Ce qui passe au dehors
s'il y a un infranchissable entre le moment de la Photographie face à son sujet, vérité à laquelle on ne coupe pas, et le moment second où on est devant l'objet photographié, finalisé, proposé à tout regard, que ce soit une pin-up, le dernier président des États-Unis, un paysage florentin, la guerre de Crimée, un poste d'aiguillage du temps de la Général, la peau d'un cheval pantelant à un arbre, baudruche toute dégonflée comme sortie d'un Caprice de Goya bien que ça soit les tranchées de la Grande Guerre, un panier à têtes, une galerie des morts.
s'il y a un infranchissable entre le moment de la Photographie face à son sujet, vérité à laquelle on ne coupe pas, et le moment second où on est devant l'objet photographié, finalisé, proposé à tout regard, que ce soit une pin-up, le dernier président des États-Unis, un paysage florentin, la guerre de Crimée, un poste d'aiguillage du temps de la Général, la peau d'un cheval pantelant à un arbre, baudruche toute dégonflée comme sortie d'un Caprice de Goya bien que ça soit les tranchées de la Grande Guerre, un panier à têtes, une galerie des morts.comment reconstruire l'image en injectant du langage, autre intention, reprendre l'expérience à son lieu de tensions via cet infranchissable de l'origine, ça s'est passé?
évoquer l'image, la native, par ses éclats successifs dans le temps, ce qui implique des choses, idées, espaces, mouvements, qui ne sont pas toujours dans l'image-mère, mais seraient convoquer pour rendre plus nature, et garder à juste distance?
une image - indivisible de son fait - prolongation du caché?
comme si elle n'était là que pour invalider tout discours - fausser perpétuellement - plus sèche en retour?
qu'est-ce qu'une image vraie, une image présente, encore pressante au regard, rappelant l'éclat blanc des pressentiments, rare dans le tumulte, la poussée, et qui tire son épingle du jeu de ce que le processus photographique en a capté son air, pour une fois, ce qui en fait un spectre attenant à nos vies de regardeur?
Roland Barthes parle d'une ombre claire.
un rassemblement de mots - comme tranché dans la masse - péremptoire qui le rapprocherait de l'image brute - circonstanciée - vénérable - bluffante parfois - plus souvent enregistrement mécanique sur quoi on n'a rien à ajouter - aussi vue rien que studieuse - on vérifie les référents et on passe - ce couperet de mots - ce tranché maintenant - soit l'imaginer mur à spectres - dans l'épaisseur.
ou encore, après tout mon fatras à éclairer noircir fatras, lire Arnaud Maïsetti, dans La Mancha, on est dans un train mais ce pourrait être ailleurs :
ce qui passe au dehors produit sur nous l'immobilité qui nous le fait voir.
ce qui passe au dehors produit sur nous l'immobilité qui nous le fait voir.
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20/05/09 nuit
(Arnaud Maïsetti & Jérémy Liron : La Mancha, sur publie.net)
(Arnaud Maïsetti & Jérémy Liron : La Mancha, sur publie.net)
1 commentaire(s):
sympa (en passant)
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