07 janvier 2009 - 07 janvier 2010




01/02/09 nuit

Du désœuvrement des hauteurs


une ville, dont on observe à l'horizon les parois toujours plus ascendantes.

venons-en au problème qui a récemment accaparé tous les plus grands esprits de cette ville. on a construit l'ascension sans prévoir que cela nécessiterait tôt ou tard une correction du niveau des sols. effectivement, il est très vite devenu primordial de rehausser les sols, mais également évident que cela n'était pas envisageable compte tenu des maigres moyens de la ville fortement endettée par les derniers travaux engagés dits d'implantation des hauteurs. pour pallier à la rehausse impraticable du niveau des sols, il a été inventé un système de nacelles accomplissant le double exploit d'assurer le parcours intégral des lignes verticales tout en raccordant, au moyen d'un déroulement pneumatique des avant-trains, les parois entre-elles sur des lignes horizontales. c'est ici le meilleur projet substitutif à la correction impraticable du niveau des sols, qui a remporté l'unanimité des suffrages des plus grands génies de la ville qui s'étaient réunis en urgence lors du Grand forum d'architecture pratique et raisonnée.

mais pourquoi rehausser le niveau des sols? maintenant que les nacelles font l'unanimité ou presque (nous relèverons bientôt quelques limites à ce circuit) la meilleure réponse sera encore l'exposé des désagréments vitaux qu'a connus l'ensemble des habitants jusqu'à l'intervention exceptionnelle du Grand forum qui a homologué le nouveau système. avant, il n'était pas question de connaître plus de trois niveaux de génération, ou paliers de vie, dits gradations. ceux dont la naissance à la mort avait lieu trop en hauteur ne pouvaient connaître les passions noires des caveaux funéraires du premier grade, où une vie suffisait à tapisser l'intérieur de la chambre mortuaire de son inhumation hygiénique et même à visiter le grade du sous-sol un où les ancêtres reposent pour toujours. ceux dont la mort les arrachait à la vie trop en bas ne pouvaient connaître les joies blanches de la dispersion des corps au-delà de l'apesanteur, où une vie suffisait à tapisser l'extérieur de l'urne sidérale de son incinération hygiénique et même à visiter le grade du ciel un où les cendres s'éloignent à jamais.

le principe fondateur dit de substitution à la correction impraticable du niveau des sols a été inventé par les plus grands génies de la ville aux parois ascendantes dans l'intention de modérer, et même de supprimer, le désœuvrement dans lequel chaque habitant se trouvait jeté dès sa naissance, à savoir : regarder, depuis l'inachèvement du très bas, des cieux parfaitement achevés à jamais où on pouvait (paraît-il) disperser ses cendres; ou regarder, depuis l'achèvement du très haut, des sols parfaitement inachevés pour toujours où on pouvait (paraît-il) inhumer son corps. il s'agissait donc de retrouver les distances, ou plutôt d'annuler la notion des distances, et de joindre à jamais avec pour toujours ainsi que les joies blanches avec les passions noires, afin qu'une vie normalement menée puisse suffire pour se représenter l'achevé lorsqu'on est promis à l'inachevé, et l'inachevé lorsqu'on est promis à l'achevé, et enfin de finir inhumé lorsqu'on est promis à l'incinération hygiénique, et finir incinéré lorsqu'on est promis à l'inhumation hygiénique, en tout cas le choix devait être donné d'effacer le ou sans remède de la naissance à la mort en bas ou de la naissance à la mort en haut, le ou catégorique, par le et de tous les possibles, le et de toutes les distances.

il peut être utile d'indiquer que dans un premier temps les génies ont pensé le système en isolant les deux termes représentation et distance, évacuant de ce fait les querelles de clocher entre ceux des conseillers qui voulaient représenter les distances, et ceux des conseillers qui voulaient méditer les représentations sans les distances.

il est de plus grande conséquence d'indiquer qu'avant de se mettre au travail les génies se sont entendus sur l'impossibilité technique du rehaussement systématique des sols, mais que cette vue de l'esprit, qui avait pour but premier de remettre les parois à des hauteurs décentes pour que chaque habitant puisse s'y retrouver, et bien qu'à s'y pencher avec quelque gravité on ne pouvait plus ignorer l'embarras dans lequel aurait été enfouis beaucoup de monde, les a mis sur la voie du système qu'ils allaient inventé.

le travail des génies a profité aux augures qui naissaient trop bas, mais également aux haruspices qui naissaient trop haut.

cependant, d'autres problèmes sont apparus qui activent désormais les cercles autorisés de la ville aux parois ascendantes, à savoir : les grèves répétées de certaines catégories du personnel de la société de transport en commun Nacelle 8, qui en ont bien marre, en l'espace de deux jours (temps moyen d'un aller-retour avec les derniers prototypes mis en circulation), d'aller d'un inachevé à un achevé et inversement; les encombrements réguliers des nacelles dus à la surpopulation, ceux-ci ajournant les cérémonies, ce qui ne va pas sans causer de sérieuses complications hygiéniques dans les convois; les accidents spectaculaires qui au-delà des pertes irréparables jettent le discrédit sur la fiabilité technique du réseau des lignes verticales, une association d'usagers petites lignes, en opposition proclamée à l'association des usagers grandes lignes, a même revendiqué la cohésion des déploiements horizontaux avec retour progressif à des trajets de quatre paliers maximum, mais ce type d'extrémisme reste minoritaire dans les esprits; les pratiques marchandes de plus en plus discutées du groupe majoritaire Nacelle 8, au point que certaines initiatives privées imaginant une société d'utilitaires aux tarifs fortement attractifs voire partiellement gratuits, mais aussi des mini-nacelles en libre-service avec sections de péages gratuits, sont de plus en plus appréciées par l'ensemble des populations; enfin l'amplitude kilométrique indigeste qui est, et tous les plus grands spécialistes se sont accordés sur ce point, à l'origine de troubles comportementaux dont on tente de comprendre les causes à partir des réactions enregistrées sur des cobayes mis en situation de changements perpétuels de gradation dépassant cinq niveaux de génération par heure, ici il est à noter qu'un nombre quasi-total de chauffeurs de nacelle présentent des symptômes similaires de stigmates rouge et vert. la ville étudie sérieusement ce plus grave problème qui pourrait remettre en cause tout le système du Grand forum. déjà, un certain nombre de génies, mais le débat vient d'ouvrir ses portes, s'opposent verbeusement (ce qui n'est jamais un bon signe venant d'eux) contre les études qui ont été menées concernant la cohabitation néfaste dite de réciprocité contrariée des gradations de l'inachevé inhumé très bas pour toujours avec les gradations de l'achevé incinéré très haut à jamais.

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01/02/09 nuit

31/01/09

insomnie - ça continue - mais je décide - il n'est pas nécessaire de se lever pour noter n'importe quoi - mais seulement descendre un bras ou deux pour tenter quelque chose sur un rêve - qui s'agite encore derrière la paroi - mais les ongles sont arrêtés - je gratte seulement mes ongles - alors quelque chose m'atteint de lourd - à la tête - je ne vois que le bras lourd de la dormeuse d'à côté - surtout d'autres mouvements - les mouvements d'architectures réelles - sont sur ma paroi - relayent mon manque de volonté pour les mouvements - les yeux encore fermés je peux voir le plafond blanc - et je vois passer dessus - lucide - le rêve d'un fermier dans un rectangle grillagé - il court après un coq brun qui se dépense à éviter le fermier - courent le long des quatre côtés - le fermier après le coq - il brandit la pioche - c'est ici le rituel - je maintiens le rêve jusqu'à observer le sacrifice - la pioche est brandie qui se plante dans la cervelle petite et haute qui court - le coq continue - il continue sur une longueur de basse-cour - c'est terminé.


tu guettes. le moment où ça. ça va tomber. tu sais que ça risque et que ça va. tomber le moment de tomber tu y vas tu y as droit. tu guettes. l'inattendu de ce moment du moment que c'est de l'inattendu. tu attends que tombe ce moment et ça risque bien. ça va risquer et que ça risque ça va. ça va bien. tomber combien déjà tu sais. dès fois que tu ne saches tu sais. que tombe ce moment du moment que c'est risqué.
tu disposes de quelques roulades déjà quelques roulades à ton actif. du moment que tu sais tu ne sais que ça. ne risques que ça. des roulades au moment de rouler. des tombades au moment de tomber. au bon moment. bien que tu saches tu y vas. dans l'inattendu c'est très actif. c'est à ton actif. ça tu peux. tombant plus que ce moment. du moment que tu sais. très bien tu sais tu y vas. tu vas bien. très actif. bien que dès fois. et ça risque. où ça va ça va. tu y vas tu y as droit.


retour Paris. à 10 H salut aux tours de La Rochelle, dont les chaînes ont quand même servi à retenir le naissant et redoutable Pantagruel qui balançait bien des vaches. perte du ticket Cofiroute. tu t'en rends compte au moment où il peut te servir. au péage de Tours c'est 29 euros le prix fort. tu payes le tarif lié à ta portion de route Niort-Tours soit 16,30 euros en échange de ta bonne foi, d'une pièce d'identité, d'une signature dans une case blanche qu'une main tend au-dessus de ta vitre, et de la courtoise patience de la vingtaine de véhicules qui te succèdent.

à 14H57 ( La Rochelle-Paris c'est invariablement depuis que tu es tout petit: 5H de route) tu passes devant les vivaces Mercuriales de la porte de Bagnolet. puis cette bonne A3 qui nous rend à nos villes respectives du Nord-Est.


l'image et le retrait
la mer increvable - irremplaçable - imbuvable - la mer toujours - rien la mer - captive - au lointain - sur son retrait - au demeurant sera la mer - où se donner la possibilité du retrait - messagère de ton retrait définitif - la mer derrière ta grille - rien la mer - au lointain captive - elle ne se retirait pas - la mer est loin - au retrait définitif - la mer est longue - irrespirable - irremplaçable - son image impraticable - derrière la grille une mer - du bord elle ne se retirait pas - rien la mer est captive - définitive.


tu arrives enfin. tu as beaucoup marché et tu te réjouis du bol d'eau chaude que tu vas te payer. mais pour l'instant personne n'a répondu à tes appels. tu réitères, un villageois t'ayant recommandé cette enseigne qui affiche - en service -. tu réitères, un autre villageois t'ayant assuré la bonne garde de ce gîte tenu par des hôtes serviables qu'il a encore salué ce soir. tu t'impatientes enfin, un dernier villageois t'ayant fait des signes d'encouragement en s'en allant sans mot dire. tu es sur le point d'abandonner lorsque tu entends le loquet d'une porte en bois massif, à l'arrière de la maison du pèlerin.


soir. non pas la rémanence de voix radiophoniques. non pas des lémures attardés contre le lambris. personne dans le périmètre. ce bruit sourd, lent et persistant, provient du mur mitoyen des voisins. quelle est cette bête qui travaille, derrière?

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31/01/09

30/01/09

réveil. rien pour cambrioler le crâne.


temps des barges rousses, des bécasseaux, des bernaches, des bergeronnettes du rivage que l'on va bientôt quitter.


aussi - possibilité de son retrait définitif - rien la mer - possibilité du retrait - pour toujours son retrait définitif - rien la mer - au retrait définitif - pour toujours son retrait - se donner la possibilité du retrait - pour toujours le retrait définitif.

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30/01/09

29/01/09

meilleur aux aurores, seul avec les Loplops.

cabrioles - blanc au cerveau.




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29/01/09

28/01/09

rien la mer, au lointain.







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28/01/09

27/01/09

insomnie - je sens nettement - sans comprendre davantage - qu'il me faut - autre chose n'est plus possible - se lever pour noter n'importe quoi qui passe cependant - avec ça très volontaire dans les mouvements.


(je vais faire de mon mieux pour ne pas réveiller P.. j'entends en ce moment sa respiration. sa respiration est faite d'expulsions nasales qui se concrétisent en déplacements d'air très réguliers. son sommeil est concentré et elle rêve probablement. je choisis le protocole des lenteurs. je bloque mes membres inférieurs. mes membres sont contractés. avec ma main droite j'attrape le bord de l'armoire qui se trouve en ma possession à la droite du lit. en maintenant fermement le bord de l'armoire je m'aide de cet appui bien pratique pour faire se basculer le tronc. mes membres inférieurs tâchent de se faire aussi insoupçonnables que le rêve de P.. après un souffle parfaitement audible je commence à décaler une jambe. la jambe droite est raide qui descend au tapis. je peux m'appuyer sur cette raideur tout en marquant un temps d'arrêt recommandé dans mon protocole des lenteurs. je finis de basculer vers l'armoire le tronc qui s'appuie particulièrement bien sur la jambe droite et je tente de ramener la jambe gauche au tapis tout en continuant de maintenir l'armoire. j'espace mes avancées minuscules mais appréciables d'un certain nombre de respirations de P.. j'écoute le bruit particulier de la dormeuse. elle espace chaque mouvement d'air d'un silence remarquable. si elle s'arrête le temps d'un ou deux mouvements qui ne me parviennent pas ou que je ne perçois pas comme mouvements ou que je ne conçois pas comme la marque caractéristique du souffle expulsé de la dormeuse elle recommence après. alors c'est le signal pour me mettre debout en entier. de la main gauche je soulève la couverture depuis son sommet intérieur droit et rabat ce dernier sur l'extérieur du couvre-lit faisant ainsi apparaître une espèce de forme triangulaire possédant le double avantage de favoriser le pivotement de la jambe gauche qui se retrouve sans plus attendre à côté de l'autre jambe tout en interdisant de dangereuses rentrées d'air au sein du lit. P. semble ne rien entendre à mon travail soigné. elle ne peut pas concevoir le labeur que j'instaure en ce moment. je travaille à ne pas réveiller P. dans la nuit où elle rêve. j'y arrive. elle continue et je suis sur pattes pendant que ma main gauche est encore accrochée à la couverture. la main tient fermement la couverture alors que je suis debout. j'espace la suite de mon protocole de quelques silences respiratoires bien mérités. maintenant je peux lâcher la couverture tout comme j'ai lâché l'armoire. je commence un pas. dans le noir mon pas se fait à tâtons sur le tapis que la plante de mon pied ressent. le premier pas de ma jambe droite sent le tapis où il tâtonne et avance. la gauche bascule à son exemple. je sais qu'en face de moi il y a le mur de droite et qu'à droite du mur il y a le filet perpendiculaire de la porte. je sais que le mur de droite constitue la prochaine étape de mon parcours d'homme muet face à la dormeuse. P. est peut-être en train de rêver quand je sens devoir atteindre le mur en trois ou quatre pas maximum. mais j'atteins l'évier qui se trouve à gauche du mur alors que je n'ai pas fait trois pas et que P. est peut-être en train de me rêver mais peu importe. je ne peux pas dire quelle main touche l'évier concave mais je peux dire que cette main sent l'inox de l'évier concave. je m'arrête et laisse passer quelques expulsions de P. qui dort profondément dans la nuit où j'avance debout à tâtons. puis je me retourne droit et entier dans la nuit et j'ai l'impression que P. a détecté quelque chose de mes lenteurs protocolaires d'homme muet qui sort entier du lit et avance debout dans la nuit en essayant de ne pas réveiller la dormeuse. mais une expiration franche et un souffle non dissimulé que j'entends s'amortir contre la couverture me convainc du contraire et je peux amorcer mon déplacement depuis l'évier en inox atteint précédemment en passant par le commutateur de lumière que je détecte dans le mur jusqu'au filet perpendiculaire de la porte. c'est à partir de ce bout de mur d'une quarantaine de centimètres séparant l'évier de gauche de la porte de droite que je touche à la porte. tout d'abord je ne touche pas à la porte. je cherche la poignée et je touche le commutateur de lumière puis du commutateur de lumière que je tâche de ne pas actionner en suivant sa convexité tout comme on suit la convexité d'un objet pour apprécier son tranchant sans s'y couper j'arrive au chambranle. à ce moment je sais que je ne suis plus très loin du filet lumineux qui mettra fin à mes lenteurs. P. se retourne et pèse de tout son poids de dormeuse dans une belle et sensible expulsion. elle rêve. à ce moment je descends du chambranle à la poignée de porte que j'atteins avec aisance. de la main droite je pratique une légère pression continue sur la poignée afin que cette dernière ne grince pas comme elle en est capable avant d'arriver à sa butée où je continue à la maintenir fermement vers le bas alors que je commence à basculer la porte et à ouvrir le filet qui s'ouvre et diffuse sa très faible lumière grise quand j'observe que j'ai déjà mon pied droit à l'extérieur. mais la lumière diffusée grise m'oblige à être plus rapide dans ma coordination de membres car j'ai fait quelques bruits malheureux lors de ma dernière manipulation et cette malveillance a failli réveiller la rêveuse tout en mettant un terme au protocole ou tout au moins dissuader la dormeuse de rêver davantage son rêve pour en commencer un autre après une séparation de temps indéfinissables ou plus simplement couper court au rêve de la dormeuse. je vais plus vite. j'extrais la jambe gauche de devant l'évier et me débrouille pour la faire parvenir du côté de la jambe qui se trouve derrière la porte entrouverte. et ça marche. je rejoins mes jambes quand je commence à basculer la porte afin de la refermer. je ferme la porte. à ce moment-là je sais que j'ai fini et que mon protocole a réussi et qu'il prend fin. mais au même moment ou un peu après que je me sois concentré à rassembler quelques esprits sur mes nouvelles résolutions à suivre j'entends que P. se retourne et semble parler et effectivement parle et même assez fort pour que je l'entende distinctement désormais : Pourquoi. Tu. te Forces. te Reposes. Pas... et encore: Tu. Fais. te Reposes. tu Peux. Sortir. Maintenant c'est. Fini. c'est Trop... et encore: Je. suis Réveillée... tout ça très vite et déconcertant dans un mouvement de voix glaciale et puis plus rien que cet échos de voix dans la très faible lumière grise où je suis. j'attends derrière la porte où mes membres sont raides et froids comme la nuit. j'attends encore et inexorablement j'attends toujours.

fausse alerte. c'étaient de ces paroles jaillies du cœur des rêves du profond sommeil agité de la nuit de la dormeuse. je m'en assure définitivement lorsque j'entends sa voix lente et lâchement mécanique dire tout bas sur le trait diminuendo d'un timbre finissant : J'ai très faim. Je dois chercher le chat. Je dois le nourrir. Vite. Le chat. Le chat... nous n'avons pas de chat à ma connaissance.

je déduirai un peu plus tard qu'il était aux environs de 4H00 quand j'ai mis un terme au protocole des lenteurs qui m'a permis de remonter sereinement vers d'autres priorités pour lesquelles je m'étais tout d'abord levées.

il est peut-être 5H30 lorsque je reviens. plus tard je demanderai à P. (après m'être assuré que tout comme moi elle faisait semblant de dormir) de retenir le mot - bougie - (j'ai en tête une série avec - bouge bougé bougeoir... -) et c'est le référentiel le plus sûr que je trouve à soumettre sans plus d'explication à la très bonne mémoire de P., lorsque je me rendors avec elle.)


à jeun - sans - deux jours - impraticable - doit aller au musée - au pire défaut demeurant - m'éviter - cette peau sale - recoud le sac de couchage - méfiant - malhabile - la mobilité pas là - silencieux dans le sac - seulement le chien avec - ne pas parler pendant que je couds le sac du chien - la tare là - regarder la tête du chien deux jours - très ennuyé - la tête est très ennuyée - ma tête mêmes choses - tête sale contre paroi - enfoncer la tête dans la paroi du mur - regarder le mur - m'éviter ce chien impraticable - répugne à récupérer la tare impraticable - nourrir l'impraticable - bloquer le texte contre l'impraticable trois jours - se sent de bouger le chien du tapis - dans le silence - avec le chien - regarder parler le chien - ne pas m'énerver le chien - escalader la paroi sale de la tare enfoncée contre l'impraticable - complaisance dans la saleté du mur trois jours - seul - enfermé avec le loquet - mêmes choses le chien enfoncé droit - avec la bougie quatre jours - pense à une sphère - la sphère continue - station de la sphère à un centimètre mesuré de la paroi du mur - la sphère retrouvée contre - éclatement de la sphère - le liquide blanc sur la paroi - le liquide blanc coulé droit sur la tête de l'impraticable enfoncé - coulis blanc au tapis - avec le loquet quatre jours - m'éviter le pire - recoudre ce sac sans aller au musée - cinq jours deux fois - plus rien.

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27/01/09

26/01/09

481 vocations à se taire


pas de prélude. guerre d'où on est ou on ne peut guerre avale. corridor ouvert fermé guerre intérieure commence à extraire. guerre, le peintre du vieux port du vieux marché renonce au vieux vieux crépuscule. toile noire du vieux continent. recensé 481 mots dans mon calepin sur mon mur avorton ma fille de guerre à extraire mon répertoire de reportrice de guerre à 481 x pulsations et approches du nom de guerre du mot ruine Guerre. ruine manipulée éventrée ruine ruinée des x médiats des directives directionnelles des dérives directrices des directs. médiats des mises en direct. médiats des immanquables. un prélude médiatique. rires des métaux. la guerre rotative seule. la directive seule. Ruine seule restait sur ma nuque une fois le décompte inutile des corps de passage. Ruine seule était après tous mes pots retournés. 481 x contre toi Ruine après le passage du pressage du tirage du rasage du gazage. une nuque froide seul bataillon crevé. 481 x innovés crevés. trou rebouché vite personne pour le voir. 481 trous rebouchés de mon seul fait d'armes vite personne pour les voir. rien, une nuque froide. mais d'autres coups d'autres métaux là d'autres rictus d'autres pots attaquant. il y a d'autres pots. dehors des alarmes. alarmes des autres pots. nuque froide. c'est la guerre intérieure, dehors, ceux qui disent si jeunes, disent violence et restitution immédiate dans la violence, disent les métaux, disent le rictus des métaux, disent le dedans des métaux, disent le dedans des rictus des métaux, disent le dedans des patients, disent le présent dedans des patients, disent le rictus du dedans présent, disent les patients qui disent le dedans présent, les patients disent l'évident dedans, l'imprédictible dedans, le prévisible dedans, le divisionnaire, le provisoire, le pouvoir, ils disent le pouvoir divisionnaire, le reproductible, ils disent le pouvoir reproductible, le pensionnaire, ils disent le pouvoir pensionnaire, le mortel, ils disent le coup mortel dedans, disent le cohérent, le violent, le menaçant, disent le sympathisant, le partisan, le clément, disent le ventre, l'éventré, le ventre compliqué du dedans, l'éventré du ventre du dedans, le ventre vaillant du dedans clément, le ventre saillant du dedans conquérant, le ventre saillant du dedans négligent, le ventre vaillant du dedans conquérant, le ventre vaillant du dedans négligent, le rentre-dedans du ventre négligé dedans, le rentre-dedans du ventre éventré dedans, le dedans du moral dedans, le décadent du rentre-dedans le moral, le pansé du dedans le vaillant, le dépensé du ventre le dedans, le négligé du ventre, les patients disent le négligé du ventre, ils disent le négligé du bouton du ventre, le bouton du ventre négligé, le bouton du ventre du mort négligé, le bouton du mort, le mort du dedans, le rentré du mort dedans, ils disent rentré monde ordure, ordure horreur monde, monde dedans horreur, dedans monde rentré, rentré monde éventré, du dedans compliqué, du menaçant cohérent, du ventre du, mort du dedans, disent absolument.

tu approches un nom, une ville, une arche et une grotte. Ségor. où sont-ils, dans ta demeure pathétique, où ils ne sont pas dans tes retraites, dans le chant de lutte du ventre du monde ils sont. monde des brutes. guerroie pour toi. fraye un mot. biffe le mot même s'il n'y a plus personne. crève le mot. crève un seul de tes yeux usuels pour voir. Tod usuelle. Tod. Müde. personne. personne usuelle. point immobile et usuel. une vraie brute ce point-là. celle-là. cette affaire-là usuelle absolue des innombrables univers préférables et charroi ou caddy des folies internes précoces et grandes qui te blottent. qui blôtissent ton ventre. bâtissent dans la nuit froide. 481 x boutons x 481 boutons d'x. dans une heure plus rien.

un crépuscule. où être. dedans Ségor.

ou être dans la grotte. avec Loth.

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26/01/09

25/01/09

rêve. peut-être que si je vais chercher les pinces rouge et noir plus et moins de la batterie du garage. non. ce matin je n'ai que des bornes négatives. et puis il tomberait raide ainsi qu'un insecte grillé. ce sont de ces mystérieuses batteries oléopneumatiques dont on nous parle qu'il me faudrait peut-être pour recenser accumulations et pertes des rêves. à la place, je titube jusqu'à l'ordi. qu'il me soit permis de dire que j'ai rêvé (pourquoi, ma connexion mentale de titubant me fait écrire dans un premier temps - rester - au lieu de simplement - rêver -), et ajouter que ça se sent, os broyés du songe, coraux blancs de mon eau territoriale, épaves de la nuit qu'un vaisseau n'atteint, tas de micro-algues de mon obturateur principal.


à jeun, sans travail, et même pas dans le vrai travail - à se rendre fourmi -.


heureuse brume sur la ville et ses tours. - le soleil est si difficile à rejoindre ces temps-ci que son absence, qu'il fasse beau ou mauvais, n'est pas un problème -.


ballade nocturne sur le front de mer. les lumières citadines sont estompées par la brume, mais cela forme de beaux halos, d'étonnantes luminescences. le point rouge d'un phare signale l'horizon. des poussières d'étoiles déchues sur La Pallice détourent les falaises du Chef de Baie. un faisceau nous parvient par les eaux. c'est une lumière-guide et c'est un bateau de pêche de retour au Vieux port.


on n'échappe pas aux garde-côtes, aux incendies volontaires et aux douairières, alors encore moins aux naufrages, aux fourrières et à ces parcmètres hors service.


quand tu commences il y a les murs. les murs sont déjà là. tu sais aussi, ou quelqu'un te l'a dit ou fait comprendre, qu'il faut bêcher. qu'il y a beaucoup à bêcher. qu'il te faudra beaucoup bêcher. jour et nuit bêcher. ce que tu ne sais pas quand tu commences, c'est la bêche. personne te l'a dit. personne t'a dit ou fait comprendre ce que c'était ni où c'était ni même si la bêche existait pour toi. tu sais qu'elle existe pour toi, mais personne te l'a dit ou fait comprendre. tu commences à bêcher avec ta bêche les murs qui sont déjà là.

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25/01/09
(j'ai atteint le 808è rêve, puis je suis remonté. je n'avais plus assez d'air dans la bouteille.)

(pour DP :
chiche le pas - chiche ton pas lent - chiche ton chien - chiche le pas du chien lent - chiche le pas du chien lent de ton partenaire - chiche ton partenaire lent - chiche ton partenaire chien - chiche le pas partenaire du chien lent - chiche ton chien de partenaire lent - chiche le - passe le au partenaire lent - ton partenaire reçoit ton chien chiche - de ton pas le partenaire chiche chiche le partenaire de ton pas chien - de ton partenaire de chien de pas lent - partenaire chiche de ton chien - chiche le chien de ton pas.)

24/01/09

rêve. non de non. heureusement que j'ai l'assurance d'intervenir d'en ceux de P., qui m'en dit de longs, des rêves, avec transformations animales.
non pas articuler des mots. ni mastiquer. mastiquer l'articulation. l'inarticulé des mastics de mots plein les gencives. mastics des vitriers. mastics des instituts et prothésistes dentaires. mastics des baignoires étanches et douches hydromassantes. mastics des aménagements concertés. mastics des solutions provisoires.


falaises du Chef de Baie, La Rochelle Nord bordure Ouest. des enfants jouent au char. je fais bien le garde-côtes avec mon deux-roues et ma paire de jumelles. sur le rivage des éboulis de ce côté Nord-Ouest, un jeune couple, très proche de la mer. les jumelles pointent sur la densité de cet élément atlantique. des enfants tracent des cercles, puis une marelle face au soleil.


rêve.
où je serais dans une autre après-midi que cette après-midi voilée.
dans une après-midi sans nuages, minérale, aride.
dans la Zone portuaire de La Pallice, La Rochelle plein Nord.
usine d'engrais, usine de valorisation énergétique, silos, postes de pompage de station d'épuration, bunkers, chambres de commerce, halles, sont quelques-uns des mots que j'emploierais dans mon parcours.
RODIA, VEOLIA, GRATECAP, sont quelques-uns des noms de La Pallice qui joncheraient ce rêve.


les jumelles. dans l'impossibilité de retenir. mais bon piqué. je regarde. ce sont quand même des montures Carl Zeiss que ce brocanteur m'a revendu au rabais, provenant de son service militaire malgache, années soixante, coopération technique durant laquelle il donnait des graines aux singes, le matin, quelques cours de langue française, l'après-midi, quelques missions de sûreté via survols en hélico affrété non stop, et puis c'est tout.


en ville - puis dans la chambre - resté un moment dans le noir à chercher le mur de la ville - moments à traverser le mur - reprendre son mur.


je dois préparer la maison.


je dois reprendre cette histoire de mur. c'est un mur pignon blanc d'une maison à un étage. il a été vu depuis une voiture. il est situé à un petit carrefour de l'arrière-ville. c'est plutôt une place ingrate pour lui. cependant il reçoit bien la lumière du soir. on doit bâtir le mur dans sa chambre. pour ma part j'ai commencé à le monter juste devant ma table. en rentrant on ne voit que lui. on le contourne, et s'y adossant on retrouve l'espace ou la cellule suffisante pour mettre les mains à table.


ce soir en rentrant à la maison je découvre qu'un égyptologue a laissé neuf mots et deux virgules dans ma box, dont un mot centrale qui ne quitte le mouvement aquatique et protéiforme de la proposition. mais surtout ça tient, voilà l'image nécessaire, la route praticable. de quoi tenir encore longtemps les lampes-tempête, même si on sait bien qu'on fait l'acrobate dans la forêt.
ce soir je ne reproduis ni le nom ni les mots et virgules - qui n'ont bien sûr pas besoin de mon intervention -, car je sais, au-delà de mon inaptitude, incompétence et in-autorité en la matière à reproduire avec exactitude, fidélité et mimétisme, et bien que ça aurait pu la servir, combien notre société marchande n'acceptera pas une dation en paiement pour 9 mots, 2 virgules et nombre de lettres marines mises au-dedans.
à ce propos je ne suis pas marchand d'art, mais clown à ravitailler dans ses tours de piste. je suis passé maître à éviter les légumes qu'un public ennuyé me lance. ils ne comprennent pas que mon spectacle commence au tour d'après.

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24/01/09

23/01/09

rêve. non. alors le bouton de radio. allumée puis éteinte. je ne comprends rien. trop de voix contre. trop de nuits peut-être deux ans de nuits déjà où j'ai, plutôt je n'ai pas ma tête au réveil, tête sans le rêve, seulement instantané du lever et retombée du rêve de l'autre côté inatteignable. faiblesse, stupeur à ne rien répondre quand on m'en dit de longs, des rêves. inquiétude sur cet état. est-ce que c'est fini pour moi. rejoindre le moment pluriel où on mastique les mots à articuler mot à mot. un à un. travail du grainetier, à défaut de connaître comment ça se passe derrière. grainetier. dans la carence du rêve encore non-dit, presque toujours évacué, deux ans de nettoyage de tête en courts-circuits permanents, lourde tête, tête à rêve dont le blanc te nargue peut-être quotidiennement depuis deux ans, de son loin où on n'attaque pas on ne prévoit rien des stratifications de l'opaque. ce loin où on me foule.
ce matin, pluie sur ma fenêtre. grands soufflés des vents. routes cirées et embellies possibles. mes pas vers l'ordi. noter juste la résistance de la tête sans.


une paroi infiltrée une fissure d'eau coulée.


j'écoute les baffles, j'écoute les saxes, j'écoute les basses, j'écoute les basses saxophones, j'écoute les basses continues, j'écoute les bassons, j'écoute les barytons saxes, j'écoute les sous-bassophones, j'écoute les cadences, j'écoute les cadences rompues, j'écoute les modes, j'écoute le mode phrygien, j'écoute le modal, j'écoute la partie dorienne, j'écoute l'atonal, j'écoute le dodécaphone, j'écoute le système dodécaphonique, j'écoute le diatonique, j'écoute le phrasé, j'écoute les phrases, j'écoute les parties difficiles à jouer, j'écoute les liaisons, j'écoute les parties difficiles à écouter, j'écoute les chansons, j'écoute les passages, j'écoute les voix, j'écoute les variétés, j'écoute les variations, j'écoute les anches, j'écoute les bois, j'écoute le récital, j'écoute la grive misicienne, j'écoute le concert champêtre, j'écoute le programme, j'écoute les paroles, j'écoute les parties parlées, j'écoute les parties solistes, j'écoute les mouvements, j'écoute les menuets, j'écoute les études de piano pour piano, j'écoute le violoncelle seul, j'écoute la suite numéro six pour contrebasse seule, j'écoute les études Ligeti, j'écoute le trio Rosenberg, j'écoute le groupe, j'écoute les divagations solo, j'écoute le collectif, j'écoute l'andante, j'écoute la symphonie inachevée, j'écoute le symphonique, j'écoute l'impromptu, j'écoute le contrepoint, j'écoute le contrapuntique, j'écoute le balancement, j'écoute la pulsation, j'écoute les rondes, j'écoute les croches, j'écoute les silences, j'écoute les retenues, j'écoute les partitions, j'écoute la partita, j'écoute le micro, j'écoute l'air, j'écoute le pastoral, j'écoute les vibrations, j'écoute les renvois, j'écoute les clusters, j'écoute les microcosmes du piano, j'écoute les compositeurs, j'écoute le compositeur ornithologue, j'écoute le W.A.M. de Salzbourg, j'écoute le compositeur basque, j'écoute l'estonien, j'écoute l'américain, j'écoute Webern compositeur assassiné, j'écoute l'école de Vienne, j'écoute l'ircam, j'écoute, j'écoute les chapelles, j'écoute, j'écoute les orgues, j'écoute le crédo, j'écoute le miserere, j'écoute l'orchestration, j'écoute l'arrangement, j'écoute l'interprétation, j'écoute la note expulsée, j'écoute l'impulsion, j'écoute la note bleue, j'écoute les climats, j'écoute la musique du monde, j'écoute le cornet, j'écoute le bugle, j'écoute l'accompagnement, j'écoute les distanciations, j'écoute les distorsions, j'écoute l'ouverture, j'écoute le canon, j'écoute les accords, j'écoute les tablatures, j'écoute les ensembles, j'écoute les parties improvisées, j'écoute les parties écrites, j'écoute les vents, j'écoute les ballets, j'écoute les cordes pincées, j'écoute l'archet, j'écoute la batterie, j'écoute la mailloche, j'écoute le percussionniste, j'écoute le cor anglais, j'écoute la clarinette-basse, j'écoute le tabla, j'écoute le piccolo, j'écoute la harpe, j'écoute les auditions, j'écoute l'auditoire, j'écoute l'audience, j'écoute les conservatoires, j'écoute les leçons, j'écoute les répétitions, j'écoute les quintes, j'écoute les quartes justes, j'écoute les tritons, j'écoute les quarts de ton, j'écoute les accords parfaits, j'écoute les accords mineurs, j'écoute le majeur, j'écoute l'Inde, j'écoute l'Éthiopie, j'écoute la ritournelle, j'écoute les bruits de la ville, j'écoute les klaxons de l'orchestre, j'écoute les fioritures de l'ensemble, j'écoute les régimes du moteur, j'écoute le nonnette, j'écoute le thème, j'écoute le refrain, j'écoute l'a-capella, j'écoute le diminuendo, j'écoute le point d'orgue, j'écoute la note finale, j'écoute le final, j'écoute la disparition de la note finale, j'écoute l'électrique, j'écoute l'électronique, j'écoute l'acousto-électronique, j'écoute le minimal, j'écoute le blues, j'écoute le rock, j'écoute le blues du rock, j'écoute le riff, j'écoute le chant révolutionnaire, j'écoute le play-back, j'écoute le stomp, j'écoute le rag, j'écoute Tatum, j'écoute le stride, j'écoute la jam, j'écoute la radio, j'écoute les fréquences, j'écoute les ondes courtes, j'écoute les sons sur la lagune, j'écoute les murs, j'écoute les murs du son, j'écoute les écouteurs, j'écoute les cloches, j'écoute la pièce pour cloches, j'écoute les appels et réponses, j'écoute les enchaînements, j'écoute les virtuoses, j'écoute les rythmes, j'écoute les rythmiques, j'écoute la toccata, j'écoute la forme sonate, j'écoute Josquin des Prés, j'écoute le madrigal, j'écoute le sforzando, j'écoute la séance, j'écoute le studio, j'écoute le piraté, j'écoute l'enregistré, j'écoute l'enregistrement, j'écoute les registres, j'écoute le live, j'écoute le rediffusé, j'écoute l'inédit, j'écoute le cut-up, j'écoute l'avant-scène, j'écoute le backstage, j'écoute la générale, j'écoute la répétition générale de la générale, j'écoute les tessitures, j'écoute le chœur, j'écoute le choral, j'écoute les accordements, j'écoute le diapason, j'écoute le métronome, j'écoute les intervalles, j'écoute les harmoniques, j'écoute les attaques, j'écoute les effets, j'écoute les bobines, j'écoute l'audio, j'écoute la stéréo, j'écoute le 33 tours, j'écoute le digital, j'écoute la platine, j'écoute la cassette, j'écoute l'analogique, j'écoute le gramophone, j'écoute Grabinoulor, j'écoute la technique, j'écoute le détaché, j'écoute le pizzi, j'écoute le free, j'écoute la musique religieuse, j'écoute la musique sérielle, j'écoute la séquentielle, j'écoute la musique du salon de coiffure, j'écoute la musique harmolodique, j'écoute l'harmologique, j'écoute l'harmolody, j'écoute l'harmodie d'Ornette, j'écoute le téléphoné, j'écoute le téléphonique, j'écoute la fanfare, j'écoute la grosse caisse, j'écoute le triangle, j'écoute la suite, j'écoute la composition, j'écoute la composition instantanée, j'écoute les clés, j'écoute la clé d'ut première, j'écoute le ternaire, j'écoute les plages, j'écoute les chords, j'écoute lee records, j'écoute capitol records, j'écoute decca recors, j'écoute le label Impulse, j'écoute deutsche grammophon, j'écoute la maison columbia, j'écoute ecm records, j'écoute la grille, j'écoute le tempo, j'écoute la métrique, j'écoute la fugue, j'écoute la disharmonie, j'écoute les songs, j'écoute le tango, j'écoute l'argentin, j'écoute la musique de chambre, j'écoute la musique de stadium, j'écoute la procession, j'écoute la messe en si mineur, j'écoute B.A.C.H., j'écoute les J.A.T.P. de Norman Granz, j'écoute les Antilles, j'écoute la passacaille, j'écoute la basse obstinée, j'écoute l'introduction à la française, j'écoute le concerto pour la main gauche, j'écoute BARTOK, j'écoute l'habanera, j'écoute la clarinette klezmer, j'écoute le chanteur populaire, j'écoute le chanteur de prime-time, j'écoute le prime time d'Ornette, j'écoute le disc jokey du prime-time, j'écoute l'Égypte, j'écoute les musiciens du Nil, j'écoute le théorbe, j'écoute l'oud, j'écoute le chur, j'écoute le douff, j'écoute le djoza, j'écoute le baladi, j'écoute le liponi, j'écoute le miama, j'écoute le rebab, j'écoute le luth bédouin, j'écoute la noix de coco, j'écoute l'ocarina, j'écoute le bois de santal, j'écoute le shâabi des rues du Caire, j'écoute le kemence, j'écoute le sântur, j'écoute le tiombo, j'écoute la tamboura, j'écoute les maracas, j'écoute l'arghoul, j'écoute le qawala, j'écoute le nay des virtuoses de la rue d'Alexandrie, j'écoute le fender rhodes, j'écoute le pleyel, j'écoute la trompette bach, j'écoute la trompette en ré, j'écoute la trompinette, j'écoute la pocket trompet, j'écoute le stradivarius, j'écoute le bop, j'écoute le pop, j'écoute le rap, j'écoute le rap rapé, j'écoute le juke-box, j'écoute le jus, j'écoute la mazurka, j'écoute la salle pleyel, j'écoute la scala, j'écoute le carnegie hall, j'écoute le vanguard, j'écoute le lincoln center, j'écoute la salle Olivier Messiaen, j'écoute la maison de la radio France, j'écoute le philharmonique de Berlin, j'écoute les sessions, j'écoute Lester Young dit the Prez, j'écoute the Duke, j'écoute the Count, j'écoute the Trane, j'écoute Jelly Roll, j'écoute Bud, j'écoute Buddy, j'écoute Max, j'écoute Ming, j'écoute Miles, j'écoute Charles, j'écoute les releasings, j'écoute l'année 1946, j'écoute l'Iran, j'écoute la guitare du metropolitan, j'écoute l'inter-contemporain, j'écoute les chœurs de l'armée rouge, j'écoute la musique traditionnelle du Ghana, j'écoute l'opus, les 626 Köchel, les Kurtag et Kagel, j'écoute le fado, la morna, j'écoute, j'écoute Sarah Was Ninety Years Old.

falaises de Port du Plomb, La Rochelle Nord. un cormoran en direction des Vendées. descendu à la mer. rien. elle ne se retirait pas. des ondulations. le chien est allé chercher son bâton. je regarde ce corps de loutre revenir au rivage.

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23/01/09

22/01/09

des tamarix penchés au-dessus du mur riverain de l'armateur.


on échappe aux familles, aux dîners de famille, aux photos de famille, aux arbres de famille, aux études comparatives, aux statistiques, aux prospectives environnementales, aux prospections de mœurs, aux sorties des métros, aux sorties des établissements, aux sorties des bâtiments publiques, aux lieux d'affluence, aux attroupements, aux masses saisonnières, aux saisons commerciales, aux opérations tarifaires, aux recommandations tarifées, aux services à la pièce, aux surenchères méthodiques, aux audits en force, aux pratiques fallacieuses, aux fausses garanties, aux warranties, aux garantees delated, aux vins frelatés, aux garants, aux rentes, aux délais expirés, aux garrots à amputation rapide, aux intimidations, aux remontrances, aux longues études, aux longévités, aux complications, aux routes encombrées, aux accidents de la route, aux routines, aux guet-apens humanitaires, aux faux convois humanitaires, aux convoyeurs express, aux gilets par balle, aux vigiles des charités publiques, aux ventes privées, aux réunions, aux désunions, aux marginaux, aux notables, aux récidivistes, aux vols à la tire, au travail à la chaîne, aux agglutinations du soir, aux manifs républicaines, aux défilés du boulevard, aux boulevards des intérims, aux transports bondés, aux clowns dévoués, aux dévisagés, aux transpirants, aux enfarinés, aux mouvements de foule très folle, aux comptoirs des postes, aux grands magasins, aux discussions à assister, aux gestes bien-vus, aux reconnus, aux ressentis, aux repentis, aux administrations récapitulatives, aux administrations disséminées, aux femmes refaites, aux bonnes femmes, aux petites dames, aux mésententes, aux rivales, aux menaces des bouts de rue, aux canifs, aux tracts anti, aux nantis, aux bizuts, aux canulars, au radical, au rural, aux râles, aux non-dits, aux négations, aux négationnistes, aux revendicatifs, aux revanchards, aux syndicats, aux initiatives privées, aux privations, aux programmes de santé, aux programmes de la télé, aux régimes canins, aux soldes, au solde de tout compte, aux gestionnaires, aux questionnaires de monsieur le maire, aux demandes de poème de monsieur le président, aux recensements annuels, à la vindicte étatique, au suffrage, à la raison publique, à la peine capitale, aux parités, aux raisons sociales, aux tapages nocturnes, aux après-midis à tondre, aux corvées, aux pensums du lundi, aux heures de permanence dominicale, aux honneurs, aux horreurs, aux distinctions, aux recettes, aux menaces, aux programmes imposés, aux listes à lire, aux changements de programme, aux avis à donner, aux positions à prendre, aux reproches à donner, aux oppositions à supprimer, aux suggestions à suggérer, aux impositions, aux rétributions, aux réclamations, aux avantages, aux plans d'épargne logement, aux plans économiques, aux dettes, aux salaires à justifier, aux restrictions budgétaires, aux salaires réels, au smic, aux salaires à payer, aux impayés, aux sous-catégories, aux demandes d'allocation, aux impôts sur la fortune, aux sous-payés, aux tiers provisionnels, aux dossiers à retourner, aux promesses d'embauche, aux prudhommes, aux redressements judiciaires, aux pensées équitables, aux pensées bien portantes, aux malodorantes, aux pensées toutes bonnes et faites, aux pensées à ne pas faire, aux autorités à penser, aux doctes, aux doctes es, aux sommités, aux soumissions au salut public, à la minute de recueillement présidentiel, aux autorisations du milieu, aux interdictions du centre, aux évacuations de la centrale, aux libérateurs de savoir, aux redresseurs de tort, aux donneurs de leçon, aux cas de conscience, aux cas graves, aux forces majeures, aux trop d'informations, aux sources d'ennui, aux tribunaux, aux savoirs tributaires, aux tribunes, aux majorations trimestrielles, aux pensées majoritaires, aux infortunes à expliquer, aux héritages à contresigner, aux inventaires, aux invendus, aux actes notariaux, aux meubles à ramener, aux doublons, aux brocantes, aux banqueroutes, aux activités licites, aux apparences, aux activités sportives, au ski, aux sports de raquette, aux moniteurs de ski, aux sports collectifs, aux ballons à transformer, aux balles à passer, aux passes, aux passages en force, aux passages des riches, aux concerts d'opéra, aux déboires des divas, aux apparats, aux pompons, aux cars de missionnaires, aux cars de touristes, aux quatrième âges, aux cars de crs, aux visites guidées, à la musique refaite, aux rediffusions du concert d'opéra, aux voyages de noces, aux mariages des inconnus, aux banquets, aux soupes, aux voyages en bus, aux romans de gare, aux civettes d'aérogare, aux salles de prière des terminaux, aux chassés-croisés, aux retours de week-end, aux retours meurtriers du ski, à la perte de motricité, aux lettres à répondre, aux personnes à contacter, aux personnes à rappeler, aux personnes à reconnaître, aux enfants à élever, aux déceptions, aux réussites, aux usines, aux ruses, aux actualités, aux prisons d'état, aux gardes-à-vue, aux répréhensions, aux compréhensions, aux armes de destruction massive, aux armes dites non-létales, aux pistolets automatiques, aux maisons de redressement, aux hospices publiques, aux retraites forcées, aux salpêtrières, aux pinels et charcots mal-ressuscités, aux vieilles dattes du pouvoir, aux pourris, aux chirurgiens privés, aux muselières, aux musées de cire, aux appels en instance, aux fiches à remplir, aux pourvois en cassation, aux questionnaires interdisciplinaires, aux jugements par contumace, aux preuves à restituer, aux demandes de papier d'identité, aux amandes, aux demandes de permis, aux retraits de point, aux prières de souffler dans le ballon, aux prospectus, aux réclames, aux mêmes choses, aux divers ménages, aux regroupements d'écoles, aux promotions d'écoles commerciales, aux commandants internationaux, aux amis en surface, aux surfaces de vente et achat, aux chartes, aux maisons closes, aux camps de force, aux missions d'intérim, aux camisoles de force, aux camisoles rouges, aux navires de la clandestinité, aux pirates de l'aviation civile, aux pirates des croisières s'amusent, aux loups de mer, à la marine nationale, aux sûretés générales, aux messages d'ordre publique, aux paroles de connaissance, aux discours de l'ordre, aux impositions des mains catégoriques, à l'Ordre.

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22/01/09

21/01/09

réveillé aux heures du sommeil profond, mais dans sa phase paradoxale dite du rapid eye movements (je veux bien).
un rêve était voûté contre ma tête. je n'ai pas pris la peine de le noter car à ce moment il perçait tellement mon corps mental que je savais devoir le retrouver intact à mon prochain réveil, dans quelques heures. j'aurais dû me lever, braver un quelconque morceau de papier sur une petite minute aurait suffi. ce matin, tête beaucoup trop courcicuitée pour tenter quoi que ce soit à son encontre. mais c'était comme si on m'avait pratiqué un beau trou à la manivelle.


le maître d'hôtel reçoit ses convives avec le même brin de voix monocorde, grave et taciturne, et le même sourire enjoué et débonnaire. vous eussiez été surpris de l'observer au soir, dans la solitude des tables défaites et à refaire, pratiquer des gestes de reconnaissance sentie envers le ficus géant et la verrière.

dans une même compacité de repenti crispé puis rendu, sa génuflexion devant les objets protecteurs.


aller au point d'allumage complet. blanc incandescent des jours plats à tirailler dans la voiture à bras. quatre bras sur deux corps à ton soutien. très respectueux.

puis la nuit relais.

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21/01/09

20/01/09

au réveil une couleur carambolée dans le crâne - sans pouvoir assembler, ni dire laquelle - vert ou bleu ou rouge encore.


je fais signe au chien de revenir. je me dépense à provoquer son retour. est-il à l'affût d'un geste spécifique. il s'attend peut-être à ce que je lui lance un bâton. je regarde cet autre chien faire les cent pas au rivage. personne pour l'appeler. il est tenté par des mouettes. je me débats quant au mien. il me rapporte une pièce montée d'algues.


deux jours d'absence au foyer mais les amants ont abandonné davantage et ne se reconnaissent plus sans une certaine dose d'appréhension virale.


une fois que mon Blad double-détente aura déclenché son bruit lourd de canon plus écho de fermeture, j'aurai affaire beaucoup plus sérieusement à ce chien des carrières. une bataille d'intimidation commencera alors entre mon piquet droit que j'ai voulu indémontable, et sa gueule transfigurée de phacochère. j'en ai réellement sauvé des membres.

pour saluer Jean Rolin - mais je ne le connais pas celui-là -, mais aperçu une fois, peu après - Terminal frigo -, son incroyable intervention de regard entre une cartoline rose à portée de main et la plaque de rue Turgot là où elle croise la rue Condorcet, un matin qu'il s'en allait vers un bureau d'obtention de visa pour l'étranger, et son prochain livre est déjà en chantier, sur des - containers -.

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20/01/09

19/01/09

au réveil trois secondes dans le vide. puis l'espace psychologique.


contrer les longueurs. circonvenir l'éphémère.


percer dans les jours - voir de ce côté - du côté de ça - de la percée s'il y a - percée et soubassement et traversée possibles - d'un jour à l'autre et d'un revenant à l'autre.

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19/01/09

18/01/09

partir pour, La Rochelle.

A86. ça coince au niveau de Thiais. temps de regarder le soleil comme une lune au travers de la brume (sans la percer). et de fait, plus on regarde, plus ce soleil a quelque chose du nocturne.

derrière les pare-sons, un immeuble de paraboles. dans cet immeuble, des personnes, et vies. tout ce qui s'est dit, ce matin, à tous les étages de cet immeuble.

un peu de lecture sur les rocades. NAIF, SUC, GOA, INDU, MOCH.

d'un système automatisé d'écriture homologué pour la conduite (mais pas écriture accompagnée). d'ici là on se contente du plat du volant, et de rogner les lignes blanches, délit encore mineur à confesser.

puis l'A10, l'Aquitaine.

à Tours, sur ces embranchements d'autoroute à passer la Loire, première percée franche du soleil qui ne nous quittera plus. coupe blanche. bitume mordoré. chaleur dans la voiture.
radio. émission itinérante aux frontières Mexique-Amériques. on marche 8H de nuit pour se faire refouler une énième fois. on tente encore. 3 à 4 mille dollars le voyage, pour les plus chanceux l'exil et droit au travail pour faire vivre ceux qu'on laisse et peut-être au bout revenir se promener, un jour, au Pays, un soir. on les appelle les - poules - et - poulets -. les autorités américaines confectionnent l'amalgame avec les - mules - et - mulets - passeurs de drogues. on refoule des gosses. il y a également les expulsions à vie par décret. c'est dans l'autre sens, même iniquité. tu vis et travailles 35 ans, tu cotises, tu gagnes bien ta vie. un jour on procède à des contrôles et tes papiers ne sont pas en règle, tu ne pouvais pas savoir, tu étais gosse quand tu es arrivée là et c'était tes parents qui travaillaient et cotisaient. on te jette après l'interpellation. tu vis sous un pont. on te prend tout. tes deux voitures, ta maison. tu as le droit à un coup de fil pour prévenir tes enfants, et aussi à une paire de baskets neuves... tu dors avec ton mari, sous un pont.

regarde les voyageurs passagers des autres voitures. souvent les voyageurs passagers font la sieste, la tête-poupée contre vitre. une fille se touchait les cheveux.

c'est le soir. rémanence de la Voix des ressortissants apatrides expatriés.

forger dans la descendante.

route. plus de route. j'ai faussé la mienne.

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18/01/09

17/01/09

retour de jour. ça roule bien dans mon sens. sortie A3 au niveau de la porte de Bagnolet. il est 8H02 au tableau de bord lorsque je passe devant les Mercuriales. cette fois-ci je lis leur nom de plante vivace ainsi que le nom de quelques hôtels de proximité élevés dans la nuit qui s'en va.

nous tournions d'un même mouvement revers autour de la figure à la coiffe instable. elle nous devançait dans tous ces mouvements. on a dû renoncer au visage de la figure à la coiffe instable.

quelque jour j'allais voir en sa montagne le sage défait de toutes paroles, coi j'en restais et repartais tout bé. sur ce retour de bagne par trop raisonnable j'achoppais à un puit, et de cette surprise de mont-joie trouée devais tout dedant crier les échos.

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17/01/09

16/01/09 nuit

minutes des vigies - au comptoir des minutes - minutes des stocks - à fouiller les minutes des quarts de ronde à faire les minutes - à fouiller les soixantièmes horaires à balancer des lattes de minutes - des quintaux - sur la tête d'autrui - dans la réserve des balles de minutes à percer, plein les sabords.

les minutes reprennent et entourent et se détourent se désaxent s'intercalent s'escaladent s'empalent détachent à nouveau s'empalent, détalent.

les minutes virent de bord s'encastrent font les fines se pourchassent elles avancent au pont elles s'étalent se stabilisent et redescendent et coulent, qu'elles se défassent.

secondes minutes siècles, rebuffades.
secondes minutes siècles, à mutiler les minutes à monnayer - celles à récapituler - les parcmètres les distributeurs de minutes - celles à façonner - les compteurs.

mine
mini
minos
minot
minus
minuit
minute
minime
minute(rie)
minot(erie)
minaud(e(rie),
biscuit(erie).

des grains - dans la cambuse - minutes propitiatoires - au comptoir - au parloir - calées - qui s'interposent - en tonneaux - aux bas sablons, et aux sabords.

des mesures et des miniatures, du minuscule.

route de nuit. passe à 23H58 devant les Mercuriales de Bagnolet. périphérique fluide. la ville renvoit ses lumières comme ses fumées. ne sachant pas si ma porte de sortie est encore en travaux, je sors une porte plus tôt. je me perds dans la ville muette des feux et des enseignes. une angoisse me prend à tourner ainsi toute la nuit. puis reconnaissance d'un nom sur une pancarte.

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16/01/09 nuit

15/01/09

j'arrive enfin. lieu ingrat, lieu fonctionnel. quelque chose peut s'organiser ici, encore. je n'ai qu'à décliner mon nom civil - il ne suffit que d'une fois: monsieur mo - et la personne qui centralise les nouveaux venus m'annonce: monsieur mo, mais au même moment la personne qui doit me recevoir - sort du Siège sans aucune considération à notre endroit - et je dois patienter une bonne coupe de temps supplémentaire sur une chaise d'appoint, derrière un ascenseur transparent dans toute sa conception. j'ouvre des prospectus d'appoint qui me seront fort peu utiles à l'avenir, lorsque la personne qui a étudié mon cas subtil au moyen de toutes les grilles d'information, fiches de formatage, familles de données, grossiers foulons, tamis, colonnes et cases à cocher et additionner, revient une mine désappointée à notre endroit. maintenant je peux la voir monter tout en me concentrant dans le système des contre-poids câblés de l'ascenseur défilant le long de la paroi, mais on me rappelle: monsieur mo, mais il n'est plus temps et je dois repartir.

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15/01/09

14/01/09

un ouvrage à base carrée, élevé ainsi qu'une tour isolée, aux murs suffisamment épais pour recevoir le corps d'un moderne de taille moyenne, et dont l'austérité des ornements effacés rappelle les lois du cube arabe, ses minarets. tout en haut, si on suit la chemise de couleur sable (mais l'image est elle-même d'un ton sépia), voici un jardin dense, un dais végétal abondant et inaccessible qui devait probablement ombrager les pas d'un sultan puissant et inaccessible. ni ouverture à même la pierre, ni chemin à découvert, ni relève défensive. seulement des merlons de bois aux mille essences, des remparts de feuilles lancées, mille senteurs, et des arbres noirs, de très grands arbres noirs.

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14/01/09

13/01/09

des points diffus, contrariés, à mal calculer les distances selon les sommets et les angles, une fille se trouvant sur la porte du train qui s'ouvre sur le nom de gare, une fille se trouvant devant un caddy d'ananas frais et prédécoupés, avant sa sortie à l'air depuis les escalators souterrains, après des noms d'hyper-structures ambiantes, des blocs-béton, des souricières à graffitis, des mots fléchés employés à redescendre, deux adultes en voyage d'affaire, sortant d'une visio-conférence, la fille dans le train, son nerf optique, son visage inqualifiable, tourné contre sa buée, les pannonceaux multipliés de la desserte éclairée, le visage dans la pénombre, l'auréole de noms tutélaires à la sortie du souterrain à commerces, les crève-coeur, les ananas tranchés, un caddy renversé contre un bloc-béton, le graffiti ALIEN, le graffiti BRAMS, le maître-mot BALOU d'une super-structure indéfinie, l'enseigne d'une entreprise dans la pénombre, régime inconnu, les chocs lumineux, remontée mécanique, réunion dans les salles froides des hautes sphères, NOISY-LE-SEC, les salles fréquentées, les lieux condamnés, les lieux d'aisance, les lieux d'écriteaux, le lieu des écriteaux, des palimpsestes, des mots balancés, infamants, des points contrariant toutes mesures, très diffus, jetés, des fruits frais, bien gorgés, rejetés, des hyper-actifs allant d'une tour à l'autre, des hommes à la mallette, des commerces à la criée, à la sauvette, des vols à la tire, bloc-béton, plan-masse, une fille indéterminée, sac-à-main indéfinissable, un siège d'une société quelconque, des farces-et-attrapes, des consolidés, des fruitiers, des fruits tropicaux contre des pièces, son billet à la main, son titre de transport, fruit de la passion, jujube, mangue, goyave, contrôle des billets, contrôle sanitaire des graffitis, une entreprise de nettoyage, régime officiel, avant le nerf optique de la fille du train de banlieue, sa pénombre devant la porte ouverte du train de banlieue, le nom de la desserte éclairé NOISY-LE-SEC sur l'ensemble des quais, après des points incontrôlables, l'autre gare, la libération des tourniquets à cartes magnétiques, toute la mitraille des fruits, les éclairs de noms déja vus, les dalles, l'assiette du centre commercial, l'assiette des offices proprets, les adultes en visio-conférence, en transit, des farces sur leur chemin d'entente, des attrapes-touristes, des patrons, des sacs de marrons remplissant tout un caddy, des contrôleurs procédant à la saisie, des gratte-ciels, des gratte-sols, et dépôts.

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13/01/09

12/01/09 nuit

peu paré aux choses. qui ne se disent. choses bien futées. dire les mouettes. quand les étals ont été tirés. dire le chemin. que tu dois prendre pour dire le chemin. dire s'arrête aux choses du dehors. dire leur grandeur. sans mesure sans échelle. dire dans le train le train. dire dans la voiture la voiture. très fortement sans repli. dire ta correspondance tout durant. l'homme du XVIIIè homme du XIXè homme du XXè. dire entendu. un homme s'est mis quelque chose dans la bouche et il siffle. comme un oiseau. une pie. rien qu'un rossignol. appuyer sur tous les boutons. se ruer sur les machines qui ne valent rien. qu'à dire ces machines qui parlementent. qui interfacent. dire ta taille de bonnet. ta pointure ton tour de taille cette après-midi. chemin jusqu'au bac à fleurs. chemin jusqu'à la gare du nord. jusqu'au café. jusqu'au pharmacien du nord. chemin. au sortir de l'échoppe d'audition préventive dire la ligne Météor. les autres noms de ligne. dans le temps d'apparition. dans le temps à se rendre les voies ferrées dire les voies de RER. voie A. voie B. itinéraire C. les via. les tunnels d'accès au train. d'accès à dire par là. dire j'ai trouvé mon train. dire tu as vu le nom de train. les noms de train à se rendre rendu. dire les horaires du train à l'arrivée. en partance. affiché en retard. à l'heure de 16H21 tu prends le 16H30. dire tout le protocolaire d'escapade. tu prends le train CISI. tu prends le train HOLA. tu prends le train MINE. tu prends le train MINO. tu prends le train TORA. tu prends le train VALO. tu prends le train GISE. tu prends le train TIVA. tu prends le train VASY. dire les portes du train. dire porte. place des points en chemin. touche des sols. se parle dans le train sur la route. annonce les itinéraires les dessertes à déserter. les noms de lieu. les noms de chef-lieu-dit de gare. ceux qui passent disent derrière les vitres. du train tu lis leurs déplacements. à dire le lieu de PANTIN. de NOISY. lieux des correspondances. dire les correspondances de la gare de bus de la gare relais de la gare terminus du terminal 0. prendre le bus les points tout derrière le bus. ceux de tout devant. point où j'accoste. point où tu accostes. où tu stoppes je continue. dire que ça sent dans le train. que les personnes parlent fort ou disent rien. parlent muet. disent un peu. tout bas face à face. face de biais. face de contre vitre. vitre à vitre. ne pas dire le paysage. ne pas dire le rebut de longer les entrepôts du boulevard Mac Donald. ceux du maréchal NEY et le périph et les petites villes et la gare de triage et les postes de triage et les villes postées à l'arrière de la gare de triage. dire ce que proposé d'immeubles. de citernes blanchies. d'ilôts cendrés à habiter. d'autres à écraser. à l'arrêt plus attentif à ce qu'écrit sur une pancarte une desserte une annonce en gare un déversement d'usagers. à l'arrêt ils se taisent je continue. dire que ça se dit. place des points. seulement eux. et les façades de maisons construites au bord du paysage à ne pas dire. les maisons courtes. les trains en provenance à quai la correspondance tram. prendre le tram. maisons affûtées au bord des voies ferrées. maisons écourtées. des voies du train à dire train à destination et train continue jusqu'à. le bus le café de la gare. dire le bonnet des gens dans le bus. que ça leur va bien. dire que c'est fini le train. que le bus va à COUBRON STADE. qu'il nomme les dessertes. que le bus te dépose là. que tu peux le lire. que le bus est un lieu amical. qu'il y a des contrôleurs qu'on peut esquiver. qu'on ne s'enferme pas pour rien. que c'est du temps et des points du voyage. dire le voisin marcheur et le voisin boucher. dire le traiteur l'espace photocopieur le coiffeur. dire l'institut de beauté. la résidence en chemin l'arrêt de bus maintenant que piéton. dire le nom MARIE FRANCE. le nom VIDEO FUTUR. le nom ARTHUR BONNET - vivre la cuisine -. dire les agences le garage de l'église. dire les cabinets d'assurance les restaurants japonais les ventes et locations de matériel médical. dire les fournils le nom MARIE LAVERIE - libre service -. dire les laboratoires de correction auditive. dire les maisons à l'affiche des agences pour habiter. dire les agences à se débarasser des maisons pour encombrer. dire les agences pour employer les Japanese food. dire pour vider les gardes-manger. pour prévenir des pharmacies de garde. dire. maintenant que piéton. que rendu. maintenant que dire rend. que dire.

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12/01/09 nuit

11/01/09

et non une charrue.


dans le rond de télé il casse des nucléus. on s'achemine au fond de la salle là où commence la visite en accès libre. derrière les vitres, des écritures, des tombeaux, des habits, des machines reconstituées, des grottes recomposées, des plâtres, des prothèses, des os ciselés, des flèches, des torques, des fibules, des casques, des tablettes, des systèmes de chauffage, des dépôts, des plans, des ouvrages miniatures, des lances, des compositions de pierre, des métaux, des chars, des ors, des bronzes, des têtes, des images de scarification, des bandelettes, des mailles, des pinceaux, des chèvres, des reproductions de chèvre, des empreintes, des parchemins, des maquettes, des liants, des pigments, des explications, des mots à la plume, des datations, des oeuvres remarquables, des peintures déterrées, des briques, des généalogies, des stratifications, des figurines, des mamelons, des divinités, des loutres, des masques, des plumes, des ex-voto, des calcaires, des casse-têtes, des enclumes, des repose-têtes, des mobiliers, des indications de rite, des restes funéraires, des clefs, des systèmes de clefs, des clefs multibranches, des clenches, des leviers, des sarbacanes, des bifaces, des pariétaux, des ficelles, des boyaux, des débris de nucléus, des lames, des crochets, des hameçons, des mâchoires, des dentitions restituées, des reconstitutions d'habitat, des reconstitutions de fouille, des peaux, des ramifications, des toques, des mannequins celtes, des choppers, des vasques, des systèmes d'ablution, des bassines en pierre, des pierres sacrificielles, des pièces gauloises, des sables de différentes provenances, d'épaisseurs significatives, des pendentifs, de l'argenterie, des reproductions de tumulus, des restitutions de visage idole, des approximations sur la provenance origine, des dates ouvertes, des points en interrogation, des visages de déesse, des femmes enceintes, des priapes, des tentatives de reproduction des ptérodactyles, des arbres phylogénétiques, des crânes perforés, humains, des dents infectées, des minéraux, des peintures à la sarbacane, des dépouilles, des broches, des documents, des précisions sur la provenance, des produits ménagers, des armes, des systèmes de projection, des vidéos explicatives, des schémas d'utilisation, des mises en situation, des fabriques en modèle-réduit, des hypothèses, des osselets, des têtes doubles, des momies chats, des mèches, des poudres.

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11/01/09

10/01/09

un produit à l'allumage, qui instantané, qui retardé, son allumage, pour le lecteur dans sa voiture à bras, quatre bras sur deux corps bien tournés pour soutenir, cahotant, emmenant loin des dépendances.

loin des châsses de la route.

(il avançait une main, un oeil plus loin que la capote, les deux aides - en alternance - étaient dessus. souvenirs des paysages suspendus, tremblés, vus à bout de bras.)

phobie des arrêts. les convoyeurs en bras de chemise. font la pyramide. imitent la cloche et la poule. comme ils peuvent.

la nuit. deux lampistes en relais. s'agissant de garder l'affaire. la fin. feu à la banquette. et dire le reste: enrobé.

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10/01/09

9/01/09

certaines rues, principales, crochetées de ruelles adjacentes.
ruelles donnant sur des bassins de lumière.
digues ouvertes d'où le soleil en épanouissement.
de la digue les rues annexes, secondaires.
qui recueillent la lumière, sont des rues du déversement.
des lumières filant depuis ces étroits.
la grand-rue en est pleine, au soir embellie.
du soleil ces milliers de ruelles conduites.
et non des bâtiments d'écoute.
ainsi que sur la digue l'iode pulvérisant.
les murs de la ville forteresse, la ville phare, la ville.
rempart, canalisée, aux multiples affluences.
de même toutes ces rues affluentes, donnant sur les places.
les bassins à recueillir l'embellie d'un soleil finissant.
ainsi sur la digue, à regarder la montée des eaux.
les cavités à nouveau immergées, les gués.
les piscines naturelles, toutes disparitions sous l'avancée des eaux.
la lumière éconduite jusqu'à la grand-rue, à vau-l'eau campée.
couchée et visitant jusqu'aux bas-fonds des rues, ruelles.
tous déversements que la ville n'endigue ne dissipe.
sont l'imprévisible, à baigner d'une lumière-iode un chenal.
une allée promise à la potence des réverbères.
allée sauvée des eaux grises, embellie in extremis.
le soleil, la mer, vivant soleil, lui, le soir allé.
riant traversant toutes annexes, mails, tours à contrôle.
qui ne se contient, en toutes contrées, la soirée en est pleine.


au soir différentes pratiques, tirs, manipulations d'objets, mandibulations de bouche et de tête, mantiques qui passent par des heures à fixer des portraits sous ovale, remuer des eaux-de-vie, flacons-dodécaèdre, outils de précision, fouiller les quatre coins de la cellule, tâter et extraire d'autres coins, tenir à distance les coins annulés, peupler et cogner, moments divers de la reconnaissance, phases à émettre et recevoir les communicants, murmures échappés des figures attentatoires, lémures, sautes, leçons de nuit, mouvements paniques, filigranes, voix déboutées du cadre, de l'Ovale, mains à ressortir déposer les extraits, les tournures, les camées retournés.

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9/01/09

8/01/09

l'espace ouvert. de longues tables. en continu des appareils allumés, et sur mon bureau des feuilles d'instruction mais je n'ai rien signé. je dois avoir une explication avec le supérieur du lieu ouvert qui s'avère être une femme attablée dans un coin du lieu ouvert. je m'approche. elle est de dos. je la manque. elle s'énerve très certainement. je me retrouve à nouveau devant les feuilles d'instruction. je prends mon parti. je m'assois. de très jeunes personnes s'activent tout autour. l'une, qui a remarqué ma présence peut-être à ce que je ne bouge pas, se propose de me former aux diverses tâches immédiatement accessibles. elle commence par me lire les instructions, puis elle me laisse les relire seul alors qu'une urgence la sépare de moi définitivement. je ne rechigne pas à avoir une explication sur ma présence avec la supérieure responsable. à la cantine et sans m'adresser la parole et par tables interposées, elle fait preuve d'une grande autorité à mon endroit. de retour au bureau, toujours les mêmes intraitables dépêches à traiter, mais la plate-forme a tourné et d'autres visages abordent et m'ignorent (mais ce sont toujours des personnes vues de dos, et très jeunes).

chaque maison est en lien permanent avec le satellite, peut grossir en un instant une vue paramétrée (et toujours dégagée) sur la maison d'à-côté.


depuis cet angle imparfait de la rue piétonne je peux compter le nombre d'entrées que compte notre église-suspendue. à la fin de la journée je dois communiquer le nombre exact, ce contre quoi le bouillon m'est systématiquement servi.

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08/01/09

7/01/09

il avait des désirs comme des violences. j'attendais les répits.

lorsque je l'accompagnais, il tenait à ce que je lui peigne le dessus régulièrement, d'un mouvement fluide et très mécanique. à nos retours, même pratique exigée. combien d'appareillages se sont tenus entre nous, qu'il tenait tant à ces breloques de manière, tendresses à tomber.

on est dépareillé, un matin on accuse le coup, c'est ainsi que je me suis rangé à ces faits.

ses désirs se répétaient sans qu'il y mit un terme qui m'aurait été délivrance. parfois il prenait ses après-midis, j'étais bloqué à double tour avec mes seuls pensées et ongles à racler tout du long. la maison, le bouge où il me tenait. de ces après-midis je ne garde qu'une lumière d'arrière salle, cage d'escalier, mur aveugle, bas étage, enclos sans portée ni bénéfice.

- mais c'est mon maître, c'est alors que cela doit être bon pour ce que j'ai et je continue à croire qu'il sait ce dont il retourne pour moi en ce monde des après-midis entières où je me retrouve clouer là, mes ongles et ces ustensiles pour les coiffes.

je pouvais les saisir, les retourner (ces ustensiles), bien souvent je les repoussais de mon champ visuel, inconsolé, plein de dégoût pour la personne de mon maître, et cette coiffe qui m'apparaissait à ces tristesses de voisinage.

de ces après-midis je lapais les heures selon la gamelle qu'il me remplissait au moment de partir. les jours où je m'obstinais à le regarder remplir, mon air l'exaspérant je n'avais que moitié de ration. j'ai vite adopté la position de dos, regard au mur (mais la mine droite), à observer en silence la totalité du remplissage. il partait, je restais dans la même position. il me fallait bien une trentaine de minutes pour me sortir de là et je voyais la gamelle sous la grande porte.

mes soirées dépendaient de ses humeurs. nous pouvions être à la promenade, nous entendre, causer avec d'autres, faire différentes haltes où je le sentais vivre si fortement que je m'égayais sans qu'il me repousse, et d'autres fois il s'acquittait de nos balades comme d'une compagnie de mauvais tirage dont on est pressé de s'absenter. ces soirées-là mon supplice était le plus grand car je me contentais bien du bouge la journée durant, pour peu que je sache au bout les minutes volages, les allées de pleine fougue où on se lâche. celles-ci refusées, tout m'était plus long, les heures d'hébétude ne se comptaient plus au plancher, un rien me terrorisait d'avance, je ne savais plus interpréter jusqu'aux plus simples des mouvements de mon maître.

je répète que je me suis rangé à ces faits. je n'attends plus les répits, mais je suis encore trop dépareillé, mais je fais des progrès. la nuit dernière j'ai rêvé être mon maître, ce qui ne m'était encore jamais arrivé. l'autre n'était plus, c'était une sorte d'union. je me sens presque d'attaque pour lui exposer les faits de ce rêve. si je suis obéissant (et je suis son obligé), il sera réceptif à mes prétentions.

lui seul a ma garde et sait ce qui est bon pour moi.

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7/01/09