07 janvier 2009 - 07 janvier 2010




31/05/09

dans certaines contrées les vapeurs qui forment les rêves soufflent de la sorte que plusieurs individus peuvent en être affectés à l'identique sur des périodes très courtes. outre les rêves gigognes dont les strates inédites et sans-après ne dépendent que des tempéraments et antécédents de tout un chacun, il y a ces blancheurs qui s'aplanissent en une couche uniforme sur plusieurs foyers bien ciblés. leurs affectations, tout d'abord hasardeuses, pleinement aveugles, se déterminent finalement selon d'une part la topographie, d'autre part la toponymie des lieux traversés. c'est ainsi qu'une nuit un de ces rêves monocouches me visita. il était question d'un certain Echenoz. on apprenait que ce même Echenoz écrivait un livre sur la ville de Pantin, Seine, et c'était même son prochain livre à sortir où Pantin apparaissait en titre. une caisse des dépôts de rêves à caractère anonyme (on le déduirait en retranchant les contributions trop personnelles, en somme tous les cas isolés) révélerait que je n'ai pas été le seul à songer la proximité de tels noms.

les informations de ce Grand recueil seraient si simplifiées, réduites à un ou deux objets significatifs, qu'on s'entendrait à écarter la manière volage qu'ont les blancheurs d'arrimer en chacun, pour admettre la similarité des vues et révélations déposées.

ensuite, il serait facile de retracer toute une ville selon les affinités et les variables géographiques.

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31/05/09
(Jean - de Pantin)

30/05/09 nuit

d'effrayantes lenteurs, nullités, à côté de grands mouvements sapinaies, et rouleaux, mais encore incapable face, sensation de mer, peut-être le vent, impossibles phrases de ce moment, bien des jours où ça force, continue désespéré, tourne mon bâton dans le résidu pâteux, et ce temps au beau fixe, infidèle à dire, espérer, contrariétés fin de mois.

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30/05/09 nuit

29/05/09

un instant-fissure où on se voit penser - ensuite blancheurs du rouleau de nuit - comme on se regarde dans des miroirs sans fond - comment dire la totalité passée depuis ce point immobile - reculé d'avant les blancheurs - prendre à partie l'expérience nuit en se concentrant sur cette part d'opacité blanche - à refluer au point noir.

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29/05/09

28/05/09

veiller les Hommes-Chiens qu'on voit passer dans les livres du désert de Lybie - je voulais qu'ils impriment la nuit aux parois rognées des vapeurs blanches qui embaument le corps à plat-dos sous les draps - leurs têtes alongées viendraient se courber tout autour - ils me verraient autant que je vois leurs yeux caves.

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28/05/09

27/05/09

rien. des rêves. dans le temps si compact où le visible côtoie l'invisible. de jour on tente d'arrêter l'infime parcelle où on était à se dire qu'il faudrait faire durer un petit peu. puis vint la nuit, agitée comme lorsqu'on se couche dans un endroit inconnu. peut-être que quelque chose noir ne supporte plus la vie qu'on mène, celle-là passée qu'on traîne à la surface. les vues se multiplient à s'obscurcir. on aurait peine à reprendre cette première parcelle de la veille où on était à vouloir une durée. il reste des voix nous parvenant dans le rouleau de nuit, des bribes d'images dont on sait qu'elles étaient tout autant le rêve, peut-être un apport de mots dont il faudrait se souvenir. mais encore rien. saveur blanche. je commence plusieurs activités. je n'en finis aucune. elles me dépassent. j'ai l'angoisse de ne jamais les terminer, ni même les commencer. il y a des couloirs de peintures molles, fraîches, partant à l'eau, à côté d'autres repères où quelque chose me pointe mais je n'arrive pas à faire passer outre le réveil. pourtant je sens bien qu'un seul point ravi à l'inconnu me ramènerait à cette parcelle, infime, où on était à se dire qu'il faudrait faire durer un petit peu.

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27/05/09

26/05/09

possédant l'inventaire de toute une ville - tu sépares les noms avec l'encarteuse d'un aïeul éloigné elle était avec le testament boîte-cloche en carton aux angles agrafés d'épaisseur 5 centimètres format standard - la machine est dotée d'un bras-levier pour le déplacement des registres - tu reprends la liste alphabétique - c'est au commencement.

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26/05/09

25/05/09

je sortai de là de frais matin la chair, j'arrivai à l'endroit voulu j'entrai dans un de ces Gostinny Dvor du grand Paris, je commencerai l'Atlas de J.L.Borges et Maria Kodama, je lirai l'incroyable modification du Sahara, mais cette pelleteuse maintenant, n'est-ce pas encore l'archétype de ce grand livre.

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25/05/09

24/05/09

ciel vaporeux bleu peu prononcé au retrait soleil-bas un nuage dessus en tache aveugle colonne frangé blanc - tout autour halo réverbérait à lui seul nuage projetait son ombre sur quelques poussières alentours il - suffisait pas nuage plus ombre apparue ce halo ce pâle comme ombre claire il était mais dissipé l'œil redescendu a quitté champs.

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24/05/09

23/05/09

De Sargon II


rangement table et environnement bureau - à perdre patience - tendance à entasser fini vider tout ça - voir des choses pour la dernière fois - et trouvailles à jeter - dans le temps à se débarrasser c'est vitesse à garder peu - violence débarras sans retour dans le geste de virer sauver peu - trouvaille un cahier Clairefontaine 21x29.7 vierge 196 pages petits carreaux couverture bleue on sauve - photos que je découpe en 2 et 4 et 8 éloignant nos faciès d'images sèches - appareil photo Konica Autofocus jamais servi poubelle bien - 13 bobines de film trouvées sur brocante avec écrit sur la galette en fer rouillé CORAFILM 13 - Black et White Intermedio 1960 La Rosa version espagnole 15/09/60 Carlos Latarre Vénéziano Me Rouge et Me Bleu pour Vénéziano son seul Espagne poubelle bien - bouquins de Maths Sciences Eco poubelle bien garder bouquin d'Allemand pour retour langue allemande - factures irrécupérables poubelle bien - plaques de verre avec couche d'émulsion photographique fétiche on sauve - à coups de sang on jette la main ne retient plus le temps avec ces choses sédiments ces petits sentiments décision couperet passer à l'autre tant pis pour les erreurs mais combien d'inutiles - toujours garder cassettes audio dois avoir quelque chose comme l'intégral Monk surtout des raretés enregistrement vinyles - les coquillages fétiche garder - les pierres fétiche garder - les compas appareils de mesure fétiche garder - stylos asséchés poubelle bien - pinceaux et bambous à déliés fétiche garder - garder les crayons - pellicules 24x36 non développées trop de retard on garde opaques - lettres beaucoup à jeter à quoi bon arrivées à bon port - mes dents molaires canines laits sagesses fétiche petite enfance on sauve - agendas jetés jamais servi des agendas - notes jetées qu'est-ce que je fous avec autant de notes - nom prénom et téléphone impossible de se souvenir poubelle bien - des bouts de phrases Jakobson note La forme n'existe que répétée - vieilles mines photocopies des Passions de Le Brun l'officiel poubelle bien - lettres aïeules on se doit ne pas - un carton expo Otto Dix Dessins de guerre 1915-1917 12 avril 24 juin 2006 Haus und Hindernisse Maison et Barbelés 1916 mine de plomb sur papier brun 290x290 mm on sauve - bouts de savon fétiche on sauve - galets poncés en bois du mûrier m'en souviens faudrait reprendre cette pratique on sauve - quantités de crayon IKEA - une lampe de poche avec gravé Philips compact sur plastique noir souvenir des lampes de poche carrées métalliques rouge vert et bleu pétrole que mon grand-père gardait dans ses établis et autres crédences et le soir venu toujours des occasions de s'en servir - une pince à tendre les toiles sur châssis servie une fois garder bel objet - faire la poussière toute une après-midi pas fini - l'image du pied-bot de Ribera jamais quittée ce bureau on sauve - savon dans son papier-hôtel poubelle bien - bandes de papier coupées 4 cm sur 30 on sauve fétiche à dispos si noter ce qui passe beau papier fabriano 100% coton 180 gr - l'image d'un fenek face d'un ticket ménagerie du Jardin des Plantes - une liste de noms importants Julia Margaret Cameron Talbot Hill et Adamson Charles Nègre Gustave Le Gray Félix Teynard Roger Fenton Gabriel de Rumine Alexander Gardner Aymard de Banville Charles Marville August Sander J.A. Boiffard Lee Miller Robert Capa Becher Wols Schwitters - dessin A. Artaud photocopie dans recueil minotaure titre La bouillabaisse de formes dans la tour de Babel - une bougie rouge rien à faire poubelle bien - un poker d'as avec écrit fabrication française sur étui carmin - des fusains avec écrit étui de 5 petits buissons qualité mi-dure - des miroirs arrondis - on y voit mieux sur ce bureau surtout des pierres des coquillages des rouages de montre inséparables outils de coupe et mesure des savons des crayons-bois un marteau du matériel à broyer l'encre de chine en bâton des cales d'imprimerie en acier un polyèdre à 8 faces en papier - quelques photocopies - le Clairefontaine bleu - Otto Dix - le reste en images regarder impossible - des voitures miniatures garder à mettre sur le haut des meubles ou avec les livres - collection de monnaies étrangères commencée petite enfance avec grand-père garder inséparable il en gardait précieusement des classeurs cuirs entiers dans la crédence j'y avais droit jeter œil par rareté peut-être le trésor que je peux dire - des journaux des revues poubelle bien garder cet article d'un fossile pré-lémurien & pré-singe vieux de 47 millions d'années dont on veut tout faire dire jusqu'à preuves du contraire appelée Ida du nom de la fille du directeur du muséum d'histoire naturelle d'Oslo Ida pesait entre 650 et 900 gr et mesurait quelque chose comme un mètre c'était une jeune femelle âgée d'environ 9 mois mais comment peut-on fossiliser le nom de sa fille avec ce qui entre au musée - le pied-bot - les pellicules de l'opaque - une calebasse provenance cadeaux voyage portugal - garder fétiche cartouches Watermann bleues on entasse - garder vignettes La Rochelle 6x8 cm la présentation GREFF permet aux amateurs la constitution de belles collections de photographies d'art qui ne comportent sur les images ni textes ni numéros 1 Vue générale 2 Le port Tours de la Chaîne de St-Nicolas et de la Lanterne 3 Le port et l'église St-Sauveur 4 L'entrée du port 5 La tour de Quatre Sergents 6 Le port et le quai Wilson 7 Les tours de la Chaîne et St-Nicolas 8 La grosse Horloge 9 Le mail et l'étang des Cygnes 10 L'Hôtel de ville - quelques lettres jeter à retarder - passer plumeau poussière une après-midi pas fini - quelques plaques photographiques - l'image d'un cerisier que l'artiste contemporain a déterré jusqu'à l'atelier l'a suspendu à l'horizontale l'a fait tourner devant le dispositif d'enregistrement avant de le rempoter au jardin loin l'atelier de mise en lévitation l'arbre en fleur est tenu par une haussière nouée plus proche de la souche pleine de terre que des ramures aux bourgeons éclos blancs - une gorgone l'organisme des fonds marins - une photographie de classe quatre rangées le prof debout à côté - qu'est-ce qu'on attrape tout ça jamais vu reste matières pierres coquilles aciers bois - le fenek - poussière pas fini note Suivant l'élan de mon coeur j'ai construit une ville dans la plaine de Ninive au pied du mont Mousri et je l'ai nommée Doûr-Sharroukîn De seize mille deux cent quatre vingt-trois grandes coudées ce qui est la valeur de mon nom j'ai établi le périmètre de son rempart et je l'ai assise solidement sur le roc puis plus loin ceci Quiconque détruira l'oeuvre de mes mains effacera la relation de mes exploits qu'Assour le grand seigneur détruise son nom et sa postérité de la terre - et ceci - Sargon II (721-705).

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23/05/09

22/05/09










périph hôtel coucher bnf vie.











conduite lâche même sportive étrangement opposée à l'humeur du moment m'inquiète plus à fixer un point n'importe lequel via l'appareil numérique on roule bien à rogner les lignes et murets je roule par derrière l'image oubliant la route je lève l'appareil pour suivre tous les mobiles à l'intérieur dudit cadre puis j'équilibre l'appareil face au décor je ne regarde plus que par vitre abaissée comme un chien y passe la tête mon bras positionne le poignet plus attelle numérique je mets sous tension oublie l'appareil déclenche le décor reprends la bascule-route où elle en est cette conduite façon d'échappatoire en ce moment si peu dans la ville que je la regarde de loin corps étranger via route circulaire prendre vitesse d'où on voit ce vers quoi on pourrait ralentir sortir se ménager une marche en ville une de ces fins-de-jour comme il va y en avoir bientôt passer en ces friches qui sont sans barrières pas encore barrées réglementées sécurisées gardiennées nommées libres d'accès guetter ces lieux ces temps ouverts où il y a des possibles de mise en route images et tournerie pas et images dans la voiture penser encore cette vieille phrase de Maïsetti ce qui passe au dehors produit sur nous l'immobilité qui nous le fait voir nous réduisons le flux jusqu'à le voir passer fixe ou c'est l'extérieur qui se charge de tout sensibiliser ensuite vu ces tics à la rénovation urbaine à Gagny Rosny ou encore Clichy même politique à badigeonner blanc clair les façades HLM habitation à loyers modérés anciennement HBM habitation à bon marché on signe pour cinq ans de façades blanc clair qu'est-ce que ça change une couche de peinture ça joue tellement sur le moral?

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22/05/09

21/05/09

on commence par un sentiment d'irréalité qui ne nous quitte plus que pour des dehors traversés de peu de réel, s'il en est même encore, puisque ce dernier, devenu autre réel, n'a plus toutes ses références de départ, et autrement plus compliqué que la proposition comme dans un rêve, ce n'est qu'apparitions et tout ce qui emporte, qui importe au sujet énonçant, augmentant et mystifiant le sentiment de réalité du sujet lisant à ses frais, dans un endroit généralement clos, simple prolongation matérielle s'il en est, les dernières livraisons à maintenir l'édifice.

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21/05/09

20/05/09 nuit

Ce qui passe au dehors


s'il y a un infranchissable entre le moment de la Photographie face à son sujet, vérité à laquelle on ne coupe pas, et le moment second où on est devant l'objet photographié, finalisé, proposé à tout regard, que ce soit une pin-up, le dernier président des États-Unis, un paysage florentin, la guerre de Crimée, un poste d'aiguillage du temps de la Général, la peau d'un cheval pantelant à un arbre, baudruche toute dégonflée comme sortie d'un Caprice de Goya bien que ça soit les tranchées de la Grande Guerre, un panier à têtes, une galerie des morts.

comment reconstruire l'image en injectant du langage, autre intention, reprendre l'expérience à son lieu de tensions via cet infranchissable de l'origine, ça s'est passé?

évoquer l'image, la native, par ses éclats successifs dans le temps, ce qui implique des choses, idées, espaces, mouvements, qui ne sont pas toujours dans l'image-mère, mais seraient convoquer pour rendre plus nature, et garder à juste distance?

une image - indivisible de son fait - prolongation du caché?

comme si elle n'était là que pour invalider tout discours - fausser perpétuellement - plus sèche en retour?

qu'est-ce qu'une image vraie, une image présente, encore pressante au regard, rappelant l'éclat blanc des pressentiments, rare dans le tumulte, la poussée, et qui tire son épingle du jeu de ce que le processus photographique en a capté son air, pour une fois, ce qui en fait un spectre attenant à nos vies de regardeur?

Roland Barthes parle d'une ombre claire.

un rassemblement de mots - comme tranché dans la masse - péremptoire qui le rapprocherait de l'image brute - circonstanciée - vénérable - bluffante parfois - plus souvent enregistrement mécanique sur quoi on n'a rien à ajouter - aussi vue rien que studieuse - on vérifie les référents et on passe - ce couperet de mots - ce tranché maintenant - soit l'imaginer mur à spectres - dans l'épaisseur.

ou encore, après tout mon fatras à éclairer noircir fatras, lire Arnaud Maïsetti, dans La Mancha, on est dans un train mais ce pourrait être ailleurs :

ce qui passe au dehors produit sur nous l'immobilité qui nous le fait voir.

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20/05/09 nuit
(Arnaud Maïsetti & Jérémy Liron : La Mancha, sur publie.net)

19/05/09 nuit

soir. assis au bord du lit. à desserrer un peu les quatre fers. dans l'attente du rouleau à imprimer d'autres blancheurs à notre nuit? autre réalité où déraper. ou la même à faire bloc devant tout effeuillement. il n'y a pas le jour et la nuit mais la nuit sous diverses intensités de lumière.


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19/05/09 nuit

18/05/09









une ville, fameuse, où on est deux trois jours seul avant de reprendre avec d'autres, sans tarder on descend aux lieux de plus forte énigme.

une paternité, dont on ne sait rien que ce bout de chair même pas beau qui ne vous ressemble en rien, on demande des explications à la mère, on voit la mère accroupie de la mère une balayette à la main sur du linoléum, des figures familiales s'ajoutent en coins dans le studio, sur leurs pieds de guerre comme si chacun demandait des comptes, la mère va éteindre la T.V. mais le son continue avec l'écran noir le bouton on/off encore vert je vais mettre au rouge puis rallumer la T.V. afin de l'éteindre définitivement avec le son, elle ne fait que repousser des mottes de terre qui s'effritent sur le linoléum couleur bois, elle est très nerveuse de ce que je demande des explications, tous, ils ne supportent pas que le son ait été brusquement coupé, l'image, passait encore, mais le son.

une tour, dont je connais le nom et la situation géographique, sur le troisième ou quatrième étage on a ficelé un panneau - à vendre -, pour ledit bureau, ou la totalité verticale?

le reste, inconcevable en ces multiples plis sur plis, encore mortifère, et prolongations jusqu'à des heures tardives (insupportables comme la mère et la mère accroupie de la mère) qui ne sont pas faites pour ces régions mentales en permanence retournées, bien qu'on fasse un peu la même chose avec nos miniatures d'Épinal, nos cartes postales d'historien manqué, nos déplacements du cadre à photographier la ville qui se recompose sans arrêt, plus toutes les réminiscences sonores, et vases communicants des échos, peut-être les seuls intercesseurs qu'on retrouve aux deux bords.

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18/05/09
des filages de tête, des morsures comme deux bêtes dans le temps du sommeil, ou plutôt tout ce qui passe quand on veut juste lever la tête et s'adosser devant des plaques d'images qui sont comme des yeux ouverts à faire peur et qu'on ferme et redescend pour remonter et ouvrir sur les mêmes fixités ronds noirs dans amandes blanches et toutes les blancheurs qui filent des bouts d'histoire, des inconséquences de temps, des images de parents et d'impardonnables consécutions familiales, des têtes et petits corps qui se ramassent et foncent en boules, roulent jusqu'à disparaître dans la largeur, des cous étirés comme des poteaux qui balancent comme des tiges de métronome placées à chaque intersection mangées par les blancheurs des bas-côtés, parfois il n'y a que le haut de rongé, bauge de fluides mélangés, parfois les têtes même, coalescentes, grossissent entre-elles, et s'allongent, images qui investissent chaque partie du corps, autant de mâchoires qui épuisent le corps, quand ils desserrent on s'éveille à une plaie et un liquide tiède et froid et blanc coagulé en rotule qui est encore - un des baillons.

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17/05/09

16/05/09









un homme, devant la peinture, la vieille, la très vieille et sans âge, du temps jadis où quelques chasseurs ont mis leur cœur de fauve à animer les parois de ce qu'ils venaient d'affronter dans l'espoir, dont on n'a par ailleurs trace, de revoir ce qui les nourrissait bien d'une année sur l'autre et que les diverses forces qui peuplaient souvent la nuit, parfois le jour, prendraient acte de ces objets visibles alors qu'ils seraient à nouveau à battre la forêt de leurs os érectiles, tout ce que les vieilles puissances auraient enfanté en bêtes à cornes et mufles du combat à mort, et la peinture, l'autre, la même, qui tient d'elle-même et tient tous les musées à fortiori les visiteurs de musée, pâte de tous les genres et dilutions de matières confondus, pétrie d'affaires temporelles, qui descend au noir ou s'assombrit et fait ou nourrit les hommes qui la restaurent, ceux qui par marteaux la vendent, ceux qui par émissaires la commandent, ceux qui par marchés la revendent, ceux qui par commissaires l'exposent, enfin ceux qui alimentent le feu, sans compter ceux qui par goût usent leur temps à la scruter comme d'autres assistent la tauromachie, peinture qui est patine plus brillante, encore qu'elle tire au mat et on l'a dit, au sombre ou pâte des choses un peu intemporelles cette fois-ci, que la boue dont elle est aussi promise, et extraite, la peinture donc, qui ne passe pas quand l'homme qui la besogne, quand l'inverse ne se produit jamais, passe.

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16/05/09

15/05/09










hypermarche.

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15/05/09

14/05/09

se rapprocher d'un lointain en gardant ses distances à l'objet brut - soit 2 points référents A et premier B ou deuxième A 100 poteaux entre prélever 1 seule mesure pour stopper le processus entamé des pas de labour piéton autour des piliers ou points d'arrêt d'où le reste est visible - marquer au sol et reprendre un piquet en arrière.

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14/05/09

13/05/09 nuit









un nuage noir infusant dans un ciel épais de la couleur des fleuves à deux saisons dont la montée des eaux brunes exerce l'implacable droit de vie ou mort. j'étais dans la voiture. essuie-glaces plein régime. les goutte-pics comme des balles de golf qui sautent sur le capot et enfoncent toute carrosserie. sur les lambeaux de route des coupures d'arbre dans tous les sens. évite des nids de poule. vois des lapins de garenne. devine la terre molle. la départementale ressemble à ce canal qui court en contrebas. même ébranlement de surface. des voitures en warning sur les bords de route. les feux de signalisation n'affichent rouge ni vert. de toute façon on n'aurait pas suivi. un poteau sauvagement rabattu comme à fendre tige et emportant la ligne électrique jusqu'à toucher terre. en ville. les voitures revenues avec des branchages de partout comme au sortir d'une forêt tout terrain non balisée. je vois une substance blanche sur les bas-côtés. impossible de déterminer ce que c'est. sorte d'écume. je pense à du pollen irrigué par l'orage. ou encore ce mot mondmilch rencontré il y a peu dans un livre. c'est en fait la grêle même. si on appelle grêle ces calots de glace.


rêve. un chat rouge. pendu à la traverse d'une porte-fenêtre. je ferme d'un coup sec. maintenant rien d'autre que des boyaux écharpés. je le pensais à l'extérieur. temps d'arrêt où je vois son visage et petit corps façonné d'os. plus rayons intraveineux. allers-retours dans la pièce. un moment je cherche un sac plastique pour enlever toute cette chair collée rose et dégoulinant rouge qui laisse entrevoir des cartilages blancs. l'obsession de se débarrasser de la viande plus forte que celle du crime passé. mais j'abandonne le sac.


une tour bétonnée et si on s'approche on voit quelques coulures aux finitions rien que de très banal si on en oublie que c'est un trop-plein l'intérieur a été bourré ainsi qu'un gobelet rempli de plâtre ou un tube de filasse.


arrivé sur Bagnolet le BP Nord est fermé - ferai totalité du périph par l'intérieur - retour dans la nuit - fatigue - œil lourd - dans ce cas je me mets sur la file de droite - avec radio - dans l'attente d'une sortie.

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13/05/09 nuit

12/05/09 nuit

Numéro deux


clinique Floréal, Bagnolet. ascenseur à l'étroit. passé une porte-vidoir. box 3. au-dessus du lit sur roulettes l'inscription 3A. trois prises avec écrit noir sur blanc oxygène blanc sur noir air blanc sur vert vide. à l'entrée avec rideaux à tirer un gel désinfectant daté du jour 12/05/09. une sur-blouse. sur le lit un tablier à usage unique. un bonnet de maintien des cheveux. la même chose pour les pieds. vue sur les Mercuriales. environs deux kilomètres depuis la fenêtre avec rideaux à manivelle. vue sur des jardins pavillonnaires. certains avec balançoire et potager en friche. toitures plates des annexes du centre médical avec climatiseurs dans un reste de pluie. parking privé des médecins administrateurs intérimaires en service. cour avec passages fréquents des différents services patients et tout public. un médecin ouvre sa portière et fume. l'animation d'une école primaire. la récréation. la vie au bloc opératoire. des bandes thermocollées blanc délimitant une place de camion-ambulance avec écrit blanc sur asphalte réservé ambulance. le silence de la patiente qui partage la chambre derrière le rideau tiré beige. faire coulisser sans ébruiter les anneaux de fer sur la tringle plantée au centre du mur sur lequel est adossé les deux têtes-de-lit. on peut faire pivoter la tringle mais également la rétracter. une tablette à nourritures. le brancardier. vérification d'identité du patient. pas de bijoux. pas d'appareils dentaires. pas d'outils coupants. pas de piercings et autres boucles de langue. soulever les bras. rentrer les coudes. sur le plan dur de la civière s'immobiliser. décubitus proclive soit la tête plus élevée que le bas. à position plat-dos il soulève les barres de protection latérales. il rabat une couverture verte sur le corps. il manoeuvre les hampes de conduite. il débloque les roues. bracelet étiqueté aux nom prénom adresse numéro de sécu. plus un numéro inconnu à la suite des lettres DOS. lilas. cerisiers. un platane. un érable. des marronniers à cônes blancs. des marronniers à thyrses rouges. les deux tours d'entrée et sortie du périph. des vélux. des cumulus. chaleur de véranda. impossible de lire quoi que ce soit du livre posé sur la tablette. un médecin cherche une infirmière. un patient ne retrouve pas sa chambre. elle mange une biscotte puis une pomme derrière le rideau tiré beige. collines et lointaines forêts domaniales du Nord-Est. peut-être jusqu'en pays Briard. une maison avec trois fenêtres aux volets clos en bois sur la largeur du mur côté jardin. un chemin dallé traversant un potager en son milieu. un tuyau gainé jaune filant dans l'herbe. une balançoire. un appentis sous lequel il y a des rondins. de la salade. des pieds de tomates. des pieds avec tuteurs. de la terre retournée. des lattes de bois délimitant des parcelles. des lattes de bois pour poser les genoux du planteur. sept lumières haut-perchées d'un stade avec gradins intégrés au reste de la ville. un chien ou plutôt ses aboiements. une table qu'on essaye de déplacer. des merles. les murs blanc-cassé ont des protections pour amortir les chocs de brancardages musclés. renforts comme des plinthes rehaussées jusqu'à mi-corps du mur. une infirmière apporte les dernières revues. le service tourne. le brancardier marche dans la cour. un aide-soignant monte un escalier à vis extérieur menant au premier étage de l'annexe. une dalle en béton a été embranchée au-dessus du perron. rajout inefficace en cas d'intempéries. un médecin de garde en blouse blanche déboutonnée. il tient un portable au niveau de l'oreille droite comme on le fait d'une conque. tout en lisant les inscriptions préventives au dos d'une boîte cartonnée blanche. il rentre dans le bloc des formalités administratives premières prises en charge prises de sang tests préventifs mises en route des soins calendriers et instructions. un cuisinier avec une toque en papier plissé blanc. lents mouvements perceptibles des branchages d'un résineux dont la cime arrive aux environs de la fenêtre du troisième. mouvements du platane plus loin. l'agent d'accueil traverse la cour. il suit le cuisinier. il porte une cravate rouge et un attaché-case. ça n'est peut-être pas l'agent d'accueil. cette réserve à cause du porte-documents et de la cravate. voix d'une petite fille. une infirmière de garde aux cheveux bouclés roux sort avec un stock de médicaments tenu contre le flanc gauche comme on porte des cartons de déménagement. les climatiseurs sont surélevés d'un petit décimètre de pied-support. ils ne sont pas en contact direct avec le reste de pluie qui marne d'une couleur bordeaux lie-de-vin. quelques feuilles de chêne roux qui infusent. un homme habillé en civil en haut du perron un portable à l'oreille une chemise blanche tissu transparent. les pales d'un climatiseur s'accélèrent avant de ralentir jusqu'à l'arrêt. l'infirmière Nora dit monsieur Gallo 401 c'est la chambre derrière la machine à café. une confusion dans le planning du bloc opératoire. on vérifie l'ordre de passage sur le tableau émaillé blanc. le patient est arrivé trop tôt. Nora a une blouse bleue et des sabots en caoutchouc anthracite. la récréation. le patient transporte ses résultats radiologiques dans une grande enveloppe cartonnée blanc. dans la salle de réveil. un sucre à dissoudre dans un fond de gobelet. au téléphone Nora parle de l'épidémie de grippe A. sonnerie suraiguë. le combiné est au bout du couloir sur un tabouret situé devant la salle d'attente. les cheminées les tours les voitures parquées les maisons les îlots les toits en shed des carrosseries quincailleries huisseries métal et bois serrureries menuiseries rénovations et maintenances devis sous deux jours. roulement civière. les jambes rasées. le ciel inchangé. déflagrations d'un hélicoptère. le personnel du niveau trois. en marche et relais perpétuels. briques rouges. balcons. une marquise en fer forgé. un atelier avec vitres opaques au fond du jardin près le potager les pieds les tuteurs. un cèdre du Liban. deux corneilles. l'élève-infirmière cherche la veine pour placer le cathéter. attente dans le couloir. le serre-dent. vérification de l'identité au bracelet. le rythme baisse. sillon blanc. elle ne se souvient pas si le signal émettait un bruit à chaque passage de sonde. au-dessus du moniteur elle peut se concentrer sur la pulsation-minute et influer sur le nombre qui descend de 105 à 75 puis remonte. troisième cigarette pour le médecin de permanence blouse déboutonnée chemise orange. la prise téléphone est dans la salle d'attente où on peut lire des revues de chineur. Peugeot Rubis Inox corps et trémie inox, couvercle plastique, écusson rouge, bleu et doré, 220 volts, années 1959/1975 ; Moulin électrique SEV mura, en métal et verre épais et granuleux, très lourd, le godet se bloque sous le moulin, le bouton du milieu sert pour le réglage de la finesse de la mouture, 100 volts, années 40/50 ; PB Made in France, fabriqué par les Moteurs Universels Bertrand, corps acier laqué blanc, trémie inox, socle et couvercle plastique, 220 volts, années 50 ; Peugeot Lionceau avec sa boîte, corps et trémie acier laqué blanc, couvercle plastique, écusson bleu foncé et doré, 220 volts, années 1959/75 ; Peugeot Lion forme robot, corps acier laqué vert, années 1955/1957, ou acier laqué blanc, années 1952/1957, trémie inox, couvercle plastique, 100 volts ; Japy, forme de château d'eau, acier laqué crème, marque en relief sur le corps et gravé sur le couvercle en plastique, 110 volts, années 50/60 ; Moulinex Senior, corps et couvercle plastique, couvercle verrouillable, 220 volts, années 70 ; Elaul Shaker, corps et trémie monobloc en inox, couvercle plastique incassable, bi-tension, années 50/60 ; Peugeot Rallye avec sa boîte d'origine, corps plastique blanc, trémie métallique incorporée, couvercle plastique bleuté et plus cranté à partir de 1974 pour une meilleure prise en main, écusson Peugeot, bi-tension, années 59/75. la sonde passe dans l'oesophage. le corps est anesthésié. dans l'entier. la mâchoire molle et dure. petites coupures sur l'intérieur-lèvre du bas. probablement le serre-dent. un médecin urgentiste. dans la cour. il sort un stéthoscope replié dans la large poche-avant de sa blouse blanche. prise de tension la civière roulante. instructions en marche une main tendue vers le bras reposé droit au corps. des cagettes adossées au mur devant l'escalier tournant. SEB tout en rondeurs, à couvercle interrupteur automatique, corps et trémie monobloc en plastique, existe en plusieurs couleurs, étiquette NF, 220 volts, années 70 ; Moulinex, corps acier laqué crème, couvercle plastique cranté, resserré au centre, 220 volts, années 60/70 ; SEB Prep'line, forme ovalisée, corps et trémie plastique, plusieurs coloris, couvercle avec poussoir pour le faire fonctionner, 220 volts, années 80 ; SEB avec sa boîte, acier inox chromé et bonde plastique au milieu, couvercle à interrupteur verrouillable, étiquette NF, 220 volts, années 70 ; Elaul, robot automatique chromé, couvercle plastique en forme de cône gravé Elaul, minuterie et réglage pour la finesse de la mouture, 110 volts, années 50 ; Peugeot Rubis Inox avec sa boîte, corps et trémie inox, couvercle plastique blanc, écusson Peugeot rouge, noir et doré, 220 volts, années 1959/1975 ; Diabolo, corps, trémie et couvercle en plastique blanc, produit par la Société Paris-Rhône dont ce fut le premier moteur à hélice, 110 volts, année 1957 ; Peugeot Lionceau avec sa boîte et sa notice, corps et trémie acier laqué blanc, couvercle plastique, écusson bleu détouré, 220 volts, année 1959/1975 ; Peugeot Rubis Luxe, corps acier laqué blanc, trémie inox, couvercle plastique, écusson Peugeot rouge, noir et doré, années 1957/1975 ; Rotary , corps et trémie plastique blanc, très étroit pour une meilleure prise en main, couvercle plastique, 110 volts, année 1951. le plateau-repas. compote de pommes flan yaourt nature biscuits secs café deux sucres. il enlève le cathéter présente une compresse et applique un sparadrap dessus. il retourne son gant en latex sur le cathéter qu'il va jeter. Moulinex, corps et trémie acier laqué orange et blanc, couvercle plastique marron, 220 volts, années 70 ; Moulinex Standard avec sa boîte, corps acier laqué gris, couvercle arrondi en plastique, 220 volts, années 70. tu vois l'aide-traitant pousseur de civières mais tu ne sais pas où on mène ton chariot. position proclive à plat-dos. tu vois les petites lumières blafardes qui passent de carré en carré au plafond jaune-pâle et beige et blanc-cassé et tu entends qu'on traverse des portes dont tu vois la fin des battants. couverture de couleur verte. 10 mn. réveil. en plein rêve et passes de blancheurs. d'autres endormis aux quatre coins de la salle. Fauteuil empire, 350 euros ; Mètre en ivoire début XXè, 100 euros ; Glacière en bois décapé années 50, 250 euros ; Balustrades en bois provenant d'un ancien monastère, 300 euros ; Vestiaire à trois placards en tôle décapé, 120 euros ; Meuble de dentiste en tôle peinte années 40, 300 euros ; Jupe chinoise en soie brodée XIXè, 150 euros ; Boîte à gâteaux en tôle sérigraphiée à décor japonisant, 30 euros ; Paire de garde-corps de fenêtre en fonte peinte à décor Art Déco, 20 euros ; Meuble stéréo années 50 ; Paire de poupées en celluloïd années 40, 60 euros ; Briquet à essence en bakélite représentant un pistolet, 60 euros ; Réveil en céramique de Vallauris années 60, 70 euros ; Mécanique d'horloge en bois peint fin XIXè, 80 euros. un étourneau puis un moineau dans le reste de pluie. la sonnerie. fioriture des cris suraigus. collines bleu pré-natal. un feu au rouge côté stade une file de voitures vue au travers d'une dent creuse. un escabeau. des antennes relais sur les tours Mercuriales avec des cumulus dans les vitres bleu-gris à gris-gris. on devine les axes autoroutiers en suivant les allées d'immeubles de sept étages minimum et autres hôtels de passage. le médecin fait sa tournée de communications. fin de journée pour le service ambulatoire. relais au service urgences. déchets à risque infectieux poche jaune. déchets assimilables aux déchets ménagers poche noire. ciel inchangé. dans une chambre de fixité du temps. chambre de celle qui contient, par le dépouillement qui encadre la fenêtre, une blancheur passée dont on se souvient longtemps, après.

11/05/09 nuit

I see Water and Buildings...


après nombre circulations, sur route circulaire, peux rapporter, ce que noté, l'emplacement à la borne près, en chaussée extérieure, des ETAP HÔTEL allumés bleu dans la nuit noire, pluie battante, essuie-glaces temporisant tout le ruisseau à gouttes, devant.


soit au départ Les Mercuriales.
vu un ETAP HÔTEL Porte de la Villette borne 25.5.
puis un borne 21.2.
puis un Porte de Gentilly borne 5.2.
puis un borne 2.8.
puis un Porte d'Ivry borne 2.3.
puis un Porte de Bercy borne 0.0.
puis un Porte de Charenton après la Seine borne 33.1.
puis un borne 31.
puis un Porte de Bagnolet borne Les Mercuriales.


mais avant ça, et dans la recherche d'un monde avancé, avec pollen comme des éphémères de jour, retour de brume, biffins et autres petites silhouettes sur ou sous pont Porte Montmartre ou Saint-Ouen, époque des vide-greniers aussi Porte de Gentilly, lisant des panneaux comme Commencez à préparer les vacances de votre animal, mesurant les écarts entre les villes-ventre où tout a été balancé à la va-vite, commerces empilés de gardiennages de proximité et autres prêts-à-détruire, et les villes-festin où on a pris le temps d'ordonner les voies et habitations à bonnes fréquentations.


mais avant ça, soit 55 minutes au trou périphérique et tout ce qui n'avance pas, à l'écoute et découverte de On the Transmigrations of Souls de John Adams, soit deux fois ce morceau des morts du 11 Septembre, récitation des morts, pavillon aux morts, monument aux morts, à leurs noms lentement prononcés par toutes les voix, les voix du New York Choral Artists, les voix du Brooklyn Youth Chorus, les voix qui chassent les Lémures dont on dit qu'ils arrivent en mai, les 9, 11 et 13, les voix qui sont ces autres ascendances qu'on entend comme des nuées au-dessus des métaux et des ruines, voix lancinantes, presque sans voix, blanches, ou des voix ce qui nous reste des paroles errantes dont on n'a que des coupures d'appels venus de loin, appels transposés dans le langage des sons avec auréoles d'une trompette dont le chorus planant et libre suit ce dialogue résolu et soulevé entre des protagonistes qui ne se voient pas plus qu'ils ne dialoguent mais lancent leurs voix dans le cercle d'eau, ou plutôt protagonistes qui sont des apparitions du même nom mais encore décliné comme les couches grises de l'au-dessus dont on peut suivre les contrastes en oubliant les premières teintes, décalant toujours les premières références, voix sans nom que sont ces noms et prénoms enfin épelés sous le métronome, que les jeunes voix de Brooklyn portent de mesure en mesure, qui sont les nappes de sons à nous parvenus, ou plutôt lévitant au-dessus de nos têtes sans voix qui voyons les quatre anges oxydés de l'église de la Cité Universitaire, Porte de Gentilly, voix qui passent et dont la portée n'est pourtant pas faite pour nous qui marchons et roulons à ras-terre, mais qui passent, qui transmigrent, qui chevauchent les nuages et les autres strates du ciel, qui n'en finissent de se passer des voix et des noms entre-elles, sans se voir, sans dialoguer, au-dessus de nous en bas qui écoutons, qui roulons à travers terre comme à demeure, He used to call me every day. I'm just waiting, elles qui n'en finissent de revenir et de ne pas revenir tout-à-fait, de revenir par coupures d'appel, par joie démesurée au-dessus des noms et prénoms qu'on entend distinctement, un par un sous le métronome, quand file la trompette aérienne qui semble occire quelques Lémures au passage, I am so full of grief. My heart is absolutely shattered, ainsi continuant dans ce réel musical et ces cales indescriptibles où celui qui tente de photographier, photographiant par exemple les appareils en pierres de taille qui ceinturent la Porte d'Ivry, assiste au renversement des mêmes références toujours autres qui se refusent à tout enregistrement jusqu'à ce que ce laissé-à-désirer provoque la relâche de l'appareil à écran lumineux tenu en main droite et qui fait place à cet autre réel mal-fichu de partout où, peut-être l'espace d'un instant, on nous laisse un peu du champ libre à voir, devant, ce qui mériterait qu'on reprenne un peu l'appareil, et la main, quand ça s'est déjà éloigné, bien dérobé, le même autrement inabordable, Windows on the World, recherches du monde avancé, nom John Florio, nom Christina Flannery, nom Charlie Murphy, nom Grace Galante, nom Jeannine LaVerde, nom Jeffrey LaTouche, nom John D. Levi, nom Jorge Luis Leon, et cette coupure de mots qui prend tout d'un coup, au pare-brise fouetté de gouttes qui ne sont pas tout-à-fait des poussières ni des perles, rencontre de mots dont on ne sait rien faire d'autre qu'écouter le souffle droit, soit ces mots ou blancheurs descendus lentement, et à nombre reprises en avant, I see Water and Buildings...

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11/05/09 nuit

10/05/09 nuit

tard je reviens par la nationale 3 - loupiotes échelonnées sur la ville - certaines aussi minuscules que vues d'avion - j'ai une explication à ces brillances - chaque son finit sa course par une cristallisation disons colorigène - correspondant à sa position sur le spectre sonore - le grave a une tendance au rouge minium - les stridences héritent de néons froids.

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10/05/09 nuit

09/05/09

immobile les traits s'ouvrent - puis c'est l'accord d'un certain nombre de notes - les traits redescendent - on est autre part - quatre fois l'accord quatre suspension de la même masse quatre coupures dans le temps - gros plan fixe les gouttes tombent du visage ferme sur la barbe de patriarche - ouverture de l'oeil le monde est encore là - Coming on the Hudson - plus personne ne sort ça rigole plus - rythme des mains sur le clavier - y plongeant par coups rapaces se relevant comme d'une décharge il voit ce qu'elles fabriquent avec le blanc ivoire et le reste du noir ébène - idée fixe de Berlioz - mais c'est le stride flippant de Thelonious Sphere Monk - et ce qu'il voit de la ville depuis l'appartement de la baronne et protectrice Pannonica - New York face à New Jersey - un matin et quelques chats.

ce type - qui a chopé un petit rhume outre-atlantique - qui porte une toque confucéenne - mais sans natte - invité par le pianiste et ami Henri Renaud devant les caméras de l'ORTF (on est en 1969, la couleur existe depuis deux ans, et quel bleu!) - engins astronomiques qui ressemblent à ces longues-vues payantes qui sont sur les promontoires des villes et en haut des monuments d'où l'horizon est imprenable - est visiblement assis et pourtant on a l'impression qu'il marche - comme sur Amsterdam Avenue.

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09/05/09
(N.Y. depuis un car, 2006)

08/05/09

Brin combustible










le temps où chacun se tient - un cribleur de part et d'autre - double-mouvement de sape - au centre on balance ce qui se voit à mesure que l'homme déplace les blocs ou longe la clôture - au centre du centre une bande mince se consumant - à mesure que la combustion prend du terrain d'autres parties blanches s'ouvrent où la frange grise vient au noir qui s'ouvre à l'encore-blanc - le temps - qui descend ainsi de degré en degré - où l'on porte la charpie des deux cribleurs en action - à la fois cendres et dépôts à venir - ici il n'y a que du temps pour descendre - même ceux qui montent sont en train de descendre.

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08/05/09

07/05/09

sans - tendance à jeun - la coupure est-ce multiplier les vides - lâcher les accès aux terre-pleins du monde - repousser certains angles - se ravitailler en silences - entrevoir des espaces sous le filet - dans la ville prendre un creux et suivre sur son erre à soi - tourner le jeu personnel des indulgences sévérités réparations entretiens fixations et à nouveau virées à débordements - tourner au rien - sentir les espaces affleurer aux sangles refluer au plus près s'éloigner davantage s'emmêler dans les livres aborder les tours de sape où écrire disparaît dans ces conditions on ne sait plus bien le corps et quel est-il envers la langue qu'on soulève - se peser en retour - où continuer - tout est faux.


éloigner le fer de la cire et faire comme s'il n'y avait plus la cire ni le fer - porter les lettres cachetées au sceau-cylindrique du présent en étant quitte de ne jamais les réouvrir sauf énormité à dépouiller - ne plus rien énoncer pendant des mois.

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07/05/09

06/05/09









aucun relief. une route. à perte de part et d'autre. comme en auto-stop. des lumières de camions qui naissent à des kilomètres avant de me passer devant. dans un parc. tout seul puis suivi d'un second. annexe d'un jardin des Plantes. de nuit dans la ménagerie. on passe devant des animaux habilités à démettre une tête d'un coup de patte. pas de barrières. la plupart des bêtes avachies dans l'obscurité. quelquefois comme une portée de petits rongeurs tôt venues à la vie et déjà les uns sur les autres. mais ce sont des gorilles. lions. onces des bas monts. panthères blanches. lamas des hauts plateaux. singes debout à la queue de léopard. singes auxquels on a fixé une tête d'hyène et d'autres crinières. dans un restaurant. un couple. on commande. le serveur revient. même commande même temps avec reste inchangé des murs et clients assis pour se restaurer mais on peut désormais voir sa fiche où il a écrit 19H12 afin de s'y retrouver lors de l'addition finale de chacun. il ouvre la bouche et elle dit les suggestions du jour. mais ce ne sont que collations antipastis et desserts à la carte. l'un après l'autre ils disent leur menu. il note d'abord l'horaire. dans l'annexe. promenade autour des bêtes. le second plein les talons on s'arrête aux nouvelles progénitures arrivées cette nuit-même. de la viande avachie sous des pelages jaune et gris. on ne voit pas les yeux. j'aperçois un homme-gorille. il m'a repéré. le second est en train de faire risette et mumuse devant des lynx. impatience à cela. la traque. par une porte dérobée dont les montants sont de buis j'accède à une dépendance. mon second. l'homme-gorille. je prends un escalier de service j'ouvre une trappe je me retourne et c'est une pièce exiguë. mon second. l'homme-gorille. je sais qu'il y a un autre homme-gorille derrière la porte qui balaye cette buanderie. et l'autre qui arrive à gros pas comme s'il détruisait une à une des pièces en bois.

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06/05/09

05/04/09 nuit

la nuit notre écoute est plus grande, la ville plus vaste. est-ce parce que nous retrouvons l'élément noir? il existe un court laps de temps où l'équilibre des fluides nous permet d'aller de conserve avec la nuit et tout ce qu'elle appelle et charrie, encore, du plus profond de nous - qui sentons que l'on tire à l'autre bout du cordon.

le pinceau d'une voiture fouille dans un bosquet. le même débusque les premières distances de sécurité. certaines routes sont marquées à la craie. d'autres présentent la patine repérable des plantigrades. on oscille d'une apparition l'autre, disparue. toute une vie se libère que nous sentons à proximité, sans en dénombrer autre chose que l'écho d'un tremblement - encore trace invisible.

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05/04/09 nuit

04/05/09 nuit

Alina la nuit










écoute le grand recueil d'Alina écrit pour violon et piano à porte de Sèvres l'hôtel Pullman possède deux ascenseurs je vois ces deux capsules à l'allure de suppositoire monter et descendre les hauteurs sur la tranche extérieure de l'immeuble mais c'est la musique qui insuffle du mouvement à l'extérieur.

17H59 sur la chaussée intérieure vue la tour TF1 puis vue la Tour aux figures tout n'est que mouvement tout mouvement n'est que la rotation des points extérieurs depuis un point fixe la musique est cet axe moteur chaque note sillonne la nuit et vient à se nicher sur le corps de la ville ainsi que ces loupiotes crépitant au soir venu.

tout ce qui se passe est projections du point ou idée fixe de la musique.

vue CARRIER Climatisation vue AIR CHINA non allumé bleu vue THOMAS COOK borne 19.8 vue HYGENA non allumé jaune borne 20.9 vue SAMSUNG non allumé emplacement gauche borne 21.6 heure 18H12 vue KOREAN AIR borne 22.2 à la radio l'histoire de ce jeune russe dont on a diagnostiqué une tumeur et quand ils ont ouvert pour voir ils ont découvert la souche d'un pin.

au bord sureaux Rhus Tiphina frênes peupliers marronniers.

Alina ou le ventre envoie des notes qui suspendent le temps auquel on suppose un mouvement quand ça n'est qu'une ruse pour résonner entre les notes ou étoiles fixes car le dehors résonne comme la lumière crépite la musique est d'abord une intériorité où le mouvement immémorial du un au deux s'ouvre du plus profond à la voûte.

vue SAMSUNG non allumé bleu emplacement droite borne 22.8 vue la tour Olympe anciennement DAEWOO borne 25.1 heure 18H14 vue les Grands Moulins de Pantin anciennement minoterie reconversion BNP-Paribas rendu fin 2009 vue hôpital Robert Debré niveau porte des Lilas borne 28.0 sortie heure 18H18 Les MERCURIALES SERAP CAMPANILE HÔTEL.

oui le noir est couleur intérieure et le reste des notes-sons échafaudé par néons et points fixes sur la ville ou le ventre d'Alina et la nuit ouvre un sentier à ces lumières-sons elle est le sentier menant à l'intérieur.

qui entre à l'intérieur passe par la nuit.

un arpège puis un son flûté du premier violon et l'arpège obstiné et le son retrouvé une parcelle de jaune tirée à l'horizon-bas fin de jour derrière le temple du plus profond vient cette respiration l'idée fixe rejoint les hauteurs la musique confère un autre temps au périphérique fluide où les chiffres persistent à s'allumer et tourner au loin il y a ces vieilles ritournelles de points rouges et sillons blancs avant les étoiles le compositeur occupe le centre il écrit une note mais son édifice commencerait à la seconde note qui viendrait en éclairage de la première.

21H07 nous avons la mémoire des notes qu'imprime Alina à la nuit Alina s'écrit pendant qu'on tourne dans la ville des fumées et des luminaires si on veut apprendre du dehors comment capter un peu du fond perdu il nous faut retourner au silence natif où le compositeur prépare le mouvement en sillonnant la plus profonde des jarres où sont les orbes.

la nuit les notes-sons se métamorphosant en loupiotes Alina porte visibilité à travers ces lumières porteuses de son elle seule permet de mesurer l'échafaudage ou d'éclairer un peu le fond ou de rejoindre le natif où elle la nuit soulève la chape des certitudes diurnes sur ce qu'on traverse et qui entoure et se voit mieux par plus obscur comme les portières s'ouvrent sur des inconnus à pied et des inconnus se tenant à des poteaux comme on voit d'étranges pelages dans les bois.

au bord l'ensemble des arbres noirs plus cônes fluorescents des marronniers.

à porte de Sèvres à 23H57 c'est le dernier périph la dernière tournée à 00h04 je vois les plumets de SYCTOM puis un hôtel Pullman allumé blanc mais cette fois-ci au niveau du pont d'Ivry borne 35.0 de la chaussée extérieure puis on sort il est 00H08 aux Mercuriales l'autoroute A3 est éteinte jusqu'à Romainville au loin il y a le minuscule brasero des villes comme unique repère pour éviter de valser au-delà des séparateurs.

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04/05/09 nuit

03/05/09 nuit

aux abois les chiens derrière la vitre les échos - tambour des rues la veilleuse au tableau de bord les chiens plus fort - premiers convois exposition jour - départs - les rouleurs - premières mains fin des réverbères lueurs dans le sombre finissant tournée des bus - truc interminable - omnitrafic - les chiens faible exposition - ciel gris - blanduleux - ciel gris - exposition fin derniers sillons de suite les réverbères aux abois les chiens moins fort - nuit - le terminal - quelqu'un au combiné - rentrée sous la pluie les chiens sortie des camions le bar-restaurant au retour fin des néons - la route - double voie express séparateurs et verticales aux côtés - lueurs - diversement aux buissons - roulements - la paroi et les chiens - grésilles des néons - les boissons - quelqu'un tape les poubelles fin des tambours - les verticales éclatées de suite bris dans la peau aux lèvres le rouge dans la trappe quelque chose lâche - qui ne s'étend - qui ne remonte - aux chiens - et densité - dans la cour - au sombre constant - déluré - finissant.

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03/05/09 nuit

02/05/09

sous un poirier. forte luminosité. ciel aux alluvions bleues et blanches. de hautes herbes. qui bougent comme dans un ruisseau.





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02/05/09

01/05/09

passage marché viaduc Barbès Rochechouart.







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01/05/09