Où continuer, ou l'écart

sortir - avancer - voir ce que peut un dehors - explorer un petit pendant que la face tourne - routes travaux et personnels tournent -
suivre un itinéraire appliqué - à un parterre de ville - puis la colline - ville qui traverse et morcelle - ville traversée - encore morcelée - se faire un petit enclos de silence quand du dehors tourne - face -
la ville - descendre à ne plus se situer - parfois les routes s'y mêlent - elles tournent -
prendre la voiture - sans connaître des chemins que ce qu'ils mènent au soir où les chaufferies se dilatent - à connaître le ciel mûr - aussi poussiéreux qu'au pare-brise - rouler à ce ciel - vieux - où la ville se dilate ou le soleil - jaune -
soleil - de poussière jaune - amorti plus lent à l'horizon descendant - toute une blancheur bientôt trempée de la couleur des baies âcres aux baies à recracher - noires - tenir le volant où le soir est en marche - pour
marcher - avancer -
voir de ces choses - du petit - du dehors - y a-t-il autre chose à faire pour l'instant - choses imparables du dehors ombres qui s'enchaînent -
partir - rouler - écrire au volant -
écrire ce qui morcelle - carnet à traverser - ce qui isole - n'a de cesse - de - encore - voir venir -
où le sens importe - peu - il y a souci - après-midi conduire vide - écrire aux feux - noter -
la ville qui est ce vide -
où on arrête de faire ses courses - on abandonne les travaux - où il y a ces boîtes pour relayer les habits -
où des panneaux ont été soufflés sur les façades des maisons -
où des noms sont lâchés - eux - à l'abandon - quant à écouter -
écouter à moitié - la musique - dans la voiture à regarder à moitié - le dehors vide de la ville -
plus de mouvements - le jour suivant - la nuit -
plus personne ne court - plus de voies encombrées - personne pour faire ses courses -
chantiers qui disent l'abandon - tu as tout abandonné pour conduire dans cette ville -
conduire lent - voir venir lent - ces portes en tôle - ces tôleries inhabitées avec ces poteaux numérotés - devant -
marcher - apprendre à se défendre -
regarder le chien venir -
voir ces systèmes de protection - ces plaques sur - ces maisons à l'abandon - données - à voir comment on se protège -
comment on barricade les maisons avec les pare-sons détachées des autoroutes abandonnées - ou ces conteneurs qui faisaient les grandes routes de l'océan -
il y a des signes juchés haut pour dire les vies - recluses - tout le disparu - des vieilles baraques - la colline -
voir ces bassins d'eau stagnante - ces murs de verre brisés - encore ces ballons d'eau à ras bord abandonnés - citernes et silos pleins et que l'on n'ira plus désemplir - on a compris -
descendre à ces aménagements de chantier avec coffrages - scellés du béton et autres outils du bancheur - troncs-étais - pics-fer plantés comme -
dans ce jeu d'adresse à l'anglaise - où on doit faire passer la balle dessous - les pics du parcours - chacun sa couleur de boule en bois à rouler sur l'herbe rase -
étais à 45° - entre les murs-à-sceller-le-ciel - et les contre-poids-blocs-béton 1500 kg chacun-
murs chaulés au noir -
traits lignes bleues d'alignement - coulées de terre mêlée de caillasse à former une route - enfin une route -
routes sapant les chemins de garde - plus de concertations quant aux directions - les routes commençaient à prendre le dessus -
tu croises ceux qui empilent les parpaings - décrottent les pelles à l'aide des pioches -
après - il n'y aura plus de murs - commence le démontable - ou les mises en arrière -
tu ne peux plus - annoncer les prochains terrains à parier - plus de terrain ni personne pour parier -
plus rien pour ronger le frein - ce qui existait encore un petit - les contrats obsèques -
tout le décimé - tout le démeublé - ville folle ou plutôt sur elle-même - en un tournemain - à masquer le problème ou la chose - mots comme des gestes oubliés -
on a balancé les habits à s'échanger - première cargaison - on est dans l'attente -
façons de ville - à oublier les gestes encore les mots -
à rouler contre ce qu'elle la ville nous dit ou souffle - la ville sans rien épargner - tout le matériel - diffus - le reste - déchargé sur le dos de -
et - plus de direction - plus de prudence - plus de station équipée en récupération vapeur - plus de market place - plus même ces infimes mouvements du mot à mot - vallée - colline - plus aucune gestation - peine à le croire - ils continuent -
des marcheurs - des bâtisseurs - d'étranges promeneurs de chien - des pousseurs de caddy - des buveurs car il n'y a plus que boire sans manger - des endormis dans des voitures - des endormis dans des échoppes de correction auditive - à l'angle - d'étranges meneurs d'animaux - longtemps qu'on ne mange plus dans la ville - en revanche boire - faire boire le chien et son promeneur -
partout on les voyait ficeler - à vendre leurs maisons - descendre les collines - même le dernier des orgues - refourgué - il n'émettait plus -
alors que tu t'enquerrais un peu de l'état d'un sous-bois bon à briser les lames - quelqu'un crie -
plus d'images - cri relayé peu de temps après par un autre -
plus d'image riens - chacun en échos y allant de cette
paire de mots -
encore ici fait quelques arbres aux banderilles roses et blanches - quelques vieux wagons trans-céréaliers - à parois coulissantes - d'autres frigorifiques -
et - pensée de route - au carreau les distances sont prises - et le monde n'est plus que des rebords - si parfois ça enfle entre quatre ou cinq vitesses - on n'avance que par fixités -
mais - plus personne pour tailler ses haies - jardins - collines.
plus qu'une situation - plus d'alternatives - pour l'homme ou le chien qui voulait vivre - qu'attendre la fin de l'autre alors il pourrait reproduire homme ou chien ce qu'un autre attendrait à son tour - comme - le cheval qui attend son tour à la stalle -
plus de ciels non plus de chutes de corps - plus de notions - même plus de fins - même plus de retours à la fin - les choses avançaient en dehors - et -
plus aucuns de ces miroirs - ou plutôt plus aucunes de ces réflexions - les miroirs renvoyant l'image à son terme incandescent -
miroirs devenus blancs inaptes ainsi l'image - séparée - disloquée - semi-réfléchie semi-réfractée - ou plutôt rejetée sur la tranche - dans la blancheur entraînée - à l'encore-noir - dans ces conditions plus question de corps - et de têtes - mais -
des séparations sans tain derrière quoi les commissaires cherchaient en vain - des suspects à écarter d'office - et les autres -
enfin - un cheval de trait - et cet étrange inscription sur la barrière - Orion - oui le cheval s'appelait Orion -
pensée de route - tournant sur elle-même - des portions de sable soufflées à travers pins - le haut sombre des chalets - plus de contingences - tout était clair - et régulier - à présent - les choses arrivaient en masse qui disparaissaient en ordre - ça suivait son cours.
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17/04/09 nuit