07 janvier 2009 - 07 janvier 2010




05/11/09 nuit

Route blanche











on s'en va. ce qui est compliqué c'est sortir de l'agglomération. ou disons la masse des villes agglomérées. sur le périph intérieur vu d'affilée six voitures de police banalisées. sur le périph intérieur lu accident à 5200 m (ce sera Porte de Clignancourt). sur le périph intérieur il y a ces derniers noms de ville. est-ce que c'est tout ce qui nous reste? RENOVA. REPMO. HYGIENA. KOREAN AIR. LUMINANCE. SKYTEAM. on continue sur l'A1 jusqu'à Goussainville. là-bas on lit un ultime panneau enlèvement d'épaves gratuit. longé les champs d'aviation. ensuite l'A104 puis l'A16 qui est une 2 voies parfaitement vide avec brume et couleurs automnales. vu aucun panneaux de limitation 130. ou alors vraiment bien loupés. lu inscription autouroute Votre vie vaut-elle un appel? P. commence à déplier une carte Gr pour mieux la replier. à 13h30 passé Amiens dont on ne verra qu'un champs de pylônes sur la droite. P. est toujours avec ses plis et déplis et replis. sur une aire de pique-nique. un type me salue de la tête. de même. quand il reprend sa camionnette il se retourne à nouveau vers moi pour un dernier salut fraternel comme on en a entre inconnus se croisant sur des aires d'autoroute. je bouge de nouveau la tête. plus loin vu des éoliennes parfaitement immobiles. pensée de route à quoi ça ressemblerait un cimetière d'éoliennes?. passé sur une série de viaducs. à Abbeville à 14h14. quel nom au passage! 14h40 à La Maison des Oiseaux. ce n'est pas un observatoire seulement un musée et un point de réservation pour des randonnées en Baie de Somme. on décide de commencer seuls sans plus d'aiguillage et c'est pas comme si on n'avait jamais vu d'oiseaux etc. on poursuit donc jusqu'à la Pointe du Hourdel. sur la Route blanche. à côté du phare un marchand de cartes postales qui va faire notre bonheur. P. jette son dévolu sur un ensemble de cartes de St Malo avant-guerre. dont certaines d'avant 1903 puisqu'à partir de 1904 on passe de 3 lignes pleine page à quatre lignes séparées par un axe médian. pour ma part je demande le 93. je tombe ébahi sur une image de Montfermeil d'entre-deux-guerre. un villageois portant béret et valise descend une route de campagne. la rue de Coubron serpentant vers des bosquets lointains. exceptés les poteaux télégraphiques un portail et les bandeaux délimitant les trottoirs il n'y a pas trace de ville. au dos on peut lire Bons baisers et Souvenirs du plus joli pays où je vais en tournée de visites Marthe -. c'est envoyé à Monsieur et Madame Toussaint. aussi j'achète une image de Bagnolet. quatre petites vignettes représentant la Cité de Malassis. au centre est le nom de ville. des couleurs d'estampes japonaises pour le ciel. étrange de voir ces réalisations de masse comme en premier plan touristique. réjouissances de vivre ici? donc à la Pointe du Hourdel on vient faire le pèlerinage des phoques. c'est la plus grande colonie. et avertissement le phoque est une espèce protégée : sa capture, son transport (vivant ou mort) sont strictement réservés aux personnes compétentes autorisées à intervenir par le ministère de l'écologie -. on est d'accord. pendant que P. continue de chiner je retrousse mon pantalon et traverse à marée basse les dépressions gorgées d'eau qu'ici on appelle des bâches. paysage lunaire. comme j'ai une paire de jumelles à faible grossissement je sympathise avec un couple de passionnés qui acceptent sans plus de manières de partager leur octolyth (marque allemande) et je peux voir une colonie de huîtriers pie des tadornes de belon des cormorans et les veaux marins jaunes ou gris endormis sur la slikke. P. me téléphone. le mascaret. photographié un monomoteur qui exécutait une oreille juste au-dessus. puis je me dépêche de retrouver la terre ferme. en soirée toujours sur ce cordon dunaire on croise un guetteur. il vérifie que personne n'a été pris de court par la marée. ça pardonne pas. en direction de notre pigeonnier de repos. j'amorce un demi-tour pour me garer en marche arrière. la roue avant droite plonge dans une ornière tout ce qu'il y a de plus fourbe. on sort. la roue arrière gauche est relevée à 50 cm du sol. celle opposée bien embourbée. je mets les warnings. je coupe le moteur. on est en plein virage d'une départementale. il n'y a pas de réverbère. la véhicule mord à peine la chaussée. me trouve idiot devant la machine en équilibre. coup sur coup deux voitures s'arrêtent. des gars du coin. vous voulez un coup de main? volontiers. l'un soulève l'avant-train et l'autre pousse cette foutue traction avant. j'enlève le frein à main. je remets le contact. on s'en tire avec le pare-chocs avant légèrement déboîté. plus tard avec une lampe torche je m'improvise mécano tout allongé sous la caisse. moi qui n'y connais parfaitement rien en mécanique je me retrouve à rembrancher des fils qui pendaient dangereusement. pendant tout ce temps à peine fait attention qu'il y avait une vache à trois mètres de là. à peine émue par nos mouvements et souffles blancs dans la nuit.

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05/11/09 nuit

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