07 janvier 2009 - 07 janvier 2010




29/12/09

Aquazone











passé côté Domus, mall central dédié à la décoration d'intérieur, comme chacun sait. Rosny-sous-Bois. je ne sais pas comment ils se débrouillent avec leurs études d'impact, mais je ne connais pas de ville plus défigurée, mangée par les pôles attractifs et autres multiplexes de la compétition marchande. P. me dit que ces paysages ont déjà mal et on leur assène encore des coups. aussi, voir ces immeubles haut standing qui ont un air d'HBM, coincés qu'ils sont entre le cimetière et l'A86. ça tient combien de temps sous ces apprêts? aujourd'hui, trois ans après l'implantation du paquebot, passant sous l'A3 et voulant la rejoindre à tout prix, je me perds dans le quartier du Londeau, Noisy-le-Sec, où toutes signalisations se mélangent pour s'annuler littéralement. impasse interminable. je rebrousse chemin et longe les pans cache-misère sur lesquels on peut lire le programme détaillé plus photo-mosaïque des prochaines infrastructures collectives, piscine, parc Musicoland, golf (mais il y en a déjà un à Rosny et ça vaut le détour d'aller voir les frappeurs de balles parcourir tout cet espace vert entretenu aux pieds de tours HLM qui en sont coupées par un simple filet protecteur), ne manquera plus que des passerelles saute-mouton des voies d'autoroute, et pourquoi pas un train aérien filant de Rosny 2 au quartier d'affaires Domus 2, avec arrêt Aquazone.

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29/12/09

28/12/09

marcher les beaux quartiers











marcher dans les beaux quartiers. aucune gaieté à cela. pensé aux longues marches qui m'attendent, celles qui creusent, vident les creux, des fois qu'on ne sache plus quoi faire de ses après-midi. prendre liberté du dehors qui est un peu comme lire Michaux poussant des univers improbables avant qu'on s'aperçoive qu'il y a là un champ de signes qui fait sens, une écriture grande ouverte aux déplacements.

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28/12/09

27/12/09

Tout qui passe











repérer, à repérer, les petites choses qui changent, ou s'obstinent, bougent, s'avancent dans le paysage, invisibles zones en bascule, en sursis, bouts de réel envahis des ouvrages d'art, motifs d'architecture, murailles de béton, comme ils vivent, les inscriptions dans la ville, comme ils écrivent, les foules, les fouilles de l'INRAP les chantiers à errer les ravines à descendre plus bas dans la ville, tout lieu à photographier, les modes qui passent les nouvelles fringues, et machines, et marchandises, et mécaniques létales, tout qui passe, les rumeurs, les tumeurs, les manières de se parler, les manières de se nommer, les noms génériques des habitats lotissements phœnix chantiers de cloisons modulables, les mots sur les murs, les vieux murs, les vieilles portes, les garde-boues des vieilles motos rallye roulant sur le périph, les motards roulant sur deux roues avant et une roue arrière, les feux de signalisation pour tram, le tram desservant la multinationale, les usagers du tram, les usagers de la multinationale, ceux qui lisent dans le tram, les chiens écrasés, les péages abandonnés, les melonniers du bord de route, les tournées du boulanger, les promotions exceptionnelles, les jours fériés, les jours de fête, les jours de cirque, les jours vide-grenier, les débarras de prothèses, les tout-à-1-euro, les antiquités à la benne, les boîtes à fricot, les membranes en teflon, les mamelons hexagonaux, les laines de verre, les fibres de roche, les câbles optiques, les jouets en bakélite, les projos de cinéma, les bobines cylindriques, les bandes magnétiques, les chiffons d'annuaire, les minitels de récup, les rétro-télécrans, tout accastillage électronique, les plantes récurrentes, les cimetières des chrysanthèmes, les souches suburbaines, les lamas évadés du cirque, les rassemblements d'oiseaux lointains, les vautours chassefiente, ce qui disparaît, reparaît, le ciel, les nuages, l'heure de la tombée de la nuit, la nuit toujours, l'effeuillement, la fenaison, l'occupation des sols, les changements de propriétaires, ceux qui vivent dehors, les dépôts de poussière, le pourri, le caduque, l'inhabité, les déviations par l'autour, les publicités mange-tout, les enseignes colorigènes, les photomatons proposant non plus 4 photos d'identité pour 4 euros mais 5 photos d'identité pour 5 euros, le glaneur d'images devant le supermarket place, le nouveau-né dans sa poussette devant la caisse du supermarket place, le caddy qu'un locataire a laissé dans la cage d'escalier de son immeuble.

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27/12/09

26/12/09

où on en est











sur le trottoir le mendiant le nez dans ses nourritures, ou ses vêtements? à vingt mètres de là le flic faisant du bouche à bouche à sa radio portative. et à côté, mais comme s'il lui tenait la manche, un résidentiel qui vérifie que tout se déroule bien.

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26/12/09

25/12/09

Mikrokosmos












roulant, écoutant les Mikrokosmos de Béla Bartok.

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25/12/09

24/12/09










sur le périph à la mauvaise heure. sortie Porte de Bagnolet. on voit la sculpture d'Ipousteguy en haut de la butte Jean Moulin. après le tronçon recouvert de l'A3 niveau Romainville (les travaux sont finis), on passe une station service BP, puis on peut voir dans la descente, avant la sortie Rosny 2, les enseignes colorigènes de Domus, grand mall central dédié à l'espace décoration d'intérieur et construit comme une forteresse face aux tours du Londeau, Noisy-le-Sec. quelque temps que je ne suis pas revenu photographier mon Terrain des Guillaumes où on a planté le Hameau de Diane. mais aujourd'hui, en plus des maisons phœnix, définitivement prêtes à l'emploi et pour la majorité habitées, je peux voir qu'il y a trois immeubles phœnix qui se construisent en surplomb. il aura fallu que je m'absente moins d'une saison pour qu'ils apparaissent dans le paysage. j'y cours l'année prochaine.

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24/12/09

23/12/09










pauvreté en lumière, marchant au dehors.

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23/12/09

22/12/09

grandes espérances dans le train











ce matin dans le RER, d'habitude c'est dans le métro que ça se passe, mais il devait rejoindre le métro comme tout le monde, il branche sa boite à musiques, chante un boléro mexicain, seul entre les deux barres d'acier inoxydable où tout le monde se tient, nombreux, parfaitement immobile à côté, parfaitement sourd chacun rentré dans ses écouteurs, il arrête, Pip dansait à côté, pliant et dépliant ses jambes, faisant des moulinets avec ses petits bras, il lui fait signe que c'est fini maintenant, il le prend sur ses épaules et commence sa quête, mais très exactement au même moment une femme crie s'il vous plaît Monsieur, Monsieur, qui s'évanouit sur elle qui dormait, je le saurai après, il tombe de tout son poids, elle dira j'avais les yeux fermés heureusement que vous êtes pas tombé sur les marches est-ce que vous avez bien dormi asseyez-vous je vous en prie avez-vous bien mangé prenez une barre chocolatée un jus je sais pas, tout d'abord il refuse de s'asseoir, je suis tombé comme ça, achetez un truc buvez un quelque chose arrêtez-vous là, si on peut aider on aide, merci merci, ça fait drôle vous savez, je dormais, je sais pas ce que j'ai eu ça va aller non ça va merci non en ce moment non, regardez-vous comme vous êtes pâle, merci, non en ce moment non, je sais pas ce que j'ai, pas dormi pas mangé, vous voyez, je vous le dis c'est pas pour moi c'est pour vous, si on peut aider on aide.

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22/12/09

21/12/09

par où ça passe?











on commencerait un livre en décrochant un à un tous ses fils de retenue. un enfant passe. par quels territoires passe un enfant? on ne le sait pas encore. ce n'est pas encore un livre. mais il a commencé. mais il ne connaît pas encore ses mesures mœurs peaux mues suites d'animaux et itinéraires précipités dans la nuit. c'est un gosse perdu dans un grand hôtel. c'est un des commencements du livre qui en comporte d'innombrables. c'est un grand dédale. la cour est déserte. on entre. pour sortir il nous est proposé d'autres entrées. on commencerait un livre là où l'ombre oblique sur le visage. on va dégrossir ce visage. il est fait d'innombrables ombres. ce n'est pas encore un livre. mais c'est un grand hallope. mais il fait tomber le masque qui tenait par deux lacs de parchemin. on entre à découvert. il y a ce gosse. il ne dit rien. on ne peut pas davantage lui parler. il y a un grand escalier de velours. aussi on se demande s'il va commencer. on se demande s'il va monter l'escalier et suivre la horde et nous avec. toute vue se perd. on reste en bas où est l'ombre qui bifurque comme l'œil noir animal du nouveau-né. l'enfant est un vieil homme avec chapeau à bords larges relevés aux trois bouts par des tranchefiles d'appoint.

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21/12/09

20/12/09

Définition du point aveugle











à l'aube repris un texte daté décembre 2008. je commence par le lire. puis je le recopie méthodiquement. maintenant je peux commencer à le disséquer. à mesure que je le vide, et que les heures passent, plus interruption ballade, je comprends que je me bats contre une bête morte. je suis ailleurs maintenant. l'entreprise est fallacieuse car atemporelle. ça ne vaut rien. j'efface la totalité et sors de la chambre froide. l'écriture exige un éloignement. j'ai vu tout ce qui m'aveuglait quand je pensais voir quelque chose. je pourrais recommencer depuis un autre angle d'attaque maintenant. mais l'écriture exige aussi un autre éloignement. si elle se manifeste, c'est uniquement à mille lieux d'elle-même, séparée, sans moyen, dans la marge. c'est la machine de fond la plus inhumaine, mais elle a ça de bien qu'elle broie instantanément toute mauvaise vanité, toute intention ne cadrant pas avec l'objet initial. bref tout se passe comme si on ne devait pas se préoccuper d'écrire. pour commencer il n'y a qu'un très vague projet, dit Claude Simon dans sa préface à Orion aveugle. en écriture les choses se passent en dehors, où est la ville, ses mouvements, ses formes, ses couleurs, ses passages. tout réel qui pour finir - regarde et définit notre réel.

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20/12/09