a des colleurs d'affiche non loin le Mac Donald du coin et face au Mac Do il y a le néon rouge BYBLOS c'est un restaurant cuisine traditionnelle mais je ne sais pas le pays.

la nuit - et sa senteur spéciale - à côté des lumières artificielles que les métaux renvoient - les feuilles de platane allumés jaune des réverbères - l'examen de l'œuvre d'Herbert Quain Carrefour de la Fourche 22h15 dans un autre bar de l'Europe avec jeu de fléchettes dans le fond mais il faut repousser les tables et les chaises derrière la serveuse chevelure platine un jeu de bouteilles plus verres éclairés en vert et rose je ne vois plus bien des silhouettes qui marchent au devant les chez-soi sont en veille-T.V. les murs bleu-froid - s'imposer un avenir irrévocable comme le passé - la nuit s'épanchait et la lune basse et ronde semblait accompagner - la soirée était intime - infinie - je repense au personnage invisible qui du haut de son balcon irrespirable me balança un morceau de pain rassis - il visa ma tête et la manqua - continuant vue néon rouge Les Délices de Bombay c'est un autre restaurant le vent s'est levé ou alors c'est la chaleur disparue qui me le rappelle maintenant la rue après le bar vert et rose et de plus en plus d'éblouissements dans cette rue une mère je crois tenant une pastèque et la petite fille toujours pas couchée est-ce qu'un jour je pourrais être comme ça pousser le landau m'asseoir lire un journal et regarder les enfants la petite tient la main de sa mère qui tient la pastèque dont la tranche rouge à pépins noires colle sur le sac plastique SAL CENTER caractères que je vois scintiller seuls au-dessus des façades SAL CENTER caractères que j'isole volontiers pour n'entendre plus que ce grésillement rouge SAL CENTER témoin à sa manière que l'univers ou disons la bibliothèque est illimitée et périodique SAL CENTER ce rapprochement aléatoire sans signification apparente n'est pas fait pour me surprendre la période existe au sein d'un continuum plus vaste où la mesure perd toute mesure au profit de la Mesure ici l'aléatoire se change en mesure - je lis le jardin aux sentiers qui bifurquent - tout est consigné quelque part dans la ville.

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05/06/09 nuit

04/06/09

je me renseigne sur le nom, et ça n'est ni Cosne-sur-Loire, ni Neuvy-sur-Loire, car je suis sur l'A10 et non la 77 ou dans le train qui remonte de Clermont à Paris, mais encore Saint-Laurent-Nouan et donc ces énormes tours réfrigérantes qui font penser aux Symptômes de ruine, ou plutôt relire via les générateurs internet. je savais qu'elles viendraient coïncider avec mon pare-brise. le compact-numérique était prêt, sur le siège passager. je le gardais éteint pour économiser la batterie. il y avait eu Châtellerault - La Roche-Posay, il y avait eu Poitiers, puis il y avait eu Tours - Saint-Pierre-des-corps, enfin Blois et cette échappée à distance réglementaire de la Centrale. même à 130 km/h, l'éloignement et les environs rasés nous permettent de la scruter pendant deux bonnes minutes, le temps nécessaire pour la capter comme on peut c'est-à-dire à l'aveuglette l'appareil tourné vers l'arrière et un œil rivé sur la route lorsqu'on a déjà raté deux trois vues où seuls des arbres étirés et des zinguières de sécurité auréolées de panaches insignifiants étaient apparus sur le mini-écran à bout de bras, le temps aussi d'effacer ces étalements (mon appareil n'enregistrant que 50 vues, j'étais arrivé au bout depuis Tours, ce qui m'obligeait d'enlever, en temps à peu près réel, les déchets accumulés). ensuite il y aura Meung-sur-Loire, une station-essence avec la coquille SHELL et en arrière-plan une série d'éoliennes à trois pâles et phares de position avec clignotements-synchro émettant un sillon blanc au-dessus des collines de la région Centre, un monument fin XXè très laid appelé Les Flèches, le péage de Saint-Arnoult qui est le seul arrêt que je pratique dans la vallée de Chevreuse, d'autres noms qui acheminent lentement vers les préfigurations artificielles de la grande ville.

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04/06/09

03/06/09

rouge











des vitraux en pare-sons - pour lesquels on a retrouvé un rouge cistercien.

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03/06/09

02/06/09

une trouée - ce rêve - à mesure qu'on rogne les parois circulaires - s'avancent l'heure du réveil - et la disparition - le mouvement creuse - le vide en plein - soit l'instrument de forage colonne frangée d'images ou blandices réduites à des coins - des angles de reprise - images repoussées aux bords à dissolution rapide puis plus rien.

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02/06/09

01/06/09 nuit

A












A - le monde par ses claires-voies.

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01/06/09 nuit