07 janvier 2009 - 07 janvier 2010




26/08/09

OCT 48 JANV 49











la nuit, je la reconnais aux heures où tout s'assombrit, autour, et qu'il reste moi et le pensum qui est étendue noire pleine de blancheurs à noircir.

elle m'est ainsi arrivée hier à la lecture d'une lettre, avant-hier quand je mangeais seul à la cantine, aujourd'hui à la pesée en mains du manuscrit autographe de En attendant Godot - de couleur bleu-vert petit cahier mange pas de pain 142 feuilles 21,8 x 17,5 cm les bords légèrement arrondis petits carreaux tranche noire de marque AVIA qui est marquée sous un albatros planant ou est-ce un pétrel géant sur ce plat de couverture il y a rajouté tout en haut au crayon bleu-enfantin OCT 48 JANV 49 le texte mentionne 3 dates le 9 octobre 1948 le 9 décembre 1948 le 29 janvier 1949.

elle, la nuit, peut se manifester à notre bureau, dans la ville quand on marche dans la rue, aux heures indues, à la vision d'un film interminable, à la lecture de n'importe quel livre qui se fait un temps soit peu jalon de nuit.

ou encore.

l'écrivain qui s'est comparé à l'hibou, a terminé son livre qui lui tenait à cœur, dans la nuit perpétuelle. ses pages nous rappellent l'atmosphère heureuse du temps sans quoi nous ne faisons jamais que traiter avec la rumeur quotidienne, et ceci aussi il aura mis le temps qu'il faut à l'écrire.

c'est la nuit que je vois dans tout tableau représentant une Annonciation. c'est la nuit qui fait disparaître les couleurs en plein jour au début des Mille et Une Nuits. c'est encore la nuit que le chevalier de la Manche sort de son château qui est une auberge pour sauver le monde et ajouter un chapitre honorable à son livre.

la nuit.

retour du silence à soi.

peut-être aussi ce moment où on se dit - il n'y a plus rien à lire que soi-même à l'intérieur.

_______
26/08/09

0 commentaire(s):

Enregistrer un commentaire