07 janvier 2009 - 07 janvier 2010




31/03/09 nuit









Pollini projet numéro 2. mardi 31 mars. 20H. les trois Ber sont réunis. Schönberg Berg Webern. lumière salle. on entre. pénombre. Pollini entre. halo joueur. piano solo six petites pièces opus.19. Alain Damiens entre. halo deux joueurs. piano duo clarinette quatre pièces op.5. Alain Damiens sort. Eric-Maria Couturier entre. halo deux joueurs. piano duo violoncelle. trois petites pièces op.11. Eric-Maria Couturier sort. l'ensemble intercontemporain entre. Boulez entre. lumière ensmble. concerto op.24. l'ensemble sort. Petra Lang entre. halo deux joueurs. piano duo soprano. lieder op.3, op.4, op.12. Petra Lang sort. Pollini seul. halo. variations op.27. entracte. lumière salle. l'ensemble intercontemporain entre. Boulez entre. lumière ensemble. Pollini se place dans le public. symphonie op.21. cinq pièces op.10. Lied des Waldtaube. symphonie de chambre op.9. on sort. fin du programme. lumière salle.

je suis dans l'orchestre, à la place T126.

la musique. un silence remanié. retour au silence. quelques poussées d'air à vibrer. la pesanteur du silence avant et après, est-ce la même? à la fin sont-ils plus rendus, ceux qui viennent écouter ces mouvements d'écriture? Pollini soulève un infime d'écriture. il a pour projet d'élever les notes-sons sur diverses hauteurs ou tensions. projet de soulever l'infime des écritures pour aboutir à quelques millimètres hors pesanteur.

notre oreille extérieure rencontre quelques millimètres de lévitation que les musiciens s'échangent en continu - le temps d'une réunion.

les musiciens fabriquent ce que l'on voit et entend. les musiciens ne voient plus rien. ils entendent tout.

tout ceci est très mal tracer l'histoire d'un concert ou partie publique. sommes nous là pour accompagner le son jusqu'au silence natif? mon déplacement dans cette salle Pleyel est-il une contribution, aussi vaine et vaniteuse soit-elle? si nous n'étions pas là, Pollini ne nous saluerait pas. en tout cas le muet vaut mieux que tous ces tousseteux qui se sont trompés de salle d'attente.

la musique. une affaire de fluides. de recueillement des fluides. si, par exemple, le compositeur est entré en communication avec les oiseaux, nous devons bien nous rappeler de l'un (le compositeur) et de l'autre (les oiseaux).

la musique. un art florissant à nous refuser le doute - bien qu'elle n'ait pas vocation à se prononcer. nous y entrons, y adhérons. c'est art d'entrer. et Pollini rejoint les coulisses.

entendu entre deux petites pièces op.5 : SILEEENCE, gueulé par un de ces aides-soignants qui ne supportait plus ses patients tousseteux. déjà bien gentil qu'on les promène.

Petra Lang a un air de Gena Rowlands.

Pollini ressemble à Rubinstein ou Horowitw.

Boulez est un chat.

l'impression que tout le concert a été pianissimo.

on pourrait écrire en sous-titre de cette musique - paysage avec lune -.

Boulez paraît terriblement sombre. lueurs de son oeil blanc. il esquissera quelques sourires. à la fin.

avec mes jumelles je peux voir que Boulez tient un livret sur lequel est écrit - Fünf Stücke -.

les mains de Boulez. même plongées dans le cambouis elles balanceraient encore dans l'éther.

sinon ai vu Denis Roche et sa compagne. ce qui a fait que j'ai complètement loupé la première partie. trop impressionné. un premier hasard avait fait qu'il m'avait envoyé - La photographie est interminable -.


à gare du Nord pris le train GISI.

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31/03/09 nuit
(disparition d'Helen Lewitt)

30/03/09

lire - dire dépôt de limons - lire - dire une vie pour faire un cercle - lire faire un cercle à main levée - ajouter la déviance de la main - puis un porte-plume - un flacon décaèdre - de l'encre noire aux irisations bleues et brunes au soleil - qui absorbe - élimine le noir de la surface poreuse - hors les mains négatives.

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30/03/09

29/03/09 nuit

Essais de lumière


lumière de mars, poussée à nous comme au travers d'une zone ou treillis d'eau.

passée des semonces, mais non amoindrie, falote, encore passante dévoilée pleine et perçante ainsi qu'au travers des rideaux.

dessus, des rais-de-gris étalés contre, objectant leur matité pleine nappe du sombre.

au-delà reprend, éclate, lumière au travers poussée, repoussant comme essorée des gouttes.

fuse d'un jaune neuf encore pâle entouré d'une pousse de bleu.

cadmium, au travers des fenêtres gris fumé, des barres de tenue ou traverses de la ville.

elle réceptacle, de cette loterie pure ou folle qui n'oublie les faux espoirs et les plombs.

peut-être, encore, quelque chose d'une oraison pratiquée en plein jour et ciel ouvert.

de ces pratiques ou pluies à dissoudre beaucoup, sans une touche à l'horizon qui a des bleus et des jaunes à plaies vives.

apprendre les couleurs du territoire, celles des sous-bois.

remontant l'image aquatique, au pare-brise des coulées, quelques vieux moulins de bois blanc, des façades à ras embellies, images défilant de la route.

des laveries et des automates.

encore un mur où la lum. dépose ses fragments ou éclats de verre.

lumière froide, la main dedans.

la voiture déplace des blocs lumineux, puis arrivé dans un quartier où la lum. semblait passer par-dessus digue.

chemin suivant une colline plus haut ai retrouvé le paysage grevé de nuages à l'encre épaisse avec ça et là des silos allumés sur une à deux lignes familières de l'horizon.

nuit, décors de buffet froid, façades transies, baies des blocs opératoires.

ce matin noté 25 euros la pose d'ongles.

geste matinal sur la rambarde épousseter le mégot descendant tôt l'avenue longeant le - Chêne pointu -, Clichy-sous-Bois, jusqu'à la brasserie de l'Etoile, être passé par un centre commercial de proximité galerie de bails à céder avec radio en continue comme dans les gares, et cette inscription - pose d'ongles à 25 euros -.

avoir photographié des fleurs de porcelaine sur un poteau-réverbère.

matinal dans ces décors avec panneaux de réhabilitation, soit refaire une petite beauté de dix ans à tenir.

nuages blanc étain.

matinal reprendre la ville à froid.

aller jusqu'à la cabine téléphonique.

il conduit, il un type avalant un yaourt à son volant, l'image enregistrée avec les mots - probable retour de nuit -.

trop roulé cette semaine, preuve à mon rituel de photographie dominicale, quand je me poste à un quelconque cadrage à couper la respiration, sensation marquée d'être traversé par d'autres rayons de vitesse.

d'autres sont là qui tournent dans la pièce à faire face au mur.

et on a beau tenté de ralentir, de faire comme si, quelque chose - toujours quelque chose - travaille en soupape, comme si la tête devait s'ébouler aux quatre murs quand on ne fait que passer silencieusement d'une pièce à une autre, le pied traînant.

le corps se découvrant d'autres propensions - à sortir de là - que sa vulgaire limite corporelle. mais il ne fait, pour le moment, que taper la carcasse des sens qui servent à se déplacer et sentir. il ne sait pas gérer les motricités en surnombre. il laisse faire. lui suffit de taper la carcasse, plus lente.

lumière de mars, sortant des vrilles de la roue.

du moulin hydraulique - roue à aubes - la lumière lapant au travers des aubes.

périph. de nuit. dixit Nicolas de Cusa chez Borges, - toute ligne droite est l'arc d'un cercle infini -, on en oublie la courbe.

pour moi, la partie la plus aérienne, vue dégagée sur la fumée des villes, toitures en shed, gares de triage, vue au-dessus des pare-sons, va de pte de Bagnolet à pte de St Ouen, notre petite portion du Nord-Est.

le jaune, la tour, le cocon gris d'un orage.

pte de la Muette, au point mort je tourne la tête, surpris une fille se déculottant derrière le parapet à mi-corps fesses contre buissons les genoux pliés se soulageant nous regardant mais un peu animale.

noté le graff OTIS, le graff ICARR.

fin, de 1H47 à 57 encore dedans, suivant quelques convois de nuit, vu les Mercuriales aux noms éteints.

contre sa phobie du noir la ville se protège - en éclairant toutes les rues, places de parking, parkings souterrains, plates-formes au ciel, pompes, stadiums, hôtels, instituts pharmaceutiques, vitrines des marbreries, quelque chose veille, comme si une panoplie de membres tenait bon sous la seule hygiène d'une rampe de lumières.

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29/03/09 nuit

28/03/09

recherche encarteuse en alternance - ladite trouvera la machine sur la table - chambre du logis 25B - commencera par les champs - encore quelques remblais à ratisser - les documents seront quant à eux placés en colonnes - coin droit après la porte - puis les champs - elle fera attention au tas marqué d'une croix les boutons étant déjà encartés - travaux des précédents.

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28/03/09

27/03/09

sur 48 H avoir fait quatre aller-retours périph.

de 22H04 à 14 avoir pris la chaussée intérieure Nord-Est à Sud-Ouest. avoir vu un ange démultiplié, peinture de F.Lippi affichée sur l'ensemble du réseau. avoir jeté le coup d'œil rituel pour le couple stade-cimetière de porte de Gentilly. avoir mangé des brochettes et du riz dans la voiture. avoir pensé à leur - train aérien -. on voit bien un Grand Paris comme il y a un Bangkok. plus on agrandit, on voit grand, plus on relègue, on oublie le petit.

de 9H09 à 35 en chaussée intérieure Sud-Ouest à Nord-Est. avoir vu des blocs d'escalier en colimaçon sanglés à l'arrière d'un camion. avoir pensé à des corolles, puis à des éventails de béton. avoir divagué sur les deux cordons de route ceignant la ville en double-sens, pensant au barattage de la mer de lait entourant Angkor Vat. à 9H33 vu les nouvelles briques couleur ocre des Grands Moulins de Pantin, puis une tour avec écrit dessus ESSOR.

sensation d'une baisse de la vue, médiocre, aggravée par la pluie, dépendant aussi du pare-brise moucheté, avançant de plus en plus à l'instinct, par les lumières, surtout les feux-arrière rouges.

de nouveau vu Lippi. écouté quinze minutes d'alternate takes de Monk sur 'Round Midnight. pensé comment il reconstruit, bâtit la version lente, le tempo originel étant médium, avançant par éclats de notes, mise en demeure de ce qui sonne, écoutant le piano sonner jusqu'au bout avant d'émettre la suite, seul dans sa construction, sa Sphère (comme son nom de famille l'indique déjà).

pris un périph ext. à 15H25. lu vers porte de Châtillon - 46 mn jusqu'à pte de Bercy -. l'occasion de découvrir la musique de Scelsi. sous un tunnel sans fin avec ce jaune infusé dans l'œil à opérer de ce voir-jaune, lu dans le livret Scelsi - Molto lento Quasi funebre Pesante -. vu une ouverture bleue au-dessus de l'enseigne SAMSUNG TV MOBILE DEFI. avoir fait attention au ciel une autre fois, selon les fumées de SYCTOM.

de nouveau une ribambelle d'anges Lippi, via les panneaux-affiche à rouleau tournant, intercesseurs-aux-mains-jointes apparaissant entre une réclame de pain avec écrit - baguette 50cm de plaisir -, une image de la terre avec écrit - Patron -, une image de sous-bois avec écrit - Comité de direction -, de l'herbe avec écrit - Stagiaire -, un raton laveur avec écrit - Ingénieur -.

lu - pte de Bercy 31 mn accident à 3200 m pte de bagnolet 33 mn -. vu les quatre anges vert-de-gris aux ailes semi-déployées tout en haut du clocher de Gentilly. lu Filippo & Filippino Lippi. vu des jonquilles sur terre-plein-central.

ces panneaux, à l'arrêt, panneaux indicatifs qui sont faits pour la vitesse, dans l'arrêt général on voit leur épaisseur, leur hauteur surtout, et pensé que l'œil qui a capté l'information voit désormais autre chose qu'une limitation de vitesse, mais un nombre ou une succession de chiffres inscrits dans le décor, autre chose qu'un sens interdit, mais un trait blanc épais dans un rond rouge cerné d'un liseré blanc.

dans ce ralenti, vu quelques rues, des bureaux, des cantines, d'autres intérieurs d'immeuble, des amoncellements de logements, des mots, COLORINE, FRANCINE, un hôtel Ibis, des bas-reliefs d'athlètes monumentaux (stade Charléty), deux caveaux (voir à la borne 3,5 en chaussée extérieure), les couloirs Ibis, impersonnels, montés comme des cabines les unes sur les autres, un dénivelé de logements à 7 étages côté cimetière, les éclairages haut-penchés du stade Charléty faisant penser à des râpes géantes, un car touristique avec écrit dessus HAMLET, une camionnette de transport de greffes, des publicités de matelas grand format, des pavots sur un talus, un chat sauvage, un homme regardant le trafic depuis un parapet.

dans cette lenteur processionnelle, sous les réverbères courbés comme des tiges à l'embout fané, souvenu de cette garde de soldats attroupés de part et d'autre des kilomètres de voie unique menant à l'aéroport du Caire, ce jour de départ où le roi Moubarak était aussi de sortie, il sort et toute son armée est déployée pour le saluer, et il voit son pays fort de cette protection.

lu - pte de Bercy 3 mn pte de Bagnolet 7 mn accident à 500 m -. sur place, soit 500 m avant le pont d'Ivry, il n'y a plus qu'une voiture de police. tout a été évacué. sur le bitume on voit du sable rouge, mais on ne sait pas si c'est la couleur du sang épongé ou celle de la poudre de latérite.

sortie à 16H34, soit 1H09 pour la partie Sud-Ouest à Nord-Est, quand il ne m'a fallu que 9 minutes l'avant-veille.

à l'entrée de la ville on voit un homme assis sur une glissière, un autre tenant un gobelet jaune-pâle.

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27/03/09
(photo in expo)

26/03/09

ce qui suit - connu des habitants de la cité des anonymes - aux jardins privatifs - comme les boxes - qui est le fait de cet homme - cinquante-sept ans bien frappés - de vie commune tout le quartier derrière - averti par l'un d'eux par voie médiane on a remonté - c'était lui sur le balcon - maintenant il commence.

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26/03/09

25/03/09

tu te prélassais au soleil, qui traversait la pièce où tu étais tenu d'assister à un concert de fin de cycle, les personnes étaient venues avec des habits courts, l'ombre portée d'un tronc se reportait sur une vitre, j'étais adossé à un mur tout derrière l'assistance, et je pouvais remuer les bras tant que je voulais, à priori personne n'était là pour le voir, excepté l'orchestre à cordes très concentré sur ses partitions.

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25/03/09
(Anfouchi, Alexandrie)

24/03/09

Jean - de Pantin - consigné en l'immeuble - côté des télégraphes - côté cimetière - côté du poste de contrôle - couché - en terre suivie d'un canal - d'un chenal - d'un chemin de halage - d'une écriture de fumée - d'une blanchisserie - tu repousses le journal des annonces - où ils ont pris soin du dépôt des noms et adresses.

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24/03/09

23/03/09

quatrième journée à Clichy. Anny m'aide dans la confection des bottes. je pars dans les temps. pas de mauvaise surprise. je crois avoir été un bon facteur. de retour sur base je donne ma démission. il ne serait pas très prudent de se tuer à des cinquante heures non-stop pour un salaire de trente cinq.


graver des clous de fondation - rappel du vieux Sumer - non pas des circulaires - mais de véritables cônes - reprendre d'une écriture conique - qui grave - qui tourne - actes des grandes villes - répertoires de leurs guerres - fiches d'esclaves - conditions - devis - plans - jeux - divers premiers récits de Lagash et Umma - des dieux respectifs - puissances adverses - les premiers récits tournent.

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23/03/09

22/03/09

étant dans ce moment brusque où tout est goulot, devient goulot, rejoint le goulot, devant ce passement de tout qui bientôt va s'annoncer à ses pieds, inévitable condamnation, tous animaux, sons, parois y passant plus vite sur les bords crissant où les liquides sont emportées, ne grelottent plus dans le surplace des ferments, il attrape une feuille aléatoire du canal, et déchiffre.

maintenant que le sens a pris fin, reprend d'un tout autre tour, d'une autre loi des nombres et des forces, étant averti des coupes passées, finales inévitables, retombées bas, mais ayant le temps avant la prochaine, n'ayant par contre plus de ciel visible au-dessus de lui, en échange un incontrôlable bougé des yeux, comme lorsqu'ils évitaient la brouille du soleil, les yeux sont au sol, ramant, faisant la sangsue dans ce laps avant la révision, il reprend toute fiche accessible, et déchiffre.

déchiffrant, attendant, ce qui lui reste avant la sommation, d'accessible retenu dans cet avant la perte, l'ouverture du goulot au fond de l'anse, les lumières et les sons plaqués aux murs, plâtres eux aussi soufflés, mais on parle cette fois-ci que c'est la dernière, redoutable amorce d'où plus rien ne sortira, il reste avec les papiers retournés en machine, avec ces actes colorés sur bande glacée - il n'a devant les yeux que des répertoires informels, des lignes remplies de numéros, des noms en colonnes, aucun verbe -, imprimés qui sont rentrés dans tous les foyers, cartes sur lesquelles il jette un œil concentré.

a quoi sert un œil concentré quand on va perdre les notions et le sol après le ciel?

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22/03/09

21/03/09

Clichy. on endure. mais ça ne fait que le troisième jour! le retard n'est toujours pas résorbé. avec en prime 34 recommandés. Céline me donne un bon tiers des bottes avec les instructions, je me débrouille sur l'itinéraire - il faudra bien couper le cordon. Hervé et Céline ont quatre ans d'ancienneté, Anny trente. grâce au partage des tâches on reprendra le tacot dans les temps. lundi je commence seul.


rétamé sur un lit. sur la moquette une courbe. des fourmis se perdant dans une plinthe. elles proviennent d'une moisissure au bas de la douche.

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21/03/09

20/03/09

deuxième jour à la poste de Clichy. complications. devant le vrai métier, ou plutôt le fait accompli, ou plutôt la réalité de ce que la société nous propose aujourd'hui. double ration puisqu'avec Céline on récupère le tribut d'une journée de grève. on a 44 recommandés à traiter, outre des milliers de lettres. je comprends vite que c'est beaucoup. les copains se payent des cafés avec les pourboires ou pas. l'ambiance à se serrer les coudes toujours là, face. Céline est titulaire. elle en a mangé. mais là, grosse journée. j'essaye de mémoriser le stock d'informations, le pêle-mêle d'exceptions, de contre-indications, de rectifications, de su et non-écrit, de ruses, de conseils, de fautes à ne pas commettre (au 24 c'est une boîte postale car la proprio paie les dettes de sa mère dans le dos de son mari, ce qui veut dire interdiction de poster), l'itinéraire bien sûr, les astuces dans sa découpe afin d'économiser l'énergie entre les bottes de lettres qui pèsent sur la direction du vélo, les dépôts de réapprovisionnement, les mauvais nœuds de la route, les sections à tricoter entre deux trottoirs, les montées dans les jambes. et puis il y a le rythme non-stop dans quoi on s'implique. à 13H55 on fait le tri dans les recommandés et les rebuts. en rentrant sur base, au volant du camion hs, Céline me montre ses mains abîmées comme si elles avaient connu le passage d'une légion de rats. engelures, griffures, coupures non cicatrisées. ensuite elle fonce chercher son fils, sans manger. détails d'une journée ordinaire.


lu - Orion aveugle -. absolument un visuel. cette manière d'avancer par les images. c'est un autoportrait. c'est tout au moins explicite au début et à la fin. si ce n'est pas un autoportrait on me concèdera qu'il est bien là, dans son atelier. l'œil comme enchâssé dans un porte-plume roussellien.

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20/03/09

19/03/09

premier jour à la poste de Clichy. mise en train dans le métier. belle entraide des copains. je suis en doublure avec Eddy. il me montre comment classer une tournée. le langage s'instaure. chaque objet - ou chaque action - a un nom bien spécifique. fosse. bannette. rebut. réexpédition. recommandé. tournée en tricot. courrier avisé. destinataire absent. courrier mis en instance. avis de passage. boîte postale. tri général. caisse orange. caisse grise (pour les publicités). suivi colis. ravitaillement dépôt. courrier expédié. toujours un coup d'œil supplémentaire pour les gros clients (sur notre quartier 28, surtout des docteurs). demander une pièce d'identité. vérifier la procuration. faire signer le bordereau de livraison. vérifier l'adresse et le nom. pour un pavillon le numéro suffit. on remet le vélo dans le camion à 13h38. on termine en faisant le compte-rendu des douze recommandés du jour.


sur le périph à 16H35. le Nord est annoncé fluide. je vois les deux Mercuriales réduites à disparaître dans le rétro.

Porte de la Chapelle : expérimentation - réduction de voies.

Pollution : ralentir.

retour de nuit. le stade Charléty éclatant. à côté, le cimetière. pensée de route. la ville éclaire ses morts.

à 7 mn de porte de la Chapelle, soit au niveau de porte de Vincennes, repéré les deux traits blancs signant les Vivaces de Bagnolet.

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19/03/09

18/03/09

périph de nuit. 9 mn chaussée extérieure Porte de Sèvres - Porte de Bagnolet.

sans regarder les luminaires. rien entendu non plus des musiques du tableau de bord - l'idée fixe emboutée au terme de la route.


insomnie. je lis 4H05 en bâtons blancs au-dessus du bureau. le dehors rattrapant ce qu'il n'avait pas fini de tracer, à creuser à triturer le corps qui s'éveille, inexplicable, comme en pleine opération.

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18/03/09

17/03/09

danger d'écrire. de se conditionner dans l'écrit. et l'écart.

passer à-côté - dormant sur la gravité de vivre - au seuil - regardant une porte se fermer et l'autre s'ouvrir - évitant trop les claques.


trop long. reprendre dans le dénuement (?) d'une phrase. danger d'écrire léger. sans urgence.

dehors à te rogner le souffle. redevenir muet.

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17/03/09

16/03/09

sous la lumière blanche - il y a les feuilles de lotus - les croisées qui engendrent des piliers - espacés - cylindriques - encore éclairés - selon l'écliptique et les tenants du dehors - pendant que le chien côté cimetière - au jardin à l'herbe rase - se promène - ce que tu vois depuis la salle d'étude - le chapitre - le grand distançoire.


il faudrait reprendre toutes les musiques et écouter les démarrages. en priorité la mise sous tension. ce matin deux-trois secondes d'entrée dans Brahms, c'est Brahms autant qu'Arvo Pärt est Arvo Pärt, l'œuvre engagée toute en une-deux secondes. combien ils ont dû se tuer à la tâche pour le mouvement d'une note à l'autre.

intensité - intonation - intention - projection - éclat - tessiture - touché - basse - accorde - amplitude - articule - gamme - rite - registre - température - tempéré - sentiment - dessous - architecture - mire - miré - objet - appartenance - feuille - feuillet - rature - rectifier - caractère - apprécie - dépôt - thème - lancement - lancé - attente - retenue - copie - hauteur - aimant - aimantation - retrait - nuisance - nuit - cloche - syntaxe - mobile - dissone - héritage - édit - généalogie - ornithologie - longueur - équilibrer - sensation - sens - imbrication - pile - portée - face - forcé - verset - vers - avertissement - amortissement - biais - croche - canal - accroche - croise - colore - génère - dé - décongestion - éclair - éclaircie - ouverture - arcature - armature - axer - somme - un - versé - deux - section - variation - texte - question - phrasé - machiné - machine - machination - jeu - jouer - acte - style - lieu - commandé - église - chapelle - désir - service - soliste - répertoire - solide - solitude - orage - étudier - timbre - décante - évente - message - infléchit - route - éveil - allumage - mode - époque - tintinnabule - forme - série - gloria - messe - miserere - tourne - ritournelle - public - récite - récitation - récit - lévitation - écrit - émanation - partie - partition - marge - rotation - abréviation - aval - appoggiature - amont - répétition - réparation - répartition - indication - clé - recommandation - situation - scène - terme - audience - image - saison - vision - vise - impact - contraire - différé - annoncé - questionné - suite - opposer - arrêt - continuer - point - vibrer - ténu - chanter - tendre - éternel - éteindre - pousser - pousse - frotter - piquer - attaquer - taper - étoiler - lier - poser - dilater - alourdir - allonger - filer - marteler - avaler - encombrer - emmener - minime - appeler - signe - voiler - clos - propose - pèse - lève - soulève - tonalité - sonne - totalité - naissent - pouvoir - air - bougie - tout ceci - et toujours plus d'insoupçonné - déjà là - présent avant la représentation - le levé de baguette.

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16/03/09

15/03/09 nuit

rêve. ma concession. rien de morbide. c'est une espèce d'annexe de Jardin des plantes, peu fréquentée car son emplacement est retiré des attractions et points de chute habituels. demeure d'herbe taillée court avec feuilles d'automne et chaises en fer peinture blanche écaillée (ou bois déverni). autour, des haies de rosiers blancs émaillés roses. un carré à soi dans la ville. mais on descend encore d'un rêve et me dis que ce luxe est du privé dont mes économies n'arriveront jamais à bout de monnayer. tout en visualisant.


belle journée. bouffée par les contrariétés. qu'importe ton soleil.

le paysage morcelé, Noisy-Rosny. vais y planter un cinquième printemps. tout ce temps à relever les mêmes mètres cubes d'herbe et de terre mêlées. pourquoi. peut-être parce qu'on cherche une trouvaille pour dire le banal. un rien d'échappé. et qu'un déjà-vu-connu pourra toujours peser ou faire levier pour appréhender mieux le à-voir qui ne cesse de varier. avec plaisir intact de rouler sa voiture pour accéder à ce non-lieu imbriqué dans la ville-même. désormais lieu grignoté par les complexes immobiliers et entrepôts majoritaires.

un lieu suffit - à mener sa vie amont dedans et tout dehors - quantité de faisceaux de vie inexplorés - on est encore si peu dans la matière - quand on approche - de n'importe où - un vent ou pluie relègue ton liège à la surface - flottant - dormant sur la gravité de vivre.

temps immobile. ciel émaillé bleu. air sec sur les feuilles.

envie de musarder aux côtés des pierres blanches de Saintonge, ou encore à Port-du-Plomb, Lauzières, Charron. pour retrouver cette atmosphère de Charentes on n'a que le côté Nord, au-delà de Bondy et Aulnay, vers les carrières de plâtre de Vaujours, les villages séparés de Le Pin, Courtry, Brou-sur-Chantereine. et puis les chemins marneux de la Dhuys.

trimballe un sentiment de - triché - qui pousse à continuer - que ce soit à rogner contre - ne plus camoufler - sans baisser la garde.

après-midi lumière coupante sur le pare-brise. la vitre est poussiéreuse.

bitume mordoré. de même que sur les routes d'embarquement à l'été. exemple l'Aquitaine (A10).

arrêt à un long feu de signalisation devant magasin/entrepôt nommé - Label Peaux -. en face de l'hyper-primeur.

image du monde. on se bat dans la voiture d'à-côté. violence à déboîter un membre. la voiture bougée de l'intérieur qui s'affronte.

le Domaine des Lilas, le Hameau de Diane, sont les noms que les promoteurs et élus locaux ont choisis pour combler le territoire. est-ce qu'ils connaissent Faulkner, comme le président des États-unis. non. ils parodient sans savoir.

chantier interdit. s'il m'arrive quelque chose tort d'office. face aux flics.

comme d'habitude depuis novembre rode dans les maisons-phénix du territoire. livraison pour l'été, vu l'état d'avancement. les laines de roche sont posées. les canalisations rebouchées.

pas un pro de la photo. quand je regarde dans le viseur-poitrine du Blad, rien à redire, pas de calcul, le cadre arrive au plus vite, on capte, le plus souvent avec bloqué de respiration. je veux bien ajuster d'un pas ou deux, mais dans cette confiance aveugle. c'est plus comment on erre entre, qui m'intéresse. sensible au contrebalancement. par exemple comment une ombre à main levée devient prépondérante en détour d'un mur tiré au cordeau. combien j'aime l'équilibre qui se fend (forme de rétablissement).

les futurs proprios profitent du dimanche pour zoner.

fasciné devant une mini-pelleteuse rouge avec écrit dessus ATLAS.

impossible de photographier le cimetière d'à-côté.

5 pellicules couleur soit 70 vues. plus 2 pellicules N&B.


pensée de route. comment parler se fera, plus tard? les mots se terniront-ils plus vite dans les bouches?

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15/03/09 nuit

14/03/09 nuit

ralenti - dans la perte de vitesse inopiné l'arrêt dans la descendante - dire hors-la-loi - ou dans le matériel à l'arrêt - toi à sentir une remontée de bulles aux hanches - vases communicants signalent quoi - un peu dans l'air un peu dans l'eau - si peu dans la gravité de vivre que lorsque ça tremble.


chantier. l'excavatrice. passé deux fois devant. la deuxième fois il tassait avec le dos du godet. ça sentait la terre retournée.


accepter le couperet des dates - rendre du silence - apparier l'écriture au silence - ça serait bien - c'est le bailleur de fond - peu d'estime pour ces grains laissés-passés sous le couperet des dates - les miens - dans le journal où c'est à seule fin de les laisser passer - quand il faudrait réapprendre le silence natif.


multiplier les entrées sur l'assiette. ça ne se compte pas au nombre de jours à traverser. mais au traverser encore. les passages dont on ne sait rien, encore.


rêve. je ne vois plus bien. je revois vaguement des figures montées dans un paysage. et puis des images en main propre, de provenance inconnue, mais sur lesquelles il y a des figures, peut-être les mêmes, éloignées sur un horizon avec bois feuillus.


métro couloir ligne 3 à ligne 12. P. se fige, l'avant-bras très dur. deux rats qui se tournent la queue sur des tuyaux d'écoulement. ça suinte en plus. je dis qu'il faut bien passer plutôt que de regarder.


sinon belle journée. hormis le temps gris il y avait - Orion aveugle - dans la boîte aux lettres. je ne m'y attendais plus. prix moyen d'un forfait portable de nos jours, frais de port compris et l'emballage a tenu les voyages en camionnette jaune-postal.


pourquoi toujours revenir au - descendre - et à - dans la descendante - quand la réalité te relègue comme un bouchon à la surface - ton liège qu'une pluie dissiperait aisément - quotidien au dard neutralisant toutes les forces - condamné à prendre respiration quand on voudrait suivre la nuit au jour à la nuit - que l'œil y passât tout blanc.


dans la descendante où on croit matérialiser pourtant rien vu et pire, tout à recommencer, le mur à monter invalidé.


aimerais bien savoir que je recommence de tel échelon-du-bas de charabia à ordonner, mais pas d'échelle dans l'épaisseur et si mon pied touche à la chaîne d'une balise de survie cela me dit simplement qu'il y a moi, une balise, et la mer ou l'océan, ou encore un bief amont, et si enfin on me disait ma position à l'abscisse et ordonnée près, ces notions seraient encore plus perturbantes.


si on peut jauger une distance, par exemple un 100 mètres, on n'a pas la mesure de la verticale liquide. après le deuxième mètre tout se perd.


entrer dans les tribus du voir qui gravite autour.


l'avantage du journal/net : en une fraction de seconde on peut tout perdre, fausse manipe, éclatement des mises en ligne, ordi pourri, suicide collectif des hébergeurs. alors faudra reconstruire plus solide, sous des tentures aggravées de ce manque.


ces grains de riz appelés gris-blanc ils sont toujours là présents. simplement ils affichent mieux leur glu devant des écrans lumineux, ciel, rideau, page blanche où ils s'assombrissent, que des souterrains, terre, route, bitume où ils se planquent.


dans le train une personne vient s'asseoir devant. dort une desserte plus loin. maintenant renifle en dormant la bouche ouverte. cheveux plaqués sur la vitre.

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14/03/09 nuit

13/03/09 nuit

Clou fondation Numéro un


rêve - encore raté - rien - tête étouffée une cuve sous la peau du front - au lever - pourtant vois bien qu'il s'est passé des mouvements contrariés comme un gnome pas-en-place dans la chambre de mon repos - rêve placardé comme une mise-bas mais personne à annoncer - à l'arrivée.


descendre aux écritures - non - porter quelques salles où dedans des sons - pour voir allumer en même temps.


oublié les clefs arrêt deux heures dehors dans le non-prévu trouvé un banc de quoi faire avec des briques de livres sur les épaules dont un Mazenod mais c'est un autre code mais avec similitudes qu'on sort du sac-à-briques imprimé en minuscules chevilles et barres attrapées quatre pages en un format d'office standard ils remballent sur la place du marché les culottes et sacs-à-main sur cintres et les barres de fer pliables à fourguer en dernier dans la camionnette quelques bosquets magnolias sureau-des-villes le reste en désignation inconnue camionnette jaune-postal camionnette blanche du blanc-poussière vers le bas place avec panneau voie piétonne cernée d'habitats à loyers conséquents élevés à pas moins de quatre étages tous les réverbères reluisant les feuilles de magnolia et sureau et désignation inconnue dans leurs pots leurs tonneaux taillés à mi-corps les articles dans les cageots les cartons les lingeries les cotons les laines-de-môme les maillots d'été et piscine chauffante dans des bacs sur planches sur tréteaux sous des parasols toilés au carré blanc blanc et vert rose défraîchi bleu guède des panneaux promotionnels se balançant avec des chiffres faibles de criée des balcons éclairés allumés du dedans des chez-soi avec bibliothèque étagère à livres et espace salle à manger reposoir pour vase à fleurs prix fort un centre hospitalier autre bordure ce voisinage d'une maison de retraite ou talasso on sait pas bien soit la place où ils déballent et débranchent les batteries vibrantes sur secteur et serrent leurs étals avec leurs camionnettes aux portes-arrière ouvertes la même surface-carrée-au-mètre-cube du marché à reproduire en soubassement où un grand déambulatoire à espaces verts aménagés fait le tour carré d'une sorte de séminaire à deux étages depuis ses fondations deux étages dont le deuxième est à hauteur de ceux qui cliquettent les blooms un vieux couple passe les blooms sont rétractables comme des cannes à pêche trois mètres en un ils sont trois à l'arrière de la camionnette blanc-propre sale vers les jantes conciliabule premier rapport de recette rapport à la journée au soir au lendemain ou à la route et au soir ou au rendez-vous du lendemain et à la route d'y aller l'un le pied sur un tabouret-jouet bleu-môme d'une trentaine de centimètre au plus devant le séminaire quelques bouleaux arbres fins troncs blancs éclairés par des ampoules rondes faible consommation piquetées dans l'herbe dessous comme dans ces résidences privatives où on joue au golf avant ou après la piscine chauffante et aux extraits naturels d'algues traitées in-vitro au laboratoire privé du groupe majoritaire à forte valeur ajoutée villas garanties instants-fraîcheur les fenêtres sont trilobées de confection récente mise-à-jour de part et d'autre des arbres croquemitaines plus conséquents aux terminaisons plus hautes plantées dans le gris soufflé des nuages éclairés à la vermeille couleur moirée des réverbères ancien modèle on peut voir au balcon un et balcon trois de ce qui à l'air d'être ou se présente comme un centre hospitalier nouveau modèle des mêmes baies vitrées conséquentes larges comme celles tirées devant l'océan les voiles et la digue de promenade des baies à lumière d'aquarium violet basse-tension faible consommation on peut voir la même chaîne T.V. allumée voir des couleurs des saturations des secousses de lignes technicolorées criardes sans arrêt réalimentées images modifiées un merle le moteur des camionnettes à destination foyer les freins des camionnettes à destination foyer le grincement des freins le moteur en veille les pas de la coiffeuse à talons un décimètre il met le parasol à l'arrière de la camionnette à destination foyer la toile est repliée sur la structure métallique un nœud bien serré les images câblées souvent diffusant un bleu-vert le mimétisme le sans-décalage entre balcon un et balcon trois faisant penser à un mouvement de ballerine ou de deux ballerines aux pas synchronisés au rez-de-chaussée du centre une longue baie ouvre sur un couloir de service avec extincteur et portes-à-numéro avec lumières arquées dessus les portes jaunes pâles et symétrie parfaite propre au liquide nettoyant ouvre la portière conducteur de la jaune-postal on entend une musique du monde électrisée comme un rock éthiopien ou hindou va la garer plus loin les déchets du dessous faible quantité de déchets larvés sur place un groupe de trois personnes bien habillés tailleurs noirs bien portants trimballant des valises à roulettes dernier modèle voyage-en-cabine qui s'ébruitent sur les pavés de grès rose-sombre le merle un tas de cartons regroupés au centre de la place à stores remballés un système d'alarme enclenché verrouillage automatique de la voiture de service les phares clignotant deux fois jaune-ville on peut voir deux personnes derrière la baie du balcon un elle est debout et porte une télécommande à bout de bras tendu vers l'écran alimenté de bleu-vert et autres lignes-à-sonnette pendant que l'autre personne ou convalescente ou infirmière de relais ou employée aux huiles et boues et bain-douches hydromassantes est assise le visage tourné vers l'écran grand cadre quadrichromie assurée sur plein de pouces du panoramique devant l'autre à la télécommande au bout du bras qui rejoint le corps droit-debout au niveau de la poche du pantalon c'est l'assistante en machine préposée au choix du programme de ce soir c'est la superviseuse en télécommande ou c'est l'autre elle attend comme ça va s'asseoir juste derrière la première assise sur la chaise en bois dernier modèle économique on voit le système d'aération toute saison comme un rétroprojecteur vissé au plafond quelqu'un sort le pas pressé d'une porte de service numérotée éclairée à l'arc lumineux peu de watts faible consommation une moto monophare blanc la convalescente ou autre au balcon une cigarette le bout rougeoyant du boyard l'écharpe de longueur tournée plusieurs fois sur le cou couleur pénombre les talons de la danseuse sac-à-main cuir à la taille un homme promenade du chien lui parle le chien fouille au pied des pots-tonneaux fûts carrés à plantes aux noms savants à désignation inconnue sauf magnolia sureau-de-ville la fumée expulsée de la bouche feux-arrière rouges et marche-arrière moteur sous-régime ou mal en point comme des saccades de pouls lent à venir pouls qui se rattrape comme des néons clignotant par longue intermittence sur les façades le peu de plastiques cartons et cartonnages étiquetés volette au sol le peu volette sans quitter le sol donnant sur le séminaire enterré plus-bas décalé de la cité des loyers conséquents elle est à nouveau debout devant le défilé des bleu-vert à sillons électriques pourpres tout ceci comprendre à gauche du bâtiment dit séminaire dans la nuit est le centre dit hospitalier-pas-mieux ou maison de retraite ceci faisant face comprendre tout à droite du séminaire d'intronisation des plantes rares à herboriser et autres espèces du monde à ménager faisant face à une maison-retraite ou l'autre bord du centre dit hospitalier-pas-mieux d'où proviennent les piaillements de l'oiseau du soir dit merle-aux-dernières-reliques les cages d'escalier sont allumées la lumière étagée dans l'accordéon des marches les phares virent sur 90 degrés une silhouette apparaît qui imprime son ombre de passage sur la paroi dernier modèle du séminaire à herboriser les spécimens du monde arrivés là un buste de géant apparaît la lumière façonne l'autour du géant le contour est net de plus en plus se précise à tirer des lignes d'acier et se gomme la lumière balayant le géant de la paroi la voix du poissonnier du vendredi soir sur le marché ambulant le merle sur sa branche de pénombre on sait pas où est le merle dans cette pénombre où il y a des branches le camion VEOLIA est arrivé les gyrophares jaunes aux extrémités le camion VEOLIA écrase des emballages de yaourts ou gobelets en plastique Il soit le camion VEOLIA tourne autour du tas de cartons un joggeur traverse la place en prenant la diagonale revient par l'autre diagonale le poissonnier manœuvre son transpal par à-coups sur le manche à remonter l'assise sur roues les glaces du salon de coiffure renvoient l'image cintrée de la coiffeuse et du rasoir en main et de la coiffe manipulée la tête-à-cheveux de la vitre abaissée le conducteur du camion de l'entreprise de nettoyage majoritaire tend un sac plastique casse-croûte un type au gilet jaune fluorescent prend les cartons et cartonnages et sachets jetables les projette à l'arrière du camion-benne-broyeur dit Il ou VEOLIA quand le réservoir est suffisamment plein il appuie sur un bouton actionnant le broyage automatique au balai le tas est plus compacte qui se ramasse plus facilement à empaler d'une main il met les petits détritus à voleter sans quitter le sol et retomber ou finir au séminaire des plantes recueillies dans un carton il verse le carton rempli dans la gueule il racle le sol du carton il finit à la main à la louche le reste projeté dans la gueule plus de merle du soir le poissonnier filme ses cagettes de glaces pilées à garnitures-de-mer montées sur le transpal le balayeur suit le camion V. la camionnette blanc-sale-vers-le-bas avec porte coulissante et bruit de porte qui coulisse le salon de coiffure est éteint un homme d'affaires est désœuvré fin de carrière à gratter il met une chaussure après l'autre claquantes bien cirées sur le dallage ligné en carreaux de granite gris anthracite 33 par 33 centimètres délimitant les autres plus petits pavés rose-grès sombres il continue comme ça sa vie au soir en ligne droite une chaussure après l'autre quelqu'un boîte qui s'entend s'allume une clope elle n'est plus là la porteuse de télécommande en faction devant les images perpétuellement alimentées formes mouvantes des bleu-vert et des rouges incidents dans le réfectoire ou la salle d'attente ou de détente le joggeur marche de retour un sac rempli de victuailles-à-week-end légumes avec poireau qui dépasse un chemin sous arcades relie le centre hospitalier à teneur de maison de retraite avec bruits de couloir d'institut talasso au séminaire dépositaire des rares plantes du monde recomposé dans le jardin clos à l'herbe rase où ils herborisent dans le prolongement de l'hôpital à l'arrière du séminaire on devine des résidences privées des îlots à bâtir sa vie les uns à côté des autres voisins qui se connaissent à voisins qui ne se connaissent pas du regard ne se parlent pas la place est vidée du marché derrière le séminaire soit à l'opposé de la place du marché vidée on peut voir des façades d'entreprises majoritaires et auxiliaires la fenêtre trilobée est éteinte les blooms sont déposés à l'arrière de la voiture-charrette on passe le jet surpuissant tout le séminaire est éteint les phares éclairent le jet le type en combinaison déplace le jet qui repousse les déchets récalcitrants aux premiers passages du camion-benne-broyeur plus assistant-ramasseur-balai les déchets alimentaires sont repoussés vers le centre la main gauche tient le tuyau gainé noir courbé lourd à maintenir un cercle plié dans le dos il avance en biais ramène le jet est blanc les gyrophares se reflètent jaune à jaune le pavage est jaune-réverbère les façades blanches des loyers conséquents ont quelque chose de phosphorescent quelque chose qui reste dans la nuit des nuages vermeils la nuit virolée de vermeille couleur vieux modèle la nuit des barres à mine à déterrer des séminaires de cultures inconnues consacrées par des dévots au langage croisé et inconnu dans la nuit ils transportent les barres à mine ils transportent les couleurs des réverbères et des aquariums basse-tension et les luminaires à l'acidité frappante sur des façades auxiliaires avec néons publicitaires à celui enfant qui crève un œil on crèvera un œil c'est inscrit dans le code de la nuit à celui enfant qui trahit le père on coupera une main tu verras le code sur la stèle perforée droite de granite noir dessus tu verras la terminologie lointaine des dévots le langage des frontières et le langage satellite du roi compétent tu verras une tête de trois quart la fumée le soufflé le boyard le coude anguleux sur la rambarde du balcon à celui qui a mangé dans le plat de l'autre ration sera privé tu verras ce qu'on reconnaît d'entreprises de télécommunication implantées en annexe et investissant les bords des centres hospitaliers genre maisons de retraite style hospices style séminaires à classer les plantes genre talassos à masser la jambe avec la boue on peut voir la cavale d'îlot-meubles pré-formatés aux moulures factices phosphorescentes agrégées au-dessus des transports à remettre de l'ordre au balai et torche blanche.


est inscrit en épilogue du code ceci - la ville du roulement des morts.

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13/03/09 nuit

(pour les mains coupées voir le code d'Hammurabi ; surtout lire sur publie.net : Architecture nuit, de Philippe Rhamy)

12/03/09 nuit

décide d'une retraite - là où toute forme de vie à rendre des comptes - tous simulacres de bienvenue vous poussant à plusieurs heures de route en sortie de ville débarrassé juste là flairant l'herbe - n'arrivant pas à bannir complètement purger son poinçon des fichiers centraux - trop enchâssé dans l'affaire revient au finir de 24 heures.


cadre avec du silence. ou l'air. redistribue. vire la troupe des sons tourne autour. ça ne se touche pas. prêt. s'il le faut. notre bon chef.


nous parlions dans le bureau. et pas une annexe. carrément la centrale. sujet de mes avancements. ce que je valais. où me mener maintenant. et puis il y eut ce grand store blanc derrière lequel il y avait ces cimes croquemitaines aux ombres à imprimer tous tissus. vous les auriez vues. - vous êtes avec nous?, il dit. je voyais ces points gris-blancs opérer à nouveau, grains de riz gluant dans mon œilleton personnel comme si on les avait verser à plein depuis l'écran crêpé de la fenêtre. où que j'aille, ces merdes de mouche-molle qui viraient mal-dedans, coulantes sur ma paroi interne.


s'éloigner du corps musical. aucune procréation. seulement des poussées.


finir partir de ces jours à marner sa plaie à continuer dans le jus le poison la nasse la violace continuer dehors les pieds encore dedans peut-être mais la serviette et tu sors fini de ces mares à tourner en rond baratter le flan du ventre à peine si le gosse va pas te tirer dessus un plomb avec son fusil de fête foraine là t'es mal qu'il s'y prenne à plusieurs fois de se gausser la mire dans tes fesses pars de ta chambre à vesses faut déjà que tu fasses quelques pas et après tu y retournes même ligne même rue puis même ligne autre rue autre ligne autre rue autre ligne même rue et t'es rendu une fois que t'as déambulé tous tes vesses un peu partout te porte mieux évacuer son moite c'est manière de s'éventer l'estomac trempé de l'épais mal-dedans.

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12/03/09 nuit

11/03/09









dorsale

une dorsale tranchée

entendu dans la rue - si y avait pas paris dans ma périphérie

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11/03/09

10/03/09 nuit

on avait pris garde à bien ficeler mes lobes avec des bandes de graisse en maintien. mais comme on sait, au petit matin il me fallait reprendre des bouts et tasser. quelqu'un (que je n'avais encore jamais vu dans ce service) s'est permis de me dire que c'était là signe de mauvaise vie.

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10/03/09 nuit

09/03/09 nuit

salle Pleyel concert maestro pourquoi pas Maurizio Pollini le virtuose Maurizio Pollini le pianiste de Luigi Nono le compositeur de Chopin le compositeur de Beethoven de Boulez à 30 ou 60 euros la place le prix moyen d'un forfait portable de nos jours pour du mémorable de l'instant pourquoi se priver du clavier harmonique quand on sort jamais pourquoi se priver de Maurizio Pollini le joueur ou disons on verra un pianiste face à une partition et comment ça se débrouille et ces auras sur scène si c'est sérieux on attend la suite la perfection la musique vient au soir après les travaux vient pour ceux aux mains tavelées n'ai pas rapporté mes jumelles ça aurait fait gros des jumelles d'aviateur dans l'assistance même si entouré de deux célibataires dont un endurci ça se voit à des riens le public vient pour faire chic plus rarement est mélomane plus souvent m'as-tu-vu récital que du bien portant scène et assistance n'en sortant pas de ces grands obsédés de la composition bien ficelée la musique souveraine s'en servir comme un axe tout le fleuron est invité par le pianiste le pianiste est celui qui invite de nos jours Maurizio Pollini a invité la tourneuse à lui tourner les pages de Stockausen quand il arrive au bout de la page en bas à droite elle se lève et ne manque pas de rabattre la page sur la gauche parfois elle tarde quand même doit avoir des notions pour arriver là mais ça doit aller vite quand elle tarde le pianiste tourne le regard de son côté le regard est blanc vide il transpire et il est vide tout le reste disons tout le reste du corps est dedans la page tournée ça va ce soir programme descendant ça dépend de comment on entend la chose Stockausen Schönberg Brahms le pianiste voyage toujours cette redingote il voyage voit toutes les villes à chaque arrêt tout est ficelé on le salue Maurizio voit un piano le soir rentré en scène fait son numéro c'est sérieux salue n'aime pas trop les rappels plutôt de ces personnes efficaces dans la minuterie de leur vie mais très poli correct et avec ça propre sur lui mais toujours cette redingote qui coule à l'arrière du tabouret son truc désolé c'est le piano alors quand c'est fini c'est fini et déjà bien qu'il soit homme à sourire sinon irait direct enlever ses chaussures sinon qu'y a-t-il à comprendre là-dedans pas le temps de sentir rentrer dedans au premier balcon toutes interférences abondent trop pris par ces célibataires ces couples à jumelles et hommes d'affaires pour qui c'est routine faut-il ouvrir ou fermer les yeux voir les gestes de percussion vive causer des sons voir ce que ces constructions font apparaître de ciels enchevêtrés clairières avec un peu de vert ou n'importe quoi faire la part entre le chef d'œuvre et l'exécution comment juger et se faire juge via les matériaux de nos rues tellurique stellaire obscure plate incommensurable plane passable dans la lignée respectueuse petite forme s'en sert comme d'une guigne à l'ouest c'est pas ça ne sort pas du domaine dedans ça roule dans l'ascèse insistant très finaud tapageur rouleur sans commentaire maniéré donne la leçon effacé dévoué un coup pour rien maîtrise et émotion froid à la note près continue le règne école des perfectionnistes école des insatisfaits a mouillé la chemise avec esprit musical noble moments de vide connaît son répertoire palette bien tempérée nombre de nuances contre fioritures des sens Stockausen œuvre obscure et tellurique Schönberg œuvre lunaire et nocturne Brahms œuvre stellaire et obscure le pianiste a soixante sept ans mon père a soixante sept ans joue par cœur pas de chiqué le regard blanc et vide le visage transpirant tourné du côté de la petite même pas terrorisée la petite tourne la page le reste du corps dans l'œuvre les trous les absences Maurizio gère ça au quart de millième de seconde près même pas depuis plus de cinquante ans depuis qu'il est dedans le piano la tête irriguée quand c'est fini c'est fini juste retombée de la charge saluer l'assistance sortir et embrassades enlever les chaussures.

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09/03/09 nuit

08/03/09 nuit

faire rouler la cavité - ouvrant la porte du train la bille - 24 millimètres roulant jusqu'au reniflant - sans muselière ça sent - des hachures sous un demi-cercle c'est l'ombre - l'obscurité hachante - dans la descendante roulant jusqu'au maître arrêtée sous les crampons roulant suivant la vitesse suivant les rayons - comme tu retiens le chien-guide.

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08/03/09 nuit

07/03/09

vu grain de riz - blanc-de-l'œil cuit gluant sur une vitre la sphère dessus éclatée - le chien léchant ta paroi interne - sensation de se gratter le dos sur la moquette - l'œil le vitré décollé - la langue sur ton givre maintenant lèche la bille qui roule la griffe - rouge sous la voûte - l'ombre avec.

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07/03/09

06/03/09

on avait tiré sur les câbles de mon nerf optique - à pleines mains - l'œil y était passé - le noir rendu - et la sensation du grand volume de la tête jusqu'ici occulté par cette bille - 24 millimètres bouchant la cavité - on pouvait enfin parcourir l'ampleur de l'os - remonter très haut - bifurquer dans des régions visuelles.

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06/03/09

05/03/09

l'œil derrière un crêpe ensoleillé - et sur une rue blanche - de l'œil tapissé - non pas ce qu'on appelle mouches volantes - ni givre ou décollement du vitré - mais un point gris-blanc minuscule ovale se déplaçant comme une araignée d'eau douce dont je ne contrôle pas les traits - sillons invisibles - quand je crois les immobiliser je les vois glisser comme de la pluie sur une vitre - repartir par le haut et l'oblique - obscurs vases communicants - images qu'on ne sait pas fixer - mots qui demandent qu'on les laisse passer quelques saisons après le premier signalement - les tissus désengorgés du cerveau mieux occultés - mots qui se dégagent - quelque mort - des vitaux - mort permanent - vouivre à l'escarboucle intenable dans une main - coulante sur ma paroi interne.

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05/03/09

04/03/09









rêvé - des circonstances des présences et affaires en cours j'ai tout oublié - revois ces figurines qui trimballent des yeux énormes totalement noirs pupilles iris et blanc-de-l'œil tout passé au noir - comme sur ces statuettes de dieux échoués en plein pacifique - ou dans quelque région compliquée de feuillages et d'animaux - où la pupille crevée a inondé l'iris qui a inondé le blanc-de-l'œil - ces divinités aux yeux perpétuellement ouverts je ne sais pas si elles me regardent à la place des yeux il y a des obsidiennes - mates - jamais polies - le champs visuel est total ou nul ou plutôt sans question il n'y a plus ces déplacements de pupilles trahissant le début d'un mouvement ou l'intention de bouger des échasses - ces gemmes noires me rappelant la Gorgone officiant dans la crypte du musée nationale d'Alexandrie - la réciprocité est impossible le regard vaincu - elles sans bouger.

orifices - organes isotropes - perturbants - isotropes et sans direction - je ne sais pas si ça veut dire quelque chose - mais de tous côtés - orbites - ovales englobant tous les possibles - fatigants - opacité refusant l'alternative d'un regard.

et cette injonction de les soutenir - elles - en face ou de biais c'est toujours là - quantités imperturbables.


sinon yeux paumés toute la journée dans des pièces à élaguer ses synapses puis un plafond gris-blanc où se reposer mais avoir préféré une plaque de verre avec double-vue stéréoscopique à partir de quoi on se réadapte.

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04/03/09
(avion au dessus de Bonneuil-en-France)

03/03/09

rêve - je le vois sur la moquette au centre de la chambre c'est un cloporte des plus marrons et gras je vais chercher une savate je prends la plus grande et referme l'armoire je remonte du hall d'entrée mais il n'est plus à sa place et je dois le chercher il est sous la table où je peux voir son pouls d'insecte aux aguets avec ses antennes courbes comme des pales et son abdomen marron luisant m'approchant il ne peut que fuir trace des lignes vers les murs désormais longés passant aussi des tas d'objets qui sont inaccessibles mais il est maintenant sans défense et je l'écrase du plat de la semelle sur la moquette m'approchant je vois son image aplatie rien n'est éclaté ni ne s'éclabousse tout est ainsi qu'une anamorphose il fait seulement le mort et que je m'acharne son pouls continue que je m'en aille son pouls reste détectable - derrière.

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03/03/09

02/03/09 nuit

je ne sais pas je ne le vois pas mon rêve s'est morcelé avec le réveil qui ne venait pas - je me réveillai et on envoyait des parpaings qui m'enfonçaient à nouveau et le rêve s'est morcelé oscillant entre une espèce de plénitude que je mets sous l'emprise d'une après-midi printanière - hier - et des grisailles où on voit ce qu'on a manqué et qui sera toujours comme un bâton bloquant la porte d'un ascenseur - ce même bâton bientôt brisé sous la tension - enfin quelque chose d'aussi mal foutu que ma tentative de l'expliquer - mauvaise image du bâton ce qui nous fouette dans le lit même - nous sans bouger - le bâton qui bloque un ascenseur n'a aucune raison d'être mis sous tension - seulement brisé - sauf si on dit qu'il est mis comme un roseau entre des étaux - image à s'embourber peut-être simplement une grisaille qui blesse comme le passage obstiné à travers des feuillages - au bout de dix mètres ça étouffe - mais ce sont les feuillages qui sont obstinés.

condensé d'images trouées par le dessous comme ces papiers trop imbibés de poisse gris-blanc dans lesquels sont enroulées des anguilles asphyxiées à l'œil blanc-livide.

garder le silence - est sous les mots notés avec ce débile de l'enfant - mais de l'adulte incapable de dicter tout-à-fait les mots de l'enfant - toute cette verbigération aux abois - comprise par le silence maternelle qui rassure l'enfant - le calme - enfant tu - assis dans le train - à côté de l'homme silencieux.

gare de Magenta. toujours ces éclaboussures de résines passées au noir bitumeux, sorte de cire accrocheuse étalée sur le marbre des quais. et détritus des poubelles arrachées. entre deux escalators tu peux voir des mottes de poussière. ce que tu récoltes en tant qu'usager des gares lorsque les employeurs attitrés ne varient pas leur traitement des employés de maintenance en grève depuis dix jours. bientôt on prendra le train avec les rats, toutes sortes de fouineurs agressifs traçant des lignes dans les recoins des quais, sous les bancs, dans les trains, sous les banquettes à gratter, certains affolés passeront d'une banquette à l'autre en se ruant n'importe comment sur les vitres, et aussi sur les marches, il y aura des rats sur les marches à côté de ceux qui s'y assoient quand il n'y a plus d'autres places disponibles.

quand tu t'assois gare du Nord, sur les murets carrelés verts d'une hauteur de 50 cm environ, suffisamment bas pour que ton giron forme un angle aigu avec ta jambe, ton genou étant plus haut que ton bassin, un faisceau noir-de-gris fuit sous ton angle mort gauche. c'est un animal qui te fait sauter de là, et durant un instant d'hébétude prolongée tu crois qu'il s'est introduit dans ton dos, que tu touches pour voir.

en ce moment ai l'impression que je revois les mêmes visages de passants inconnus de deux jours en deux jours. ceci est peut-être lié, assez étrangement, au chevauchement des jours de ville en ville où des spectres semblent s'engendrer. peut-être qu'ils se passent le mot, qu'ils savent que je suis de passage ici ou là et c'est alors une forme de rappel, un jour on te prendra, pour l'instant vaque.

au labo. un panier de pellicules noir&blanc à développer, qui remontent toutes au plein hiver. le temps du laborantin est incroyablement étiré, face au trois cliques du numérique, et pourtant cette sensation qu'on ne perd rien à être avec ses images latentes dans des chambres noires, humer des chimies nocives dont le cœur s'éponge, s'en mettre plein les mains qui en deviennent abrasives entre-elles, diluer à 1+4 le révélateur K. composé d'hydroquinone et d'iminobisethanol, diluer 1/4 de bouchon d'acide acétique dans 1,5 l d'eau, diluer à 1+4 le fixateur HYPAM, charger les films sur les spires à raison de 3 spires par cuves de 1500 ml soit 500 ml pour 1 film, verser le broc solutionné dans le haut de la cuve hermétique où une petite ouverture est aménagée à cet effet, la solution y tombant comme dans un entonnoir, coulant par un tube hermétique, emplissant la cuve par le bas, agiter la cuve pleine de révélateur pendant 5 secondes toutes les 30 secondes pendant 7 minutes et quinze secondes pour une eau à 20 degrés, vider, verser les 1500 ml de bain d'arrêt, attendre 1 minute, vider, verser les 1500 ml de fixateur, attendre 5 minutes en agitant de manière plus aléatoire tout en vidant le révélateur dans le bidon des révélateurs usagés, préparer la prochaine fournée de trois pellicules par cuve, revenir vider la cuve pleine de fixateur, mettre la cuve sous l'arrivée d'eau, rentrer dans l'orifice de la cuve le bout du tuyau caoutchouté vissé au robinet, laisser sous le flux pendant 25 minutes, préparer le nouveau révélateur, repositionner les brocs de bain d'arrêt et de fixateur bons pour d'autres usages, vider l'eau, dérouler les films de leurs spires, les essorer une première fois avec une peau de chamois, ceci délicatement sans forcer la gélatine fraîchement fixée, recouper les extrémités vierges et inutiles des films, en gardant un espace pour piquer les pinces à suspendre, suspendre les films dans la sécheuse automatique, piquer à nouveau une pince au bas des films suspendus, ces derniers restant bien tendus durant l'opération de séchage, refermer la porte métallique et actionner la soufflerie interne, verser la nouvelle préparation, deuxième tournée et suite. à la fin des 4 heures et demi, 18 négatifs séchés, découpés par groupes de quatre vues, rangés dans des pochettes numérotées en papier permanent, soit 216 vues à scanner, une frayeur suite à une goutte d'acide éclaboussée non loin de l'œil, et des mains qu'il faudrait nettoyer avec du savon et du sable, comme font les lithographes.

dans le train de banlieue. les Grands Moulins de Pantin disposent désormais de la lumière. les salles aux grandes baies vitrées sont éclairées même le dimanche. demain ils reprennent le chantier, les camions et camionnettes encombrés rue de la Clôture - qui remonte jusqu'à la voie d'accès au périph.

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02/03/09 nuit