Le rouleau sur la plaque
journée Strasbourg - à noter dans le train - le mot - se reprocher ne pas être - assez - la journée sur les genoux - où plus rien ne s'entame - la nausée du train dans la gorge - au soir avec ses chiffons - assez engoule-vue - laisse les manques investir le champ - encrer le 100% coton - tu dis l'engoule-vue à ravaler.
journée Strasbourg - à noter dans le train - le mot - se reprocher ne pas être - assez - la journée sur les genoux - où plus rien ne s'entame - la nausée du train dans la gorge - au soir avec ses chiffons - assez engoule-vue - laisse les manques investir le champ - encrer le 100% coton - tu dis l'engoule-vue à ravaler.espaces violets du Train-Est-Européen. les nouveaux TGV tapissés violet.
petites chapelles de deux fois quatre places. espaces dit zen. chapelles de recueillement face au paysage.
costumes violet-sombre - commande du grand couturier.
à droite - une personne - seule - unique voisin sur les huit places - et lecteur - le titre de son livre - Un lieu incertain - sinon homme silencieux.
deux hublots allongés l'un au-dessus de l'autre avec au bas de chacun écrit - estampille à décrypter de l'envers à l'endroit : FEUILLETE DV.
des rails et entretoises - de la longueur approximative d'un wagon - tu dis - empilés sur une hauteur approximativement égale à celle d'un train.
hublot du haut les cimes les pinèdes les trilles de la forêt hublot du bas la terre l'humus la mousse de l'avant-printemps.
sous un tunnel le livre aux pages extra-blanc est éclairé plus fortement par la veilleuse placée au-dessus de l'accoudoir à hauteur des yeux - loupiote extra-blanc d'une surface équivalente à celle d'un œil.
hublot du haut les cimes noires suivent la courbe d'une colline hublot du bas un canal une ligne d'eau des pointillés blancs une voiture qui semble davantage peiner à avancer qu'un homme qui sort d'un garage tout en pivotant sur lui-même pour le refermer.
le lecteur est à la page 66. P. dort une bonne partie du trajet.
me déplaçant jusqu'au WC chimique ai touché une poignet désagréablement humectée revenant à ma place ai vu des Écrits de Roland Barthes - Éditions Points - positionnés sur une tablette.
sur l'autoroute - un camion de marchandises avec l'image - très imposante - d'une blonde allongée - nue - la tête posée sur le plat d'une main - très délicate - aux phalanges - ongles - ciselées - effilées - alors que sur la gauche on peut voir les collines callipyges - même volume que la tête - tête et fesses étant sur un même plan.
dans la ville - retourne dans cette librairie de vieux livres où j'avais vu il y a deux semaines - La Route - Julien Gracq - en grand format-coffret luxe - avec gaufré en bas Jean Solombre - c'est un aquafortiste - collaboration de 1981 en dehors de chez Corti - prêt à me ruiner - mais c'est exceptionnellement fermé - la photo suffira.
au palais Rohan. on profite de l'heure du repas. la peinture est meilleure dans le silence - et la solitude.
un buste d'ange de Filippino Lippi.
et puis la Mater Dolorosa - toujours - entre 1590 et 1600 - huile sur toile - don de Charles Robinson en 1893 (inv. n°276) - il y a un banc au centre de la salle carrée (peut-être une ancienne bibliothèque) - on est devant le tableau - comme Carlotta Valdes.
la Mater est entourée de deux Tintoret - dont une descente du Christ - tableau alors vibratile - Mater irradiante à l'orée du Christ détaché.
l'œil vitreux - de Don Bernardo de Irlarte - vice-protecteur de l'Académie royale des trois nobles arts - que Goya a fait - à ce grand commandeur.
deux hublots allongés l'un au-dessus de l'autre avec au bas de chacun écrit - estampille à décrypter de l'envers à l'endroit : FEUILLETE DV.
des rails et entretoises - de la longueur approximative d'un wagon - tu dis - empilés sur une hauteur approximativement égale à celle d'un train.
hublot du haut les cimes les pinèdes les trilles de la forêt hublot du bas la terre l'humus la mousse de l'avant-printemps.
sous un tunnel le livre aux pages extra-blanc est éclairé plus fortement par la veilleuse placée au-dessus de l'accoudoir à hauteur des yeux - loupiote extra-blanc d'une surface équivalente à celle d'un œil.
hublot du haut les cimes noires suivent la courbe d'une colline hublot du bas un canal une ligne d'eau des pointillés blancs une voiture qui semble davantage peiner à avancer qu'un homme qui sort d'un garage tout en pivotant sur lui-même pour le refermer.
le lecteur est à la page 66. P. dort une bonne partie du trajet.
me déplaçant jusqu'au WC chimique ai touché une poignet désagréablement humectée revenant à ma place ai vu des Écrits de Roland Barthes - Éditions Points - positionnés sur une tablette.
sur l'autoroute - un camion de marchandises avec l'image - très imposante - d'une blonde allongée - nue - la tête posée sur le plat d'une main - très délicate - aux phalanges - ongles - ciselées - effilées - alors que sur la gauche on peut voir les collines callipyges - même volume que la tête - tête et fesses étant sur un même plan.
dans la ville - retourne dans cette librairie de vieux livres où j'avais vu il y a deux semaines - La Route - Julien Gracq - en grand format-coffret luxe - avec gaufré en bas Jean Solombre - c'est un aquafortiste - collaboration de 1981 en dehors de chez Corti - prêt à me ruiner - mais c'est exceptionnellement fermé - la photo suffira.
au palais Rohan. on profite de l'heure du repas. la peinture est meilleure dans le silence - et la solitude.
un buste d'ange de Filippino Lippi.
et puis la Mater Dolorosa - toujours - entre 1590 et 1600 - huile sur toile - don de Charles Robinson en 1893 (inv. n°276) - il y a un banc au centre de la salle carrée (peut-être une ancienne bibliothèque) - on est devant le tableau - comme Carlotta Valdes.
la Mater est entourée de deux Tintoret - dont une descente du Christ - tableau alors vibratile - Mater irradiante à l'orée du Christ détaché.
l'œil vitreux - de Don Bernardo de Irlarte - vice-protecteur de l'Académie royale des trois nobles arts - que Goya a fait - à ce grand commandeur.
en rebroussant chemin trois salles nous sont ouvertes - dont un cabinet d'études avec des tableaux - à la Fragonard. dans la troisième salle des Tiepolo et une vue de Venise de Canaletto - huile sur cuivre achetée en 1987 et pérennisé en 2005 - en accord avec les héritiers légitimes.
la mère de douleur - la pietà - éloignée de son Christ détaché - ne nous regarde pas. elle a son regard porté derrière notre épaule droite. mais une fois assis - sur le banc au milieu de la salle carrée - donc éloignés de sept mètres environ - elle nous toise autrement. si maintenant on s'amuse à se relever - et avancer droit au tableau - on s'arrêtera à peu près à deux mètres - pas moins - comme si une force de retenue - une digue - nous empêchait d'approcher davantage.
à l'espace-caisse du musée il y a un mur de cartes postales. je vois la Melancholia. elle se trouve au Cabinet d'estampes. j'y suis. je demande à l'accueil. une grâce m'est faite - en temps normal il faut réserver sa venue. quand j'arrive elle est déjà sur la table. je n'ai qu'à soulevé le voile de soie qui la protège. je remplis une fiche. profession photographe. sujet de recherches curiosités. le tout durera trois minutes. je ne dérange pas plus l'aimable conservateur - qui était en plein chantier.
voir Strasbourg sans voir le Rhin. non de non. tram jusqu'à Aristide Briand. continue à pied - direction Pont de l'Europe. la route piétonne - sans piétons sauf celle ou celui qui ira travailler dans une des deux stations-service - ingrate - mangée par le trafic - irrespirable - enjambe le bassin Vauban - laisse sur la droite les Magasins Vauban (sorte de Magasins Généraux) - la zone portuaire Nord sur la gauche - un hôtel F1 - un chantier TGV-EST - relèvement de la vitesse de la ligne Strasbourg Kehl - élargissement du pont-rail RN4 - délaisse le mouvement routier qui va passer la frontière - descend vers le Jardin des deux rives. on voit la passerelle d'accès à Kehl. mis quatre doigts dans le Rhin.
dans un salon de thé - très British - tentures - assiettes fleuries - espace pète-sec - charmant - immobiles sur nos chaises - proposition de madeleines parfumées à la fleur d'oranger d'Egypte s'il vous plaît napage chocolat madeleines pistache cannelle madeleines lavande pépites de violette - cake à la rose glacé vanille - pourquoi pas - on sort et les harmoniques de la cathédrale ponctuent la promenade nocturne.
retour. le train en provenance de Paris est annoncé avec trente minutes de retard - on repartira avec 27 minutes de retard - dans ce même train - marcherai donc rue d'Alsace aux environs de minuit. P. passe une partie du voyage - une bonne heure - à parler avec l'unique contrôleur. il s'intéresse à la musique classique. il a été invité à une répétition d'orchestre philharmonique. il raconte les abus des collègues dans leur course à l'amende.
m'approchant de la baie vitrée je vois grandir mon image ma tête mes épaules mon écharpe mon polaire Objets bientôt à demi effacés par ma main et un parallélépipède de papiers imprimés tenu par l'autre main les deux mains collées à la vitre N'effaçant pas tout à fait ma tête englobant par moments le noir du dehors dans lequel parfois il y a un point rouge parfois un point blanc Vu un archipel de points rouges comme des amas stellaires Archipel bientôt englouti par le noir ambiant pesant sans espoir de changement Que du noir Voyant aussi ma main ma peau et le fond vitreux gris-blanc de mon œil noir trouant l'écran où la barre grise d'un mur de béton coupe le champ des ténèbres l'étendue hadale.
on retrouve le système arachnéen des loupiotes jaune-orangé de la nuit banlieusarde du Nord-Est de Paris. j'aperçois des lumières plus haut perchées - ce sont des lampadaires disséminés proche de notre ligne - donc vus au-dessus des toiles filées jaunes - lumières extra-jaune - au rayonnement embué - avec un noyau-signal où toute la source lumineuse est condensée - avant d'exploser en un halo surpuissant - la source étant tout d'abord enrobée d'une orbe - plutôt une frange noire - comme s'il existait - en tout cas cela était bien visible - une zone de rayonnement noir - insubmersible par la lumière - entre le noyau-contenant et le halo-éclatant.
déchiffre le panneau à quai BONDY.
cela fait une semaine que la gare de Magenta (Paris Nord) n'est pas nettoyée. ce qui saute aux yeux ce n'est pas les détritus pullulant - mais les marques noires sur le marbre veiné - comme si on avait révélé la nébuleuse des pas - à la manière de ces traces de chewing-gum - ronds de résine noircis par les semelles du temps (combien de passage de rouleau sur la plaque - incrustée - attaquée) - morsures ici multipliées à outrance - étalées.
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27/02/09 nuit
la mère de douleur - la pietà - éloignée de son Christ détaché - ne nous regarde pas. elle a son regard porté derrière notre épaule droite. mais une fois assis - sur le banc au milieu de la salle carrée - donc éloignés de sept mètres environ - elle nous toise autrement. si maintenant on s'amuse à se relever - et avancer droit au tableau - on s'arrêtera à peu près à deux mètres - pas moins - comme si une force de retenue - une digue - nous empêchait d'approcher davantage.
à l'espace-caisse du musée il y a un mur de cartes postales. je vois la Melancholia. elle se trouve au Cabinet d'estampes. j'y suis. je demande à l'accueil. une grâce m'est faite - en temps normal il faut réserver sa venue. quand j'arrive elle est déjà sur la table. je n'ai qu'à soulevé le voile de soie qui la protège. je remplis une fiche. profession photographe. sujet de recherches curiosités. le tout durera trois minutes. je ne dérange pas plus l'aimable conservateur - qui était en plein chantier.
voir Strasbourg sans voir le Rhin. non de non. tram jusqu'à Aristide Briand. continue à pied - direction Pont de l'Europe. la route piétonne - sans piétons sauf celle ou celui qui ira travailler dans une des deux stations-service - ingrate - mangée par le trafic - irrespirable - enjambe le bassin Vauban - laisse sur la droite les Magasins Vauban (sorte de Magasins Généraux) - la zone portuaire Nord sur la gauche - un hôtel F1 - un chantier TGV-EST - relèvement de la vitesse de la ligne Strasbourg Kehl - élargissement du pont-rail RN4 - délaisse le mouvement routier qui va passer la frontière - descend vers le Jardin des deux rives. on voit la passerelle d'accès à Kehl. mis quatre doigts dans le Rhin.
dans un salon de thé - très British - tentures - assiettes fleuries - espace pète-sec - charmant - immobiles sur nos chaises - proposition de madeleines parfumées à la fleur d'oranger d'Egypte s'il vous plaît napage chocolat madeleines pistache cannelle madeleines lavande pépites de violette - cake à la rose glacé vanille - pourquoi pas - on sort et les harmoniques de la cathédrale ponctuent la promenade nocturne.
retour. le train en provenance de Paris est annoncé avec trente minutes de retard - on repartira avec 27 minutes de retard - dans ce même train - marcherai donc rue d'Alsace aux environs de minuit. P. passe une partie du voyage - une bonne heure - à parler avec l'unique contrôleur. il s'intéresse à la musique classique. il a été invité à une répétition d'orchestre philharmonique. il raconte les abus des collègues dans leur course à l'amende.
m'approchant de la baie vitrée je vois grandir mon image ma tête mes épaules mon écharpe mon polaire Objets bientôt à demi effacés par ma main et un parallélépipède de papiers imprimés tenu par l'autre main les deux mains collées à la vitre N'effaçant pas tout à fait ma tête englobant par moments le noir du dehors dans lequel parfois il y a un point rouge parfois un point blanc Vu un archipel de points rouges comme des amas stellaires Archipel bientôt englouti par le noir ambiant pesant sans espoir de changement Que du noir Voyant aussi ma main ma peau et le fond vitreux gris-blanc de mon œil noir trouant l'écran où la barre grise d'un mur de béton coupe le champ des ténèbres l'étendue hadale.
on retrouve le système arachnéen des loupiotes jaune-orangé de la nuit banlieusarde du Nord-Est de Paris. j'aperçois des lumières plus haut perchées - ce sont des lampadaires disséminés proche de notre ligne - donc vus au-dessus des toiles filées jaunes - lumières extra-jaune - au rayonnement embué - avec un noyau-signal où toute la source lumineuse est condensée - avant d'exploser en un halo surpuissant - la source étant tout d'abord enrobée d'une orbe - plutôt une frange noire - comme s'il existait - en tout cas cela était bien visible - une zone de rayonnement noir - insubmersible par la lumière - entre le noyau-contenant et le halo-éclatant.
déchiffre le panneau à quai BONDY.
cela fait une semaine que la gare de Magenta (Paris Nord) n'est pas nettoyée. ce qui saute aux yeux ce n'est pas les détritus pullulant - mais les marques noires sur le marbre veiné - comme si on avait révélé la nébuleuse des pas - à la manière de ces traces de chewing-gum - ronds de résine noircis par les semelles du temps (combien de passage de rouleau sur la plaque - incrustée - attaquée) - morsures ici multipliées à outrance - étalées.
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27/02/09 nuit
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