

dans la nuit tu te réveilles irrésolu, dans la nuit tu te réveilles avec l'image comme sentence là au détour du chemin réversible, dans la nuit tu te rendors la gorge contractée face à la voûte tu laisses s'échapper un souffle court, dans la nuit tu te réveilles avec ce même rapport angoissé au temps, qui survient, rabâche, fait sa spirale, descend le cycle, remonte, image sentence deux fois, non-obscurcie, débile, maladive, dans ce surplace, qu'on ne tient pas du regard, l'œil blanc révulsé dans la nuit, l'ombrière à l'ombre indélébile, où le masque n'est pas loin qui fait sa toupie, fatigue encore l'œil, en reprend une part, dans la nuit on rétrocède son corps pour rien, vendu, la gorge nouée quand plus rien ne respire dans l'image qui souffle l'irrespirable, le corps tout en quinte, qui tente de se lever, et s'adosse au mur, incapable de résoudre une énigme qui tombe verticale, blancheur debout avec masque, qui fait joujou, à n'y rien comprendre, on te lève, nuit transfigurée, comme des boules que tu éclates une à une réapparaissent, à n'y rien comprendre, tu respires difficilement, coincé dans le creuset aux ombres éclatées, des blancheurs une à une s'éteignent à côté, l'image se contracte, tirent sur d'innombrables sangles, on te rendort et on te relève, on te rendort, calvaire, l'image est derrière, multiple, toute une carrière, on tranche des blocs d'image aussitôt mis en sacs, encore une pierre dégringolée, tu te soulèves, le buste vertical dans le noir l'œil est blanc révulsé, tu récupères un peu et ça se suit, spirale, cycle, on ne suit plus, l'image transperce, attaque comme un chien, ça mord quand on se sait endormi, on tourne un bras et quelque chose s'abat sur le ventre ou c'est le ventre qui s'abat pour s'étouffer seul, plus rien, l'image transperce, qui se poursuit, qu'on ne suit plus, nous traîne, qui avale le principe, on te lève, tu sais ce qui te somme, masque à ombre noire et blanche, porteuse du joujou, on t'endort, tu n'as rien vu, il s'est goinfré et tu n'a rien vu, on te met face et maintenant tu dois faire les mêmes gestes, nouvelle gestuelle, nouvelle nuit, stop, tu dois te barbouiller de rouge à lèvres, tu dois embrasser la face, stop, tu dois monter sur le toit de la voiture et danser dans cette longue robe rouge, stop, tu as perdu l'objet et tu dois revenir au lieu, il y a une courbe dorée, c'est la mer, tu es seul dans une cabine de train, c'est le lieu et la parentèle va te gonfler les oreilles et tu ne peux plus les repousser et quelque chose te file dans l'oreille, l'objet a disparu, stop, quelque chose égaré, il n'y a plus le lieu, tu te souviens, quand on te réveille, tu t'endors, quand revient l'image oubliée, ombre irrésolue qui joue au joujou comme le masque qui est debout quand tu dors et tu le sais, tu l'oublies, tu te lèves et c'est le masque que tu reçois dessus, le masque que tu revois dessous, plus bas d'un degré où on t'endort et d'un degré tu dois tourner le bras et abattre ton ventre sur l'objet qui n'est plus dans la corbeille à côté de tes valises, tu es sur le marchepied, on te repousse sur la courbe dorée, c'est un orage, sur la grève, tu marches dans un sable, tout a toujours été jaune, il y a un piquet au loin, tout en haut il y a le masque que tu dois décrocher pour le rendre à la parentèle, qui est à côté, qui t'attend, qui attend qui tu fasses les gestes, qui te reproche tous tes gestes, pourquoi as-tu perdu l'objet, pourquoi as-tu disséminé l'objet sur toute la courbe, pourquoi le train ne marche plus, on te lève dans ce questionnement on te laisse, tu te rendors dans ce questionnement on te relève, sangles plus serrées, quelqu'un tire au bout, quelqu'un fait des gestes à reproduire, on te gonfle les joues et le cou, c'est une lutte, où on te mène quand tu dors, lutte sans nom que cette bouche avec rouge à lèvres y débordant sur quoi tu te rues mais qui n'est plus qu'un objet que tu as perdu, un de plus ils te disent, ton bras penche du lit, tu te relèves et lui tord le bras, rien à faire, le pantin est toujours là à côté, qui rit, déployant son rire dans la nuit, tu n'as pas bougé, ton souffle est coupé quand tu tentes de rejoindre le lit, ils te disent repose, derrière ton dos derrière ton cou gonflé ils te disent repose, et tu es éveillé debout la face dix millimètres à distance du pantin, et tu reposes le ventre abattu, plus rien, plus rien ne souffle, plus rien ne gonfle le masque noir et blanc debout, et tu attends ton tour, dehors, à proximité, dans la couche inchangée, autour tu entends, autour le silence comme jamais dans la nuit, il t'attend au tournant pour que tu sois le premier à laver sa bouche, avaler son écume, le premier tu marches jusqu'à la fenêtre, il y a de petits animaux volants, en dispersion, et plus tu t'approches plus ils se dispersent, et dispersent une pluie de sons acides qui s'infiltrent mats dans ton oreille, parfois des mandibules s'accrochent aux parois, disparaissent dans la spirale, cycle infernal, toujours dans le train, tu es assis et tu portes un masque à air, tu fais le geste de le porter à la bouche, et d'inspirer beaucoup, ceci te sert pour parler, tu insuffles fortement mais toujours rien ne sort, souffle blanc qui va effacer ton visage au dessus du lavabo où il y aura leurs visages serrés dans le compartiment, derrière, tu veux reprendre ta place dans le lit mais tu aperçois ton bras sanglé, et cette tête masquée, à côté, tu te demandes à qui elle appartient, et tu fais le geste de mettre ta main sur ton visage, retour à l'image initiale.
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01/12/09
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